Le faux dilemme de l’Afrique

Billet de blog écrit par Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace International, paru en anglais le 26 octobre 2010 sur le site du Huffington Post

Respect de l’environnement et bien-être économique sont les deux faces d’une même pièce, et c’est un faux dilemme de les opposer l’un l’autre. Malheureusement, les grandes entreprises font souvent croire qu’un choix entre les deux s’impose pour s’asseoir sur les préoccupations de la société civile et des communautés locales, induire en erreur les responsables politiques et imposer des pratiques contestables.

Laissez-moi vous expliquer. Le problème de l’accaparement des terres en Afrique subsaharienne a pris des proportions ahurissantes au cours des dernières années. Des gouvernements étrangers et des multinationales ont acheté ou louent de vastes surfaces de terres par le biais de contrats à long terme dont certains sont, pour le moins, litigieux.

D’un bout à l’autre de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, les entreprises agroindustrielles investissent des sommes colossales dans l’aménagement de plantations de palmiers à huile. Bien entendu, leur objectif affiché est de générer les emplois et les revenus dont les populations locales ont grand besoin pour améliorer leurs conditions de vie. Mais ce discours n’a d’altruiste que les apparences. Pourquoi n’évoquent-ils jamais les millions qu’ils gagneront grâce à l’appétit insatiable du monde pour l’huile de palme ? L’argent pourrait-il être leur véritable motivation ?

La pulpe de ces fruits sera bientôt transformée en huile de palme

La rhétorique employée par Herakles Farms pour mener à bien son dernier projet au Cameroun illustre parfaitement ce faux dilemme. Le déboisement de la forêt a déjà commencé pour laisser place à la future concession de palmiers à huile. Pourtant, l’exploitation se situe à la croisée de cinq aires protégées, dont le célèbre parc national de Korup, en plein cœur de la Forêt guinéenne de l’Ouest africain, une écozone qui a été définie comme l’une des 25 régions les plus importantes de la planète en termes de biodiversité. La concession devrait s’étendre sur une surface représentant près de 10 fois la taille de Manhattan, l’île qui abrite le siège de la société Herakles Farms.

Les forêts du Cameroun constituent d’importants réservoirs de carbone, et leur préservation est donc essentielle au maintien du climat mondial. Mais ces forêts sont aussi indispensables pour les communautés locales qui tirent leurs revenus de ses ressources, de la culture du cacao et d’autres produits forestiers, et notamment de la production d’huile de palme.

Dans les pays de l’Afrique subsaharienne, plus de 70 % des terres sont régies par le droit coutumier. En d’autres termes, elles appartiennent à l’État mais sont exploitées par les communautés locales, souvent depuis des générations. Pourtant, les droits de ces utilisateurs coutumiers, comme ceux de Mundemba, de Fabe et de bien d’autres villages du Cameroun touchés par l’aménagement de plantations, ne sont souvent que très limités.

Le projet d’Herakles Farms au Cameroun a révolté et divisé la population locale. Greenpeace s’est entretenue avec des agriculteurs de différents villages sur lesquels empiètera la concession. Nombre d’entre eux affirment que des habitants ont été expulsés de force de leurs terrains, ou que les lignes de démarcation de la concession ont été tracées sur leurs terres sans qu’ils en soient préalablement informés. Une habitante du village de Fabe, expulsée de sa propriété, s’interroge : “En s’accaparant toutes nos terres, l’entreprise signe notre arrêt de mort. De quoi pourrons-nous vivre ? Nous n’aurons plus de ressources. […] Quelles terres allons-nous cultiver ?

L’huile de palme est un élément incontournable du régime alimentaire au Cameroun.

De façon tout à fait incongrue, Herakles Farms affirme vouloir améliorer les conditions de vie des populations locales. Mais aucun processus de consultation digne de ce nom n’a été mis en place avec les communautés concernées. Et les conséquences du projet, tant sur l’environnement local que sur le climat mondial, ont été ignorées.

En tant qu’Africain, j’ai l’habitude de ne pas prendre pour argent comptant les remèdes contre la pauvreté, surtout lorsqu’ils sont administrés sans la participation des personnes qu’on est censé soulager. En tant que directeur de Greenpeace International, je ne saurais que trop encourager le développement – à condition qu’il respecte l’être humain et la nature…

Vos commentaires

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81 commentaires pour « Le faux dilemme de l'Afrique »

merci

Quand des villageois produisent de l'huile de palme, c'est un produit forestier et c'est bien, pourtant on ne voit guère de palmiers productifs en forêt naturelle africaine, pas plus que des cacaoiers d'ailleurs... Quand c'est une entreprise privée, c'est un produit agricole qui détruit la forêt et c'est mal. Cherchez l'erreur...

Cela est malheureux, non seulement c'est une atteinte à la propriété de ces agriculteurs qui, en étant expulsés de leurs terrains sont alors obligés de se débrouiller par eux même et pour la plupart je pense, ils sont alors obligé d'accepter de travailler pour ces entreprises, les mêmes qui leur ont pris leurs terrains!
Ils sont alors payé pour survivre ce qui certes fait des emplois, mais ne contribue pas tant que ça au développement de l'économie locale, ces employés sont alors sous payés (ils gagnent alors moins que ce qu'ils produisent ce qui ne serait pas arrivé si ils étaient encore maitre de leurs terrains), leur liberté est alors restreinte. Et si en plus de cela on rajoute les atteintes aux zones environnementales, les actions irréfléchies ou du moins ne l'étant que dans l'aspect économique, et la volonté de ces entreprises de se forger une bonne image, étant bien loin de la vérité, et encore le fait qui l'état lui même intervient au profit de ces entreprises et ce défavorablement aux habitants!
Voilà la raison pour laquelle bob nous trouvons ces entreprises privées problématiques, car nous pensons que ceux ci violent de nombreux droits humains en plus d'agir déraisonnablement, par le mensonge et par la seule volonté (certes compréhensible) d'un bénéfice plus qu'important et ce au détriment d'un développement économique locale comme ils voudraient nous le faire croire, et aux détriment de l'environnement (local et mondial).
Alors qu'une autre mode de production réfléchi, efficace, utile pour l'économie locale tout comme pour les entreprises, et respectueux de l'environnement est possible. Alors que nous pensons que la survie de notre planète, de la biodiversité, de l'être humain, et des peuples, est ce qu'il y a de plus important, et n'a pas de prix!

A priori je suis en partie d'accord, au moins sur ce que j'en sais c'est-à-dire pas grand chose, que l'approche de Herakles n'est pas la bonne.

Mon commentaire visait surtout à démontrer que pour étayer sa démarche purement idéologique (sans vrai souci économique, social ni environnemental), Greenpeace, et là c'est carrément le directeur exécutif, en arrive à employer des arguments aberrants.

En nous disant que la même espèce, le même produit, sont soit très néfastes à tout point de vue, pour la santé, pour l'environnement, quand ils sont cultivés par des entreprises, soit très bons sur ces mêmes points de vue quand ils sont utilisés par des individus. Le palmier à huile passe alors par miracle du statut d'arme de destruction massive de la forêt à celui de produit forestier naturel.

On croit aussi comprendre à la lecture du billet de M.Kumi Naidoo que la déforestation est dans le même cas, elle peut être bonne quand elle est le fait des paysans et mauvaise quand elle est le fait d'une entreprise. Sans comenter les questions de droit foncier et de justice sociale, je me permet juste de constater que la déforestation reste de la déforestation quel qu'en soit le responsable ou l'objectif, et quelle que soit la motivation du déforesteur. Et elle contribue tout autant au réchauffement climatique dans tous les cas.

Bref, un modèle de mauvaise foi assez symptomatique...

Je trouve ton contre-argumentaire un peu manichéen : bien sûr que la culture d'huile de palme n'est pas naturelle, non plus d'ailleur que l'agriculture en général. Seulement il y a une distinction que M. Kumi Naidoo donne clairement : il s'agit de la taille de l'exploitation. L'exemple d'Héracles farm est celui d'une surexploitation qui a un impact à une échelle bien plus grande sur l'environnement que de petites exploitations

coucou bob, alors là, c'est vraiment toi qui est de mauvaise foi... tu lis comme tu veux mais moi je ne vois pas en quoi il y a un problème... si j'ai bien lu le billet de Mr Naidoo il répond à la rhétorique d'Herakles Farm qui prétend "nourrir" le monde et surtout l'Afrique grâce à un modèle, la monoculture extensive de palmier à huile... C'est d'abord cette rhétorique qui est dénoncée et mise à mal...Ensuite, il parle d'accaparement des terres par des entreprises souvent étrangère... à ce titre le cas Herakles Farm est exemplaire (contrat de 99 ans, 0,5$ par an par hectare, etc.)... Il parle d'absence de consultation des populations, etc.
Bref, Bob, soit tu ne sais pas lire, soit tu es malhonnête : ce qui est dit c'est que ce n'est pas le produit en soi (l'huile de palme) qui est en cause, tout comme l'exploitation du bois (et tu sais de quoi je parles), le soja ou l'élevage, mais bien la façon dont ces activités sont menés vis à vis de l'environnement, des forêts, des communautés, etc. Si tu ne comprends pas ça, c'est que tu y mets de la mauvaise volonté...

