Au Brésil, un projet de méga-barrage menace l’Amazonie et le peuple Munduruku

La rivière Tapajós, au cœur de la forêt amazonienne, abrite une biodiversité exceptionnelle. Mais la construction d’un méga-barrage pourrait mettre en péril ce paradis terrestre et le mode de vie des communautés autochtones. Nous pouvons d’ores et déjà les défendre en signant le manifeste.

Action groupée des activistes de Greenpeace et du peuple Munduruku pour demander au gouvernement brésilien d'abandonner le projet de méga-barrage © Fábio Nascimento/Greenpeace
Action groupée des activistes de Greenpeace et du peuple Munduruku pour demander au gouvernement brésilien d’abandonner le projet de méga-barrage © Fábio Nascimento/Greenpeace

Au moment où vous lisez ces lignes, la rivière Tapajós coule paisiblement dans la forêt tropicale amazonienne, au Brésil. Grâce à elle, la vie foisonne : des dauphins roses s’ébattent, des oiseaux tropicaux volent de branche et branche et des mammifères comme le jaguar, le tamanoir ou encore l’ocelot vaquent à leurs occupations le long des rives.

Le peuple munduruku, qui vit dans cette région depuis des centaines d’années, tire ses moyens de subsistance de cette rivière et de son écosystème. Le mode de vie ancestral de cette communauté est aujourd’hui menacé par une quarantaine de projets de construction de barrages le long de la rivière, portés par le gouvernement brésilien.

Carte de la rivière Tapajos
Carte de la rivière Tapajos

La plus grande infrastructure à l’étude, le barrage de São Luiz do Tapajós, s’étendrait sur 7,6 km et nécessiterait un lac de retenu de la taille de New York (729 km2), dont l’aménagement inonderait des lacs, des formations rocheuses, des îles et d’autres habitats essentiels à la biodiversité, ainsi qu’une partie des terres ancestrales du peuple Munduruku.

Un Munduruku devant la rivière Tapajos, l'affluent de l'Amazone menacé par le mega-barrage © Lunaé Parracho / Greenpeace
Un Munduruku devant la rivière Tapajos, l’affluent de l’Amazone menacé par le mega-barrage © Lunaé Parracho / Greenpeace

Greenpeace aux côtés du peuple Munduruku

Début mars, des militants de Greenpeace Brésil ont apporté leur soutien au peuple Munduruku pour demander l’abandon du projet de São Luiz do Tapajós. Avec des membres de la communauté, ils ont déployé une banderole aux abords de la rivière pour adresser un message clair au gouvernement brésilien : « Maudit soit le barrage : sauvons la rivière Tapajós ». « Nous nous opposons à la construction de ce barrage parce que nos vies sont en jeu : nos ressources dépendent de la rivière et de la forêt, et ces terres nous appartiennent. Si ce projet voit le jour, nous ne pourrons plus pêcher ni nous déplacer. Nos modes de vie disparaîtront. » a déclaré Juarez Saw Munduruku, dirigeant de la communauté indigène Sawre Muybu.

Sur le chantier du mega-barrage du Belo Monte, sur la rivière Xingu © Daniel Beltra / Greenpeace
Sur le chantier du mega-barrage du Belo Monte, sur la rivière Xingu, au Brésil © Daniel Beltra / Greenpeace

Destruction de l’environnement et corruption d’un côté, énergies renouvelables de l’autre

Le peuple munduruku, qui lutte contre l’aménagement de ces barrages depuis des décennies, n’a pas eu voix au chapitre concernant ce projet de barrage. Derrière ces méga-projets se cachent les intérêts politiques des dirigeants et les profits économiques d’une poignée d’entreprises, qui alimentent le cercle vicieux de la corruption et du détournement de l’argent public au Brésil. D’autres barrages édifiés dans la forêt amazonienne, comme celui de Belo Monte, sont actuellement au cœur d’une enquête sur la corruption au Brésil.