Je n'ai pas rêvé, j'ai bien lu dans l'article "communautés locales qui tirent leurs revenus de ses ressources, de la culture du cacao et d’autres produits forestiers, et notamment de la production d’huile de palme." Mr Naidoo, surement bien conseillé, ne peut pas croire sérieusement que l'huile de palme est un produit forestier. Donc mauvaise foi il y a bien en effet, CQFD. On ment rarement de bonne foi.

Independance chacha, vous nous parlez de "la façon dont ces activités sont menés vis à vis de l’environnement" qui pose problème, donc vous me confirmez qu'une déforestation faite par des individus n'a pas les mêmes conséquences environnementales qu'une déforestation faite par une entreprise?

Bob, cher Troll, tu fais semblant de ne pas comprendre...
Une communauté villageoise qui cultive de manière traditionnelle l'huile de palme souvent sous couvert forestier avec d'autres ressources (cacao, etc.) pour de l’auto-subsistance ou alimenter des marchés locaux voire régionaux n'a rien à voir avec 70 000 hectares de plantation pour le cas qui nous occupe, pour lesquels on a dégagé, détruit des larges zones forestières, et en l'occurrence là expulsé certaines de ces communautés. Donc OUI, Bob, la culture de l'huile de palme par des individus ou des communautés n'a pas du tout les mêmes conséquences environnementales qu'un projet INDUSTRIELLE, A GRANDE ÉCHELLE, qui nécessite de dégager 70000 hectares entièrement, souvent pour l'exportation...

Pourquoi l'ONU ne déploie pas les casques bleus pouyr protéger les sites chaque fois qu'il y a une menace ?
Une force d'intervention verte ARMEE ? personne n'a envie de voir cela ?
Moi si ! En particulier contre le braconage !
Mais l'ONU ne fonctionne pas !

Perso je n'ai pas vu beaucoup de palmier sous couvert forestier (des cacaoiers, oui), décidément, mauvaise foi encore et toujours. Je comprends bien et encore une fois je ne suis pas d'accord avec les pratiques de herakles, mais pas non plus avec celles de Greenpeace. Le problème de la déforestation paysanne, causée par des individus, même légitimement pour survivre, est bien réel aussi et il faut aussi s'y attaquer. Les forêts des zones soudaniennes par exemple disparaissent du fait de cultures paysannes et pas industrielles.

Pourquoi Greenpeace ne fait rien et ne soutient rien dans ce sens? J'insiste de nouveau qu'un hectare défriché reste un hectare défriché et un hectare de forêt perdue, même si bien sûr, du strict point de vue environnemental, mieux vaut défricher 0 ha que 70000 ha. Mais ni vous ni Greenpeace ne l'admettrez jamais, ce n'est pas "greenpeacement" correct. Après, qu'il faille traiter le problème du foncier en Afrique et de la juste répartition des terres et des revenus, j'en suis bien d'accord.

Aborder les problèmes compexes de façon globale est bien sûr moins vendeur que la simplification extrême de Greenpeace, mais ce n'est que comme ça qu'on les résoudra.

Je précise : "je n'ai pas vu beaucoup de palmiers à huile sous couvert forestier en Afrique", bien sûr des palmiers autres, il peut y en avoir en milieu forestier, notamment en Amazonie. D'ailleurs, le palmier à huile a
besoin de beaucoup de lumière pour croître. Votre "souvent" reste extrêmement relatif... Il est toujours temps bien sur de révolutionner les partiques culturales du palmier à huile...

Autre précision pour Independance chacha: on ne cultive pas l'huile de palme, on cultive le palmier à huile et on produit (oh! le vilain mot! c'est pas dans le vocabulaire du dictionnaire bien-pensant de Greenpeace) de l'huile de palme.

Vus vouc chicanez sur des queues de poire. Et vous avez tous raison! J'ai aussi tout de suite remarqué comme Bob ce que ce directeur exécutif a dit. Mais 1) je vois que le blog est mal traduit de l'anglais, donc peut-être la phrase remise enq uestion l'est-elle aussi 2) ce même directeur s'est simplement très mal expliqué.
La conséquence est qu'au lieu d'entendre vraiment l'alarme qu'il sonne -que des multinationales sont en train de s'approprier des terres africaines d'une manière litigieuse pour leurs propres profits sans vrai souci du bien-être de la population locale (puisqu'elle n'est même pas consultée! Quand on veut vraiment aider qq, on discute avec eux de ce dont ils ont besoin et onprend des décisions ENSEMBLE, Mr. Kimi le dit aussi dans son blog) et au lieu de discuter des moyens d'arrêter ce fléau, des membres de GreenPeace se chamaillent, et perdent leur focus sur le problème africain.

Je suis allée 4 fois en Afrique de l'Ouest (Burkina) pour tenter d'aider un grand groupe familial à survivre mieux. J'atteste de la difficulté a réussir un projet (j'en ai essayé plusieurs, avec leurs propres idées et les miennes) même mis en place en discutant avec les gens du village. Les traditions et habitudes sociales (par exemple les immenses dépenses obligatoires pour les enterrements, la place très inégale donnée aux hommes et femmes etc. . .), la difficulté des gens du village de se projeter dans le futur donc de suivre un plan d'amélioration ("quand y'en a, y'en, quand y en a pas y'en a pas" autrement dit on ne sait guère faire des économies pour développer un projet quand on réussit à faire un petit profit) les problèmes liés à la solidarité obligatoire (la solidarités à une face extrême!) et bcp d'autres facteurs font que l'Afrique n'est pas encore sortie de l'auberge. Mais les pays occidentaux ne le sont pas non plus, nous ne sommes pas un très bon modèle!! Espérons donc que les Africains sauront créer un modèle qui tient compte de leurs difficultés et de leurs talents particuliers. . .
Autre problème: Monsanto arrive au galop en Afrique voilà qui va bien contribuer à l'endettement des villageois, comme c'est déjà arrivé en Inde.

ce que j'aimerai bien, surtout, c'est que Greenpeace indique un moyen d'agir simple et viable chaque fois qu'elle relaie une info.Ce message date de deux ans, s'il est toujours d'actualité, c'est que rien n'a été fait, CA peut continuer longtemps ! les chiens aboient et la caravane passe.

il n'y ai rien de plus désespérant que ces messages du type "rien ne va" quand on ne peut rien faire.Nous sommes des milliers à adhérer aux idées de Greenpeace, et à signer ses cyberpétitions, qui, je pense sont trés utiles. Nous pourrions également faire des choix de consommation "citoyens du monde", et nous y sommes souvent prêts.

Cependant, et en l'occurence, je crois savoir que le Cameroun est trés endetté, et que ses créanciers veulent avant tout être remboursés. or, comme l'a déjà signalé son président et quelques autres, comment on fait pour rembourser si on ne peut toucher à rien car vous avez décidé que c'était trésor mondial?

Toujours ces maudits financiers (et on ne dira rien des compte en banques des dits présidents) . Donc, soit on arrête l'endettement mondial et ca serait super bien évidemment, soit on leur explique comment rembourser.

Cessez d'exploiter ces pauvres paysans qui sont déjà dans u ne misère noire ! Laissez les vivre... C'est une véritable honte !

Monsanto arrive au galop en Afrique mais va peut-être en repartir au triple galop car de nombreux programmes d'ONG sont là pour montrer aux villageois qu'il existe des alternatives plus efficaces et gratuites. Le palmier à huile est un calamité qu'il soit cultivé par des agriculteurs locaux ou non. L'Afrique doit produire en priorité de quoi se nourrir et pas de l'huile ou du cacao quand la population manque de l'essentiel. d'autre part il est illusoire d'espérer que les multinationales demandent aux populations de quoi elles ont besoin, les seules personnes dont elles écoutent les avis étant leurs actionnaires. elles ont tout intérêt à apauvrir les états et les populations pour renforcer leur contrôle sur l'économie et sur la politique, main dans la main avec la finance. L'Afrique et tous les pays du monde devraient peut-être chercher du côté du modèle Islandais une solution à la crise de la dette....

Bonjour,
suis-je le seul à savoir que l'huile de palme est dangereuse pour la santé ? Si en plus elle provoque, par son exploitation, un déséquilibre écologique, je ne vois pas pourquoi Greenpeace n'argumente pas sur ce sujet... Pour moi les choses se présentent ainsi : Exploitation excessive, abus territoriaux, vente d'un produit dangereux pour la santé... pour moi l'huile de palme est un poison dont le seul but est, pour certains, de faire du profit aux dépends des consommateurs... Autant planter du cannabis ^^

Dans la mare des mensonges, il ne nage que des poissons morts.
- Proverbe russe

Pour avoir séjourné assez longtemps au cameroun et y avoir analysé la structure agraire (dnas une région qui produit localement de l'huile de palme de manière traditionnelle, dans la province du mord-ouest, à la frontière entre Cameroun et Nigéria), je voudrais renforcer les arguments corrects d'Indépendance Chacha, en y ajoutant quelques infos d'ordre ethnologique. Dans les villages où je travaillais, le palmier à huile (Elaïs guineensis) est symboliquement considéré comme une plante sauvage, non cultivée, une des plus anciennes même, si l'on en croit les mythes à son sujet.
Jadis (il y a une 40aine d'années), personne ne plantait un palmier, car disent les villageois mfumte, les palmiers, au départ disséminés en brousse, "suivent les hommes là où ils implantent leurs villages et s'y multiplient". Entendez par là que seules les noix tombées des régimes, (lorsque les hommes les transportent au village pour les transformer en huile), parfois aussi récupérées et disséminées par certains oiseaux, germaient aux alentours des habitations et finissaient par former, au cours d'un processus de plusieurs années, une ceinture ou petite palmeraie entourant le village. Dans certaines régions, lorsque les palmiers devenaient trop nombreux et trop grands, "étouffant le village", ses habitants déménageaient et allaiens s'installer ailleurs, où le même processus se mettait en branle, et l'ancienne palmeraie se retransformait progressivement en forêt diversifiée.
Cette tradition, de ne pas planter de palmiers, était si bien ancrée que j'ai assisté à des conflits fonciers, lorsqu'en 1981, un pasteur protestant, voulant bien faire, se mit à acheter et à revendre à un bon prix aux villageois de petits palmiers, cultivars sélectionnés et appelés "agric palms" ou "american palms" dans la région; tous les agriculteurs en achetèrent, car cette variété sélectionnée donnait des noix plus grosse, donc plus d'huile; cependant, lorsqu'il fut question de les replanter, cela créa des conflits sans fin, car le statut "foncier" des plantes sauvages (donc celui des palmiers apparentés aux plantes de cueillette), au contraire du statut des plantes cultivées était fort différent. Lorsqu'une famille à la démographie décroissante cédait une terre à une famille à la démographie croissante, toutes les plantes sauvages continuaient à appartenir au premier détenteur de cette terre, seules les plantes que le nouvel utilisateur semait ou plantait lui appartenait. Mais quid des palmiers sélectionnés que soudainement cet usufruitier de cette terre y plantait ? Le nu-propriétaire lui réfutait évidemment le droit de les exploiter ...puisqu'il s'agissait à l'origine de plantes sauvages... Heureusement la sagesse des aînés, et d'inombrables discussions mirent fin aux conflits. Les agriculteurs prirent le soin de ne plus désormais les planter que sur les terres qui appartenaient totalement à leur lignage (grande famille), et non plus sur celles qu'ils exploitaient en "usufruit". Et la mémoire des vieux à propos des frontières anciennes des différents terroirs fit le reste. Mais cette histoire montre aussi qu'une petite innovation, lorsqu'lle est introduite en ignorance totale des règles traditionnelles, peut causer de grands bouleversements, et que le pasteur, à l'origine de l'innovation et qui n'était pas de la région, ne soupçonnait même pas...

Je pose une question à Green Peace: Comment faire pour contribuer concrètement à l’arrêt de la production industrielle de l'huile de palme ?
Pour ma part, en alimentation bio, je n'achète plus aucun produit contenant de l'huile de palme (j'ai toujours une LOUPE sur moi )
Et si nous nous interdisions d'en consommer à notre petit niveau de consommateurs ?
Pourquoi ne pas lancer en parallèle une campagne d'information pour que chacun soit emmené à réfléchir en achetant sa nourriture quotidienne ?
Faites comme moi, achetez une loupe et boycottez tous les produits qui contiennent de l'huile de palme.
Si les stocks d'huile de palme ne s'épuisent pas, les producteurs seront obligés de stopper.

En effet boycottons tous les produits qui contiennent ce poison d'huile de palme .J'essaie de le faire mais ce n'est pas facile !!!Même les produits bio en contiennent nous certifiant de l'huile de palme bio !le lait en poudre pour bébés aussi .Sans compter tous les produits qui ne l'affichent clairement ...Je mets deux fois plus de temps pour faire mes courses mais je me dis qu'à mon tout petit niveau j'agis .

L'huile de palme est présente dans tellement de produit alimentaire , sa me fait halluciner, le pire les produits bio dis de grande marque!!! Aberrant!! moi perso je fais comme certain, je scrute la composition, et il n'y a pas que l'huile de palme.... Du coup je cuisine beaucoup plus qu'a une certaine époque et je finis sérieusement par me sentir mieux dans mon corps santé oblige...

Toujours de l huile de palme, partout, partout, de plus elle n est pas bonne pour la santé ? Alors , et puis détruire
Toutes les forêts n est ce pas enlever L OXYGÈNE dont nous avons besoin , les animaux qui y vivent où ils vivaient!!!!
RÉFLÉCHISSONS à TOUT ce QUE NOUS DÉTRUISONS .....

En Casamance, village de Kaguit, les femmes mettent les graines dans les futs d'essence de 200 litres. Ils mettent le feu dessous,tts une nuit . Au matin l'huile surnage;pour le plus ,les graines du palmier sont pressées à l'intérieur d'un panier tréssé .

Ceux qui discutent ont-ils foulé des pieds la forêt équatoriale (qu'on rase pour des plantations industrielles) ou les villages de forêts qui cueillent et cultivent le palmier à huile ?
Le palmier aime le soleil mais il pousse aussi en lisière de forêt et même en forêts secondaires(palmiers sauvages) Ou en micro plantations pour usage familial ou villageois (je parle du Cameroun Centre) facilement reconquis par la forêt par la suite.
Les villageois cherchent souvent désespérément des plans et des noix de palmiers sélectionnées ... les noix sont "rafflées" par les agro-industriels (quand les noix tant recherchées ne sont pas exportées dans d'autres pays ... )
Par ailleurs je crois(voir internet) que l'abattage d'un hectare de grande forêt correspond à 400 tonnes de bois , feuilles, branches qui vont partir en fumées et enCO2 ...(à part quelques arbres précieux négligeables en volume et qui sont récupérés)
Calculez l'équivalent carbone mis dans l'air dès le début par tout ce bois brulé ..!!! environ 100 tonnes d'équivalent pétrole ....par hectare de plantation? Aidez moi à vérifier...
Hors le palmier donne environ 5 tonnes d'huile par hectare et par ...an si tout va bien...
En tenant compte des travaux et de la croissance des jeunes arbres il faudra donc 25 ans de pollution massive(100 tonnes d'huile divisées par 5 ; plus les 5 ans de mise en culture) avant que le bilan carbone de la plantation soit (peut-être) alors revenu au point de départ (si on ne tient pas compte de l'émission de Co2 issus de la décomposition de l'humus du sol...). Les sols qui n'auront pas été protégés par la grande forêt seront très lessivés et appauvris...par les pluies équatoriales !
Bilan ? Il n'est positif que pour les commerçants et fonds de placements financiers, les gouvernants des pays qui plantent et l'agro-industrie(producteurs des diesters qui bénéficient de fortes subventions payées par les citoyens) Mais négatif et pour les paysans et les citadins (le prix de l'huile monte si on exporte)et pour les Pays qui se livrent à un tel trafic Et pour la planète bien sur !
Je conclurai: oui aux plantations villageoises de palmiers pour la consommation locale et nationale(et la vitamine A des enfants qui devraient en consommer 10 grammes par jours soit deux noix par jour soit 15.000 TONNES PAR AN POUR LE CAMEROUN) . Non pour les autres plantations
Et tout ça pour retirer l'huile de palme de l'assiette de ceux qui occupaient et travaillaient ces terres ...
Par ailleurs je dirai: Non l'huile de palme n'est pas toxique si on en consomme une quantité raisonnable ... (elle a d'ailleurs une structure chimique différente de celle des graisses saturées animales, qui elles posent problème) elle est brulée par ceux qui travaillent dans la forêt... Pas brûlée par les bureaucrates qu'elle intoxique ... d'accord
Bonne discussion !