D’autres sources d’énergie propres et équitables, telles que l’énergie éolienne ou solaire, peuvent répondre aux besoins de tous les Brésiliens sans anéantir la biodiversité et les modes de vie des populations indigènes. L’avenir énergétique du Brésil réside dans les énergies renouvelables, et non dans les projets de méga-barrages hydroélectriques.

Quelles parties prenantes du côté des acteurs économiques ?

La construction de ces méga-barrages demande des investissements colossaux en termes de capitaux et de technologie. Pour le moment, nos investigations révèlent que plusieurs consortiums internationaux sont intéressés pour prendre part à la construction du barrage – même s’ils ne se sont pas encore déclarés publiquement. Notamment l’allemand Siemens, au siège duquel nous menions une action le 13 avril 2016 pour lui demander d’abandonner ses plans éventuels. Côté français, nous retrouvons des entreprises comme EDF, Engie, General Electric Renewable Energy (ex-Alstom)…

Les acteurs économiques concernés doivent en effet prendre conscience qu’investir dans un méga-barrage en Amazonie, en plus d’être synonyme de désastre écologique, est un non-sens pour eux : la viabilité du projet est incertaine et nous nous tiendrons, avec les Mundurukus, sur leur passage pour dénoncer les destructions irréversibles qu’ils s’apprêtent à faire subir à l’environnement – ce qui ne manquera pas de dégrader fortement leur image publique et leur réputation internationale. Autrement dit : c’est un pari qui n’en vaut pas la peine.

Action devant le siège social de Siemens, en Allemagne © Oliver Soulas / Greenpeace
Action devant le siège social de Siemens, en Allemagne © Oliver Soulas /Greenpeace

C’est pourquoi Greenpeace compte engager toute son énergie pour faire barrage à ce grand projet inutile dans les mois qui viennent, avec votre soutien. Pour signer la pétition (EN), c’est ici.

Vos commentaires

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34 commentaires pour « Au Brésil, un projet de méga-barrage menace l'Amazonie et le peuple Munduruku »

Arrêt immédiat de cette catastrophe

c'est à la corruption qu'il faut faire barrage .......il y a certainement une autre solution pour fabriquer de l'énergie pour le brésil , elle est peut-être même au coeur de cette merveilleuse région .....la planète n'appartient pas aux investisseurs de dollars mais l'avenir de cette humanité appartient aux trouveurs d'idées simples et durables

Non à la destruction de la forêt et des peuples

Non au Lega barrage. Respect du peuple munduruku

Je m'oppose à cette destruction vitale!

et en Guyane française il y a aussi des fleuves à sauver car menacés par des projets de barrage !
http://www.humanite-biodiversite.fr/article/un-nouveau-barrage-hydroelectrique-devastateur-en-guyane

Bien sûr il faut interdire cette construction ! Les dirigeants sont tellement corrompus que ça va être dur mais il faut absolument préserver ce peuple et la forêt c est vital

Pourquoi ne pas faire une pétition .?

Quelle lassitude quand on voit ce genre d'article. Tout semble joué d'avance. Merci à Greenpeace de soutenir de telles actions.

Faut il que l être humain saccage tout , non â ce projet, merci Greenpeace pour votre courage et votre détermination

Il y a plus de 20ans le réalisateur John Boorman sortait pile un film"La forêt d'émeraude"sur ce thème et dans le même pays. Il serait bon de le revoir aujourd'hui.Je constate que rien n'a changé et je ne crois pas malheureusement qu'une pétition même largement accueillie pourra arrêter la puissance financière des promoteurs de ce projet.

Bravo à Greenpeace! Je suis fier d'être membre!

Merci Greenpeace pour toutes ces actions....je vous soutiens...