Au lieu de vous chamailler et de prendre toute la place avec vos commentaires, rencontrez-vous et débattez ! la plaie première est la déforestation avec la destruction de la faune et de la flore, la seconde une nouvelle colonisation par l'accaparement des terres et le vol des ressources. Ensuite, l'enrichissement des multinationales et l'appauvrissement des populations locales. Enfin, l'huile de palme détruit la terre et ce n'est pas de ça qu'ont besoin les populations locales, qui ne perçoivent pas grand chose ou rien même de cette culture. Il faut arrêter de cultiver de l'huile de palme c'est tout !

J'aime bien le discours de MC, il faut aller sur place, comprendre, ne pas en rester à des dogmes de principe qu'on ne confonte pas à la réalité de terrain, à un idéalisme absurde et néfaste pour tous, avant tout pour ceux que l'on pense aider ainsi.

Le monde bouge autour de l'Afrique, donc l'Afrique bouge, Viviane nous décrit des traditions en déclin, souvenirs déjà oubliés pour une bonne partie des peuples africains, et qui disparaîtrons encore largement pour une autre partie dans les années qui viennent, qu'on le veuille ou non et qu'on le souhaite ou non. L'Afrique change et va continuer à changer, il faut l'aider à le faire le mieux possible, en tenant compte des traditions mais en acceptant la nécessaire évolution. Pas simple tout ça.

Comme le dit "active" et comme on le sent dans d'autres messages, il faut agir, agrir ce n'est pas toujours se plaindre, critiquer, ronchonner, c'est être sur place, sur le terrain, comprendre, écouter, explorer les solutions, participer à les essayer, essuyer des échecs, recommencer. Etre actif positivement, pas systématiquement dans la critique, toujours facile, dans le négatif, dans la dénonciation, dans les beaux discours moralisateurs qui plaisent et rappportent.

Bref, la solution, ce n'est pas Greenpeace qui l'a avec ses intérêts très largement commerciaux (gagner des parts ou conserver ses positions sur le marché des dons), c'est vous tous qui avez soif d'agir réellement de façon constructive.

LE TOURNESOL C EST PAS MIEUX IDEM COLZA ET H.DE PALME

Et puis si on se servait que du beurre.... Le bon vrai beurre d ancien temps!!!!!
Ha oui , le cholestérol ! J ai arrête les médicaments qui me rendaient malade ....
Je suis bien mieux et je dose le beurre que je mélange avec l huile d olive pour la
Cuisine . Voilà pour ceux qui feront comme moi.

Je suis d'accord avec la majorité d'entre vous; il faut que cessent les déboisements de forets primaires et secondaires, habitat naturel de tant d'espèces animales et de flore...
Personnellement, mes courses se limitent aux denrées alimentaires qui ne contiennent pas de l'huile de palme (et/ou des huiles partiellement ou totalement hydrogénés). Du coup pour mes petits gâteaux je me limite aux "Petits Beurre" et aux palets bretons...
Les autres gâteaux je les confectionne moi-même.
De même pour mes liquides vaisselle ou lessives, je choisis invariablement les produits certifiés écologiques, et non testés sur les animaux. (Je sais, cela n'a rien à voir avec le sujet présent, mais je profite de ce forum, pour rappeler que les actions protectrices sont aussi celles qui respectent l'intégrité et les droits innés des animaux.)
Je signe aussi beaucoup de pétitions. Je vous conseille d'aller sur www.change.org. De cette façon vous serez à même de vous exprimer à travers des pétitions à signer, ou même, lancer une pétition sur le sujet dont nous partageons les avis...
Je serai première à la signer.
Merci pour votre attention.

Une seule solution avec laquelle je suis d'accord : BOYCOTT DE tous produits contenant de l'huile de palme !

J'ai traversé l'enfer de l'exploitation intensive des palmiers à huile en Malaisie, à Bornéo. Imaginez: vous montez au sommet de la montagne la plus proche, vous regardez à l'horizon, et il n'y a que du palmier à perte de vue... Mon guide malais m'a dit: "L'exploitation intensive du palmier à huile ne profite en rien à la population locale, uniquement aux multinationales de l'agroalimentaire"..."des centaines d'ouvriers qui travaillent dans les palmeraies meurent chaque année suite aux morsures des serpents venimeux qui y prolifèrent"..."les seuls animaux que l'on trouve dans ces palmeraies sont les rats (qui mangent les dattes) et les serpents (qui mangent les rats)"..."si vous voulez lutter contre cette exploitation intensive, il faut commencer par arrêter de consommer de l'huile de palme en Europe". Ce dernier commentaire m'a bien fait réfléchir. Depuis, je boycotte systématiquement les produits alimentaires qui contiennent de l'huile de palme (aussi intitulée "matière grasse végétale"). Je vous invite à faire de même.

j'ai beaucoup aimé le duel épistolaire entre Bob et Chacha. Très intéressant. Surtout bob ;-)

Pour le Boycott de l'huile de palme, je vous souhaite bonne chance, surtout si vous vivez seul et que vous n'avez pas envie de cuisiner. Il y en a PARTOUT. Si réellement on interdit l'importation de cette huile, disons, en Europe, il y aura des entreprises agroalimentaires qui vont se casser la goulette. :-)

Sans parler d'éviter de consommer des OGM.... On est mal barré :-/

Nicolas Sarkozy s'engageait e0 supprimer les dtiors de succession de 95% des me9nages dont le patrimoine re9sulte du travail, apre8s impf4t paye9. Les 95% dont parle Madame Lagarde sont en re9alite9 95% des he9ritiers dans le cercle familial. Ce n'est pas la meame chose. La promesse de N.Sarkozy incluait les he9ritiers hors ligne directe, or ils ont e9te9 exclus. Pour neveux/nie8ces le re9sultat est une minime baisse des dtiors. Pour les parents e9loigne9s ou les non parents les dtiors demeurent 60%.

@satine26: Malheureusement il y a toujours des gens pour dire "oui, mais ça va coûter de l'argent". C'est la même histoire pour le mur qui devait protéger la centrale de Fukushima. Il fallait un mur de 14 mètres de haut pour bien faire. Mais quelqu'un dans l'assistance a dit : "oui, mais si on le construisait à une hauteur de 9 m, ça suffirait bien et ça coûterait moins cher". On finira par n'avoir plus que des billets à manger... Je n'ai pas de conseil ni de leçon à donner à celles et ceux qui vivent seul (c'est bien dommage pour eux). Mais je leur dis quand même que pour leur santé et pour l'environnement, ils ont intérêt à faire un petit peu attention à leur assiette. Il suffit parfois de lire les étiquettes (bon, faut pouvoir lire les petits caractères :O). Je suis fan de chocolat, il y a des marques, en particulier une Suisse (non pas celle-là, l'autre :O), qui fait du très bon chocolat sans huile de palme. Mais certains produits de cette marque en contiennent, donc méfiance. Quant aux entreprises agroalimentaires...

Les multinationales responsables et coupables de tous ces projets criminels sont connues.Il suffit de publier sans cesse leurs noms.D'appeler à un boycott de tous les produits vendus par ces multinationales.

L'article de M. Kumi Naidoo est intéressant mais c'est un article d'information.
Pourquoi GP n'est pas plus incitatrice ? Personnellement, j'ai du mal à décrypter son action...
Heureusement certains lecteurs le sont plus que d'autres, incitatifs.
Alors je vais ajouter ma petite pierre dans ce sens.
Quand, nous citoyens de pays développés et riches, comprendrons que le pouvoir de ces multinationales néfastes (car guidées totalement par des intérêts financiers courts-termistes et endogènes) ne vient que par le transfert de notre argent dans leurs caisses (par nos actes d'achats répétés), nous aurons accomplis un grand pas.
Pour accomplir ce grand pas, je conseille donc comme d'autres l'ont déjà fait avant moi de bien lire les étiquettes et de ne pas acheter de produits contenant de l'huile de palme (présente dans l'alimentation, les cosmétiques, certains carburants...) mais également de produits dont la mention est "contient de l'huile végétale" ou "de la graisse végétale".
Car il faut savoir quand on est consommateur d'un pays développé qu'un produit fabriqué avec de l'huile ou de la graisse végétale est un produit fabriqué avec de l'HUILE DE PALME ! Sinon le fabriquant a l'obligation de mentionner le nom de l'huile utilisé. Certains le font mentionnant huile de colza ou huile de tournesol dans les ingrédients utilisés.

Eh oui depuis le développement de la finance folle, le consommateur occidental doit être plus rusé qu'un sioux du XIXème siècle !
CQFD et amitiés à tous ceux et celles qui aiment encore la Terre, le Ciel, l'Eau et le Feu.

PS voir aussi ce lien pour ceux que le sujet intéresse : http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/

Bonjour à toute l'équipe de Greenpeace,
Je vous fais parvenir mes recherches concernant l'huile au Cameroun. Je ne sais pas si vous avez remarqué comme les africains ont du mal à respirer. L'huile pour cuire leurs aliments n'arrange pas du tout la sauce. Un corps gras toujours mélé pour cuire le poisson... A cela vous rajouter les affluves d'uranium des gisements à ciel ouvert, vous imaginer l'ampleur des dégats sur le corps humain. de plus il fait des températures très chaudes dans ces pays. A savoir qu'une cuisson yang donc très chaude monte le tempérament de l'être humain. Cocktail molotof pour détuire un peuple ont dirait, c'est bien pensé. Aimez-vous les uns les autres qu'ils disent. Seulement voilà, ils y en a qui n'ont toujours pas évolué et veulent s'accaparer les richesses africaines déjà bien réduites... Je me tiens prête à vous expliquer encore mieux par téléphone si vous le souhaitez: 06/**/**/**/**
Bonne semaine
Cora Truchetet

Au cours de ma vie, j'ai très peu utilisé d'huile de palme. Depuis que je sais que c'est un désastre pour nous et pour les Africains concernés, je n'utilise plus du tout d'huile de palme et cela depuis une bonne quinzaine d'années.

Le 29 et 30 sept, entre 74 Cruseilles (20km d'Annecy) et Genève (Suisse) a eu lieu une marche solidaire pour le droit à la terre et aux ressources naturelles pour soutenir le mouvement EKTA PARISHAD. Ce mouvement non violent et ghandien a organisé en oct. 2012 une marche pour exiger du gouvernement indien "la redistribution des terres accaparées par les multinationales pour des cultures industrielles". Et actuellement, regardez ce qui est en train de se passer à Notre Dame des Landes...

Le + possible, je mange bio, local et frais.

Je vous conseille vivement de voir le film "TOUS COBAYES".

Slt les Green,
Je ne voit plus le lien direct pour partager sur FACEBOOK...
What can I do ?
Merci

Nous sommes tous responsables;nous, consommateurs, sommes(étions?) très puissants:moi je n'achète rien qui contienne de l'huile de palme,souvent hypocritement appelée huile végétale, et pas seulement parce qu'elle est très nocive mais pour protéger la nature et la biodiversité;de même,mais là c'est un vrai tour de force,je n'achète aucun savon ou produit de toilette qui en contienne.Faites comme moi et les choses changeront .

MC, c'est vrai que la phrase indiquant que l'huile de palme est un produit forestier est mal traduite, la version anglaise ne le dit pas aussi explicitement (commodities a été traduit par produit forestier), il est écrit plutôt que la forêt du Cameroun assure des productions aux populations locales dont l'huile de palme, ce qui reste quand même erroné. Et je ne suis pas sûr que cette mauvaise traduction soit fortuite et innoncente.

Une interrogation quand même: par quoi remplace-t-on l'huille de palme? Quelle superficie faudrait-il de colza et de tournesol pour assurer ce remplacement et ou les met-on, ces hectares?

Je vous invite à (re)lire une vision plus nuancée concernant la culture du palmier à huile et l'huile de palme: http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/huile-de-palme-et-idees-recues. Si je résume, cette culture contibue bien à la déforestation en asie, des solutions sont possibles pour garantir que les palmeraies ne détruisent pas les forêts primaires, la culture du palmier fait vivre énormément de petits planteurs et a contribué à la régression de la pauvreté en Indonésie. Ce document nuance aussi quelque peu les aspects négatifs de l'huile de palme sur la santé, qui ont été fortement exagérés, il ne faut pas manger sans arrêt de l'huile de palme, mais en consommer raisonnablement ne va pas vous tuer.

Il ne s'agit pas de nier que des problèmes se posent, c'est vrai, des problèmes se posent, il faut bien les comprendre et les appréhender. Mais la solution ultra-simpliste de boycott aveugle de toute l'huile de palme n'est pas bonne. Il faut faire évoluer cette filière et ses acteurs, mais avec des propositions constructives et réalistes. Dire stop dès qu'on identifie un problème avec un produit ne nous amènera nulle part.

Sans compter que le boycott a et aura encore très longtemps un impact extrêmement réduit. Les quelques européens de l'ouest qui refusent de consommer de l'huile de palme resteront encore longtemps ultra-minoritaires au niveau mondial, et ce n'est pas en Europe que se développent les marchés en ce moment.

L'huile de palme restera de toute façon l'huile des pauvres dans le monde même quand les riches se seront payés le luxe de choisir des huiles plus chères. Les problèmes restent donc à résoudre, et autrement que par boycott.

Je note aussi que certains savent bien profiter de cette remise en question de l'huile de palme, les agro-industriels qui doivent augmenter leurs marges sur les produits sans huile de palme (marge faite sur l'image écologique de ces produits), et Greenpeace qui récolte les dons sans proposer aucune solution constructive.

Voir aussi http://www.cirad.fr/publications-ressources/science-pour-tous/dossiers/palmier-a-huile/les-enjeux

Je n'ai pas tout lu des commentaires précédents, ni des joutes verbales entre Bob et les autres. je ne donnerai donc que quelques remarques :
1) c'est bien beau de boycotter l'huile de palme, ce que je fais, mais une grande partie de l'huile de palme sert surtout d'agrocarburant. Il faut donc également boycotter la voiture, beaucoup plus difficile à faire, surtout si elle sert à se rendre à son tyravail ...
2) Beaucoup de terres en Afrique sont coutumières, cad appartenant à l'état ; les gens qui les cultivent (depuis toujours la plupart du temps), ne l'ont qu'en usufruit. D'où le drame des expulsions. Comment y remédier ??
3) Le problème est encore et toujours le conflit entre la gestion industrielle et destructrice des ressources et la gestion "à taille humaine". Agriculture industrielle ou familiale (souvent bio), pêche industrielle ou petits pêcheurs etc. Pour ma part j'ai choisi

Bebette, au sujet de l'utilisation en agro-carburant, lire la page donnée dans mon précédent message http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/huile-de-palme-et-idees-recues

Sachant que cette maudite huile de palme est quasi-omniprésente dans les aliments qui sont disponibles en magasin, comment être sûr d'acheter les produits en contenant pas ou peu de cette huile? Existe-t-il un logo ou label pour identifier ces produits?

Bob a écrit:

" L’Afrique change et va continuer à changer, il faut l’aider à le faire le mieux possible, en tenant compte des traditions mais en acceptant la nécessaire évolution. Pas simple tout ça."

Alors je lui répond en soulignant que le vrai problème dans tout çà c'est Herakles Farms et sa seule motivation de l’appât du gain. Tout le reste n'est que justification, euphémisme et roublardise dénuée de la moindre empathie. Si, peut-être simplement s'aveugler sur sa propre sombre réalité en se persuadant qu'on commet le bien du monde ...

Dans cette équation, retirez Herakles Farms et vous verrez qu'il n'y a plus de problème, à part peut-être celui qu'il faudrait montrer à ces populations indigènes l'abominable nocivité de l'huile de palme pour la santé et qu'il serait mieux pour eux qu'ils apprennent à cultiver autre chose ...

Je n'ai jamais prétendu que le changement devait passer par Herakles farm, bien au contraire. Leur approche n'est pas la bonne.

Mais je ne suis pas d'accord qu'enlever Herakles farm résoudrait tout, et l'Afrique souffre de tellement de problèmes sanitaires bien plus graves que l'huile de palme.

Je vous recommande d'aller dans un village indigène isolé quelques années puisque la vie vous y semble tellement idéale, vous pourrez y enseigner des cultures très saines.

"et l’Afrique souffre de tellement de problèmes sanitaires bien plus graves que l’huile de palme."

Il n'y a pas tant de problèmes que çà en Afrique, la corruption suffit à expliquer bien des choses ... tout autant que cette corruption est une condition pour l'exploitation de l'huile de palme qui a son tour sera, en partie, à l'origine des immenses épidémies de problèmes cardiovasculaires dans les pays occidentaux ...