Un projet honteux, auquel il faut absolument s'opposer

En Guyane, où subsiste la seule forêt tropicale humide et primaire d'Europe, un barrage hydro-électrique encore plus démentiel que celui précité, soit 100 000 ha (1000 km2, l'équivalent de la superficie de la Martinique), est en projet pour les prochaines années.
Du fait de l'absence de relief et de l'énorme biomasse qui s'y trouve (encore non inventoriée), ce Grand Projet Inutile et Imposés... par EDF et autres lobbies du BTP, est complètement insensé. Comme celui de Petit-Saut (Kourou - Guyane), tous les barrages amazoniens sont de véritables réacteurs chimiques de gaz à effet de serre (méthane). Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les barrages produisent certes une énergie renouvelable mais sont bien plus polluants qu'une centrale thermique à fuel les 73 premières années... toute chose égale par ailleurs. Le pire pour les générations futures et l'Humanité en général, c'est qu'on va détruire des centaines de nouvelles espèces avant même de les avoir découvertes !
En réalité, la seule raison valable pour réaliser ce barrage est de satisfaire les demandes en énergie de plusieurs multinationales minières aurifères qui envisage de s'installer en Guyane... avec la bénédiction de la DEAL !
Pour en savoir plus :
https://sites.google.com/site/maiourinature/actualites-2011/a-qui-profiterais-un-second-barrage
Vivement une antenne Greenpeace à Cayenne ?!!

Un peu tard je pense pour stopper cette opération. Chantier déjà en cours non ? il aurait fallut réagir bien avant ! Mais je soutiens quand même votre action.

Bravo pour vos actions nous sommes tous avec vous...

Bravo pour votre persévérance à dénoncer toutes ces aberrations, quand les personnes qui ne pensent qu'au profit, se rendront t'elles compte qu'elles contribuent a notre perte a tous? ??

Non au barrage

Il faut s'unir pour sauvegarder cette foret, son ecosysteme et ses habitants....

Ce qui fait vraiment flipper, c'est l’irréversibilité et l'inexorabilité de ces destructions massives, de ces crimes contre l'humanité. Quelle folie, quelle incurie...

agnes dit : le 21 mars 2016 à 17:44
Pourquoi ne pas faire une pétition .?

>> ça suffit/suffirait/suffiras,,, pardon j'ai du mal avec les conjugaisons et la valeur des verbes... quelle pétition a changé réellement quoi que ce soit?

Richbeef dit :
le 22 mars 2016 à 22:50

Ce qui fait vraiment flipper, c'est l’irréversibilité et l'inexorabilité de ces destructions massives, de ces crimes contre l'humanité. Quelle folie, quelle incurie...

Ce n'est plus du developpement! c'est de la destruction pure et simple de la nature qui nous a été donnée! et apres le mur pour tous! NON ça suffit GP

rendons les terres ancestrales au peuple Munduruku, et stoppons immédiatement les travaux dévastateurs de ce territoire ! c'est grave pour eux et pour la planète, donc pour nous tous !

Il n'y a pas de pétition ?

Pour une meilleure prise en compte des populations autochtones dans l'aménagement du territoire.

Comment faire pour limiter "les fausses" envies créées par les médiats sur toute une population ona vu ce que cela donne ailleurs !! Nous allon crever de manque d'air

Stop à la folie!

faudrait tous les envoyer aux iles du salut et en trouver des milliers d'autres pour y mettre tout ces tarés de profiteurs. je condamne ce projet comme des centaines d'autres, styles la coupe du monde de foot au Qatar( 50° celsius). pourquoi pas les JO d'hivers dans le sahara algérien? mais ou s'arrete la connerie?

joseph dit.
stop au bétonnage;pitié pour la planète.

Bonjour je n'est que 13 ans et ne suis pas en mesure d’agir en profondeur pour ce genre de cause, mais néanmoins je ne peut rester les bras croiser à attendre que les choses passent et que ce pauvre peuple sois chasser de leur propre domicile ... Ne croyez pas tous se que les beaux discours vous annonces sois disant : nous allons juste enlever se barrage naninana ....
Je pense que pour nous les personnes ayant un cœur qu'il est temps d'agir pour l'environnement et les pauvres espèces en voie de disparition!

Nous allons droit vers notre propre perte, dieu ne nous à pas donner pour domicile la terre pour en faire un bac à sable pour enfant de 3 ans ni même une pille de capla en train de s'auto détruire !
leane

Où est l'intelligence humaine ? perdue dans des considérations économiques...

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