D'autre part on sait, de manière scientifiquement prouvée que de telles mono-cultures, surtout si une part est destinée aux biocarburants, finissent au bout du compte par provoquer des famines et de la misère.

Bonjour, comment faire pour boycotter heracles farm ? qui sont leurs clients ? je boycotte déjà nutella et loreal parce que personne "ne le vaut bien" de décimer les orang-outans !

Chapolin, vous avez mille fois raison, que sont de petits soucis tels le paludisme ou le SIDA à côté de la terrible consommation d'huile de palme, dont les africains se nourissent bêtement depuis des siècles...

Je vous renvoie à l'idée reçue n°2 sur http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2010/science/huile-de-palme-et-idees-recues "En Indonésie, ce sont 1 000 à 2 000 dollars par an et par hectare qui sont générés par la culture du palmier à huile, un revenu qui a contribué significativement, selon McCarthy (2010) à la régression de la pauvreté et à l’émergence d’une classe moyenne rurale. Aujourd’hui, plus de 5 millions de personnes en Indonésie dépendent directement de la culture du palmier à huile." Et ce sont des scientifiques (d'un organisme public, qui plus est) qui le disent.

Ben oui, en effet la corruption est un des problèmes, très sérieux, de l'Afrique, et d'ailleurs. Vous enlevez Herakles farm, la corruption est toujours là, je ne vois pas où vous voulez en venir. Même les petits commerçants individuels la subissent la corruption, de la part des agents des divers services publics, elle est partout, ce n'est pas une exclusivité des grandes entreprises.

"Bonjour, comment faire pour boycotter heracles farm ?"

Personnellement quand j'achète quelque chose à manger je lis obligatoirement l'étiquette et j'éradique systématiquement si çà contient de l'huile de palme. D'autre part je fais de même avec la mention "huile végétale" qui est souvent le terme utilisé quand le fabriquant a honte d'avouer qu'il a utilisé de l'huile de palme pour la fabrication.

Bob çà n'est pas avec de l'huile de palme qu'on soigne le sida ou le paludisme ...

D'autre part il ne faut pas minimiser les ravages que provoquent les huiles alimentaires comme l'huiles de palme dans l'alimentation occidentale quand on parle par exemple de 30% d'adultes obèses aux États-Unis. Il s'agit d'une situation hautement dramatique de santé publique, il s'agit de millions de malades et le coût pour la société est immense.

Pour ce qui est de la situation en Indonésie, avec l'huile de palme, elle est dramatique ! lisez cet article:

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/huile-de-palme-une-catastrophe-ecologique-planetaire_13869/

Vous pouvez également visionner le film "Home" gratuitement sur internet ...

Enfin l'article que vous proposez est évidement un article à la solde des multinationales et certainement qu'en cherchant un peu on trouvera des liens. Ce qui fait qu'un article est recevable çà n'est pas qu'il soit scientifique mais qu'il soit reconnu par la communauté scientifique mondiale, c'est très différent.

Dans cet article on peut par exemple lire cette phrase:

"Les petits planteurs, soit consomment leur huile, soit la revendent sur le marché local, ou encore vendent leurs fruits à des usiniers."

Nan mais moi je me nourris de tomates, de légumineuses, de poissons, de fruits, d'un peu d'huile d'olive et de plein d'autres choses ... mais certainement pas d'huile de palme, enlevez l'huile de palme en Afrique ou en Indonésie et il leur restera plein de choses pour se nourrir ... contrairement aux multinationales.

Chapolin, décidément, on ne se comprend pas, vous déformez mes propos. Je n'ai jamais écrit que l'huile de palme soignait le paludisme ou le VIH, en aucune façon. J'ai simplement commenté votre phrase indiquant qu'il "n’y a pas tant de problèmes que çà en Afrique". Si des problèmes il y en a de bien plus graves que l'huile de palme, dont l'essentiel de la production est consommée sur place, et qui est un aliment essentiel pour les africains. Le poulet au Nyemboué, la sauce-graine, les beignets frits dans l'huile, et même le vin de palme, font partie de la culture africaine. L'équilibre de l'alimentation reste un problème en Afrique, pas assez de légumes verts et de fruits, trop de graisse, trop de sel aussi souvent, beaucoup de piment, souvent pas assez de viande notamment pour les enfants. L'huile de palme n'est qu'une partie de ce problème d'alimentation, ce n'est pas le coeur du problème. L'huile de palme serait remplacé par une autre graisse, le problème serait presque le même. Et encore une fois il y a tellement d'autres maux.

Les Américains sont obèses parce qu'ils mangent trop et mal, là aussi l'huile de palme n'est qu'une petite partie du problème. Manger de l'huile de palme en grande quantité tous les jours n'est pas bon du tout pour la santé, je vous l'accorde. Je vous rassure, moi j'en mange aussi, très raisonnablement, et je suis en pleine forme, et je n'ai aucun doute que je vais le rester.

Je pense que le CIRAD a une bonne réputation de rigueur et d'indépendance et jouit d'une bonne reconnaissance intrenationale, mais cherchez bien les liens. Il n'est pas exclu que le beau-frère de l'oncle de la grand-mère d'un balayeur du CIRAD ait travaillé une demi-journée pour un méchant producteur d'huile de palme.

L'article que vous m'avez mis en lien est écrit par un journaliste et non un scientifique. Au passage il considère les ourangs-outans comme des écosystèmes (sic!), belle rigueur scientifique. Ses principales références scientifiques proviennent d'ONG, qui ont leur rôle dans la paysage pour informer et sensibiliser, mais n'ont pas de léégitimité scientifique.

En plus, je ne vois rien dans cet article qui contredise la phrase que j'avais extraite de celui du CIRAD. Les palmeraies en Indonésie pourraient être tout à la fois une problème écologique et une contribution forte à l'économie indonésienne et à la lutte contre la pauvreté. Comme l'a été à une autre époque chez nous le développement de l'agriculture par la destruction de nos forêts. Le monde est complexe, cher Chapolin. Je me demande si un jour vous serez en mesure d'appréhender pleinement cette complexité et d'arrêter de penser qu'on va résoudre des problèmes, certes réels, mais complexes, par des solutions simples pour ne pas dire simplistes.

J'ai vu Home, un très bon film, justement aussi par le fait qu'il est nuancé, tout le contraire de la communication de Greenpeace, ... et de la votre.

Non nous ne sommes pas d'accord et nous défendons deux points de vues différents.

En tout cas, quand vous dites que l'essentiel de la production d'huile de palme est consommée sur place par les populations indigènes et quand on voit les photos des immenses exploitations de palmiers à perte de vue, au point que des territoires entiers soient ravagés et que cela mette en péril l’existence même des forêts sur des millions de kilomètres carrés, il y a quelque chose qui ne semble pas juste, pas très mathématique. Depuis quand consomme-t-on comme çà pour sa petite cuisine journalière une production d'huile d'échelle mondiale ?

D'autre part je me suis trompé en parlant d'obésité qui est un phénomène bien réel et très grave, lié de toute façon a ce que nous évoquons, mais je voulais parler du problème du mauvais cholestérol qui tue à coup sûr des millions de gens (la mortalité par maladies cardio-vasculaire est la deuxième cause de mortalité en France ). Et la pour le coup l'huile de palme est universellement reconnue comme étant l'un des poisons qui entre dans les ingrédients de la mal-bouffe ...

Mais revenons à l'article que nous commentons:

"Le projet d’Herakles Farms au Cameroun a révolté et divisé la population locale. Greenpeace s’est entretenue avec des agriculteurs de différents villages sur lesquels empiètera la concession. Nombre d’entre eux affirment que des habitants ont été expulsés de force de leurs terrains, ou que les lignes de démarcation de la concession ont été tracées sur leurs terres sans qu’ils en soient préalablement informés. Une habitante du village de Fabe, expulsée de sa propriété, s’interroge : “En s’accaparant toutes nos terres, l’entreprise signe notre arrêt de mort. De quoi pourrons-nous vivre ? Nous n’aurons plus de ressources. […] Quelles terres allons-nous cultiver ?”

Une petite remarque: si initialement ils vivaient de tant d'huile de palme comme vous argumentez, que veut dire l'agricultrice par "Nous n’aurons plus de ressources. […] Quelles terres allons-nous cultiver ?" ?
Si ils cultivaient déjà l'huile de palme pour se nourrir initialement, on est donc là en présence de producteurs d'huile de palme chassant d'autres producteurs d'huile de palme ? étrange non ?

A moins qu'en Afrique on se nourrisse aussi d'autre chose que d'huile de palme ...

En parcourant sérieusement le site du cirad on se rend compte que cette entité n'est pas du tout indépendante et partie prenante dans la production d'huile de palme. Des recherches qui y sont menées sont vouées à l'amélioration technique de la production d'huile de palme. Sur le site du cirad à "statut" on peut lire: "Etablissement public à caractère industriel et commercial, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement)"

Sur le site du cirad on trouve aussi cette page, c'est carrément des producteurs de semences de palmier à huile:
http://www.cirad.fr/innovation-expertise/produits-et-services/materiel-vegetal/semences-de-palmier-a-huile

Chapolin, les Africains vivent, et de plus en plus, dans des villes, il est difficile en milieu urbain de produire son huile de palme pour sa "petite cuisine journalière". Le Cameroun, par exemple importe plus d'huile de palme qu'il n'en exporte (26 000 t contre 4 000 en 2010) et a donc tout intérêt à développer des plantations de palmiers à huile pour ne plus être dépendant de l'étranger. Ou une autre huile, mais l'huile de palme reste bien adaptée au climat. Je ne sais pas ce que Herakles farm compte faire de sa production (et encore une fois, je ne suis pas d'accord avec le montage de leur projet), mais la vendre sur le marché national camerounais serait une bonne chose.

En RDC, autre pays africain que je connais bien et grand producteur d'huile de palme avant la guerre, l'huile de palme produite dans les grandes plantations de l'intérieur du pays n'est pas exportée mais elle trouve facilement preneur dans le pays même. En 2010, la RDC a produit officiellement (surement sans compter une grand part des productions villageaoises) 187 000 t d'huile de palme, en a exporté 500 et a dû en importer 78 000.

Dans ce contexte, développer des semences en vue d'amélorier les rendements me semble parfaitement bien cadrer avec l'objectif d'appui au développement affiché par le CIRAD.

Bien sûr en Afrique on mange autre chose que de l'huile de palme, mais c'est un élément essentiel de l'alimentation, au moins en Afrique Centrale et Afrique de l'ouest. D'ailleurs, c'est la région d'origine du palmier. De nombreux plats sont frits dans cette huile (aloko de bananes, frites de patate douce, beignets, j'en salive rien que de l'écrire), et l'huile est l'ingrédient d'excellentes sauces. Au passage, cette "culture" de l'huile de palme a suivi les esclaves transportés vers Salvador da Bahia, et on sent la friture des acarajés très largement dans le pelourinho et les autres quartiers de la ville de la baie de tous les saints.

Si vous voulez vous en convaincre, voyagez donc un peu!

(source des chiffres : FAO).

"Si vous voulez vous en convaincre, voyagez donc un peu!"

J'ai passé 7 ans en Afrique de l'ouest ...

Bob la cuisine que vous décrivez est en tout cas détestable au point de vue de la santé. Ce type de cuisine est dangereuse et provoque de la souffrance et de la maladie pour des millions d'hommes et de femmes. Vous parlez du milieu urbain et dans beaucoup de pays du sud le milieu urbain est en proie à la malbouffe, également, cette même malbouffe qu'on citait plus haut et qui provoque 30% d'obésité chez les Américains sans compter le simple sur-poids. En fait toutes les villes sont touchées par cette gangrène et le problème devient mondial. D'un autre côté nombres de familles savent encore se nourrir correctement et je n'ai pas vu en Afrique, loin de là, cette orgie d'huile de palme que vous décrivez.

Si on parlait de la France comme vous parlez de l'Afrique on pourrait croire qu'on se nourri ici essentiellement de foi gras ...

Ah, me voilà rassuré, vous avez donc pu constater par vous même, comme moi, l'importance de l'huile de palme dans l'alimentation en Afrique de l'ouest, non?

Libre à vous de vouloir vous attaquer au vaste problème de la malnutrition dans le monde, c'est louable. Avant que vous ne l'ayez résolu, je pense que quelques décennies seront passées, et en attendant tout le monde doit manger. Manifestement, nous n'avons pas connu la même Afrique. La comparaison n'est pas à faire avec le foie gras, produit de fête et de luxe, mais avec le beurre dans le nord de la France ou l'huile dans le sud.

Je continuerais pour ma part à me régaler raisonnablement de poulet au nyemboué, moquequa, beignets, .... et à me porter à merveille encore de longues années.

Si effectivement l'huile de palme est présente en Afrique comme l'un des aliments de base, ce qui est votre laïus depuis le début pour détourner l'attention du problème initial je ne me souviens pas d'avoir vu les gens en manger autant que vous le dite en Afrique. Par exemple dans les villes africaines on trouve des magasins avec d'autres huiles et on peut avoir le choix ... il faut vraiment être crétin, si on a le choix pour continuer à se nourrir avec cette huile.

D'ailleurs en Afrique depuis longtemps on peut aussi faire de l'huile avec des arachides.

En attendant que vous ayez raison ou non çà ne règle pas le problème de la déforestation alarmante ni de l'utilisation abusive de cette huile nocive pour la santé dans l'alimentation industrielle mondiale (25%). Elle est tellement nocive d'ailleurs que ceux qui l'utilisent n'osent même plus la nommer sur leurs étiquettes ...

Vous êtes en train de nous dire que non en fait la majeure partie de cette huile est utilisée localement alors que le problème est mondial, il s'agit d'une industrie de niveau mondial, 25% des graisses alimentaires industrielles mondiales. Des millions de malades, des millions de km² de forêts dévastées, une mono-culture qui au bout du compte produit du co² et détruit les sols en les appauvrissant, il suffit de taper quelques mots clés dans google pour lire moult articles accablants de toutes part (dont l'OMS) sur la question et vous avez encore le toupet, comme vous l'avez écris plus haut de dire que les gens de greenpeace qui le dénoncent sont là pour faire du fric ...

On fait en effet beaucoup d'huile avec des arachides (c'est excellent aussi), mais souvent ce n'est pas dans les mêmes régions. En région Equatoriale, c'est de loin l'huile de palme qui domine, c'est plus facile à produire, et il faudrait d'ailleurs défricher bien plus de forêts pour produire les mêmes quantités d'huile d'arachide.

Les autres huiles vendues dans les villes africaines sont plus chères, et pas à la portée de la plupart des bourses africaines. Et puis il serait quand même préférable de consommer local, pour diverses raisons, non?

Le problème est local et aussi mondial bien sûr. Bien sûr il faut chercher à réduire dans bien des pays la consommation de graisses, de toutes les graises. Bien sûr il ne faut pas abuser d'huile de palme, même si vos "millions de malades" sont à relativiser. L'OMS recommande de limiter (pas d'exclure) la consommation de graisses saturées, pas seulement l'huille de palme mais aussi par exemple le fromage et le beurre. Au passage, l'OMS nous cite comme modèle l'ile Maurice qui a fait des efforts pour remplacer l'huile de palme par l'huile de soja. Cette dernière est surement meilleure pour la santé, mais bien pire pour la déforestation.

Ce que je dis et que je maintiens, c'est que Greenpeace est avant tout une entreprise de communication, qui a besoin de convaincre coûte que coûte, quite à déformer la réalité. Et un organisme qui n'a aucune crédibilité quand il propose des solutions car il n'appuie la mise en oeuvre d'aucune solution constructive. C'est tellement facile de ne rien faire d'autre que de critiquer.

"c’est de loin l’huile de palme qui domine" oui avec les multinationales qui poussent comme des folles obsédées par la rentabilité.

On parle d'un problème mondial et le les millions de malades ne sont pas à relativiser ... 30% d'obèses et les problèmes cardio-vasculaires liés à la mal-bouffe deuxième cause de mortalité sans compter les cancers et les épidémies de diabètes que provoque aussi le mauvais cholestérols (dont regorge l'huile de palme) et qui affole les médecins, çà n'est pas à relativiser.

Enfin Greenpeace ne critique pas, Greenpeace dénonce des criminels ou des comportements néfastes et mercantiles qui nuisent à la communauté mondiale toute entière et qui actuellement, selon les données scientifiques les plus abouties menacent l’espèce humaine toute entière.

Les multinationales ne sont pas les seules à privilégier l'huile de palme en zone équatoriale de forêt dense, les communautés villageoises et les petits font de même. Assez logiquement vu la productivité et les rendements, et je ne vois d'ailleurs pas bien quelle alternative serait envisageable en forêt dense, à part dans certains sols l'arachide, mais qui demande bien plus de travail et produit bien moins à l'hectare planté. Et encore une fois, bien des pays africains à l'heure actuelle ne sont pas autosuffisant en graisses, le problème est donc aussi local avant d'être global.

Si vous voulez, je reformule "C’est tellement facile de ne rien faire d’autre que de dénoncer".

"Les multinationales ne sont pas les seules à privilégier l’huile de palme en zone équatoriale de forêt dense, les communautés villageoises et les petits font de même."

De même ? Non pas tout à fait, les petits et les communautés villageoises cultivent de quoi subvenir à leur moyen sans tout détruire autour d'eux, dans le temps on s'approvisionnait même sur de palmiers sauvages ... alors que les multinationales détruisent des millions d'hectares de forêts pour inonder le marché planétaire.

Mais encore une fois, dans bien des pays africains et globalement en Afrique, la production n'est pas suffisante pour répondre aux besoins locaux. Les productions selon les méthodes traditionnelles se suffisent plus à assurer l'approvisionnement de pays en voie d'urbanisation. Vue la démographie actuelle, la demande de demain ne se développera pas chez nous, et il faudra la satisfaire, c'est un vrai défi qui ne sera pas relevé avec l'agriculture traditionnelle. Au niveau mondial, les petits planteurs et les entreprises nationales assurent une part majoritaire de la production d'hule de palme.

Ah maintenant vous prétendez vous soucier de la misère du monde ?

En tout cas çà n'est pas en nourrissant les gens d'huile de palme que vous allez les sauver de la faim ... surtout pas avec de l'huile de palme ... d'ailleurs en toute constatation médicale les gens du monde urbain actuel devraient éliminer l'huile de palme si ils veulent ne pas voir leur vie entachée de grandes souffrances dues à la maladie qui ne manque pas d'arriver ... Convertissez les millions de km² de cultures d'huile de palme en autres cultures vivrières et les gens seront bien mieux nourris ... mais, de toute façon ... il y a le problème de la déforestation, et il est extrêmement grave.

J'ai toujours prétendu me soucier avant tout de la misère du monde, ce n'est pas nouveau, vous m'aviez mal lu ou mal compris. Pour ce qui est de l'huile de palme, sa nocivité, réelle à consommation excessive, a été largement exagérée, et les populations qui en mangent toutes les semaines depuis des siècles sont là pour en témoigner. Mais bien sûr, il faut cultiver aussi et même principalement d'autres plantes vivrières, c'est bien ce qui se fait en pratique et reste à l'heure actuelle la principale cause de destruction des forêts denses d'Afrique Centrale. Une destruction dont on est bien forcé d'accepter qu'elle se poursuive encore, pour éviter d'accroître la misère de ce monde-là, dont décidément en effet je me soucie...

"Une destruction dont on est bien forcé d’accepter qu’elle se poursuive encore, pour éviter d’accroître la misère de ce monde-là"

C'est faux, car plus vous allez poursuivre la déforestation et plus vous allez accroître la misère du monde.

Il faut plus de 11 kg de végétaux pour fournir 1 kg de viande (rajoutez-en beaucoup si la viande est frite à l'huile de palme...) d'une part et d'autre part, l'être humain peut complètement se passer de consommer de la viande, à condition de trouver ailleurs de la vitamine B12 (qui de nos jours est pour la majorité des élevages industriels, supplémentée car il n'y en a pas dans la nourriture végétale qu'on leur donne). Donc il faut augmenter la production de vitamine B12 ou la rendre disponible à la consommation humaine d'une part et réduire la production de viande d'autre part au profit d'une nourriture plus végétale (que l'on récupérera démultipliée au point de pouvoir nourrir facilement plusieurs fois la population humaine planétaire) et vous verrez votre misère disparaître.

Je parlais de la déforestation pour les productions vivrières consommées localement, qui est la cause principale encore de déforestation en Afrique Centrale, même si l'agro-industrie pourrait prendre plus d'ampleur à l'avenir. Et c'est cette déforestation pour les besoins vivriers dont on est bien obligé d'accepter la poursuite à court et moyen terme. Sinon le gens concernés dans les pays n'ont pas de quoi se nourrir (déjà qu'ils ne sont pas dans l'opulence...). Pas de souci pour l'élevage, en zone de forêt en Afrique Centrale on mange surtout de la viande de chasse.

Voir intéressant article du Monde de hier sur l'huile de palme.

Ou on nous dit que les mauvaises qualités nutritionnelles de l'huile de palme ont été mises en avant par des distributeurs par intérêt commercial, pour surfer sur la vague des accusations (reposant sur le constat d'un problème réel) de contribution à la déforestation de certaines productions d'huile de palme...

Un article encyclopédique:

L'huile de palme, extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile (Elaeis guineensis), est l'huile végétale la plus consommée au monde (25 %)1 (42 millions de tonnes sur douze mois en 2008-2009 selon l'USDA). Ingrédient traditionnel des cuisines d'Afrique, d'Amérique du Sud ou d'Asie, elle est désormais surtout utilisée par l'industrie : 80 % dans l'agroalimentaire, 19 % pour les cosmétiques et 1 % pour les agrocarburants1.

Ensuite:

Les dangers de l'huile de palme pour la santé sont de plus en plus évoqués3. Un lien statistique existe entre le taux d'acides gras saturés dans l'alimentation, l'hypercholestérolémie et la surmortalité des Occidentaux par maladie cardio-vasculaire si les proportions idéales entre les différents types d'acides gras ne sont pas respectées dans l'alimentation3,18. La consommation de l'huile de palme peut augmenter le taux de LDL-cholestérol dans le sang et entraîner des risques cardiovasculaires, car elle est riche en acides gras saturés. Pour certains, c'est un danger d'autant plus insidieux que d'une part, les instances de santé ont surtout mis en garde la population contre les gras d'origine animale dans la prévention du cholestérol, et que d'autre part, il n'y a pas à ce stade d'obligation d'affichage (l'huile de palme figurant le plus souvent dans les compositions des aliments sous la discrète mention d'« huile végétale »)19,20,3. De plus, elle est souvent hydrogénée, la rendant plus nocive pour la santé.

On peut aussi lire des choses comme:

En 2010, la marque Casino annonce qu'elle cesse d'inclure cette huile dans ses produits alimentaires, en raison de ses risques pour la santé et de son impact sur l'environnement28. La marque de biscuits et de pâtisseries St-Michel s'est également engagée sur le « zéro huile de palme » dans ses recettes à horizon fin 2010.

Merci de vos "copier-coller" de wikipedia.

Comme vous le sous-entendez vous même (en fin, comme Wikipedia le sous-entend), les acides gras saturés de l'huile de palme ne sont pas bons quand on en abuse au même titre que les acides gras des graises animales. On doit donc avoir les mêmes mesures de prévention et d'information sur l'huile de palme que sur le beurre, le fromage et les graisses de viande, que nous consommons encore en plus grande quantité que l'huile de palme.

La mesure de Casino fait partie de ces décisions essentiellement commerciales que j'évoquais dans mon message précédent. Cela fait de la publicité à Casino et leur permet de vendre plus, ils se soucient peu que la mesure soit appropriée ou exagérée.

Et Casino n'a pas encore réussi tout à fait à respecter son engagement, il reste encore quelque produits Casino contenant de l'huile de palme.

vous avez écrits "les acides gras saturés de l’huile de palme ne sont pas bons quand on en abuse"

Dans l'article encyclopédique il n'est pas question d'abus mais de proportions entre les différents acides gras dans le sang ... quand vous ingérez de l'huile de palme, dès le départ vous rompez cet équilibre car l'huile de palme contient énormément de mauvais acides gras (LDL). Il vaut mieux consommer d'autres huiles contenant plus de bon cholesterol (HDL) et peu de mauvais, ou des huiles neutres comme l'huile d’olive.

Il est bien aussi question de surmortalité avérée chez les occidentaux due en partie à l'huile de palme.
Et cela nous renvois d'ailleurs au problème "mondial" de l'huile de palme qui se retrouve partout dans les produits industriels alimentaires au point que les gens sont littéralement piégés dès qu'ils achètent une produit manufacturé.

Quand à Casino je pense vraiment qu'ils veulent éliminer l'huile de palme dans un soucis de santé plutôt que de publicité. Après si sauver des vie leur apporte une certaine publicité c'est une chose légitime et c'est bien. Ce sera d'ailleurs une publicité positive basée sur la vérité et que l'on ne peut qu'encourager.

Il n'en reste pas moins que, pour l'heure, les graisses animales, beurres, fromages sont bien plus dommageables à la santé publique en France, et on n'en fait pas autant de battage qu'autour de l'huile de palme. Pourquoi?

L'article du monde que j'ai cité l'autre jour nous explique bien que cette nocivité a été exagérée purement par opportunisme commercial. Pourquoi casino, qui se prétend si vertueux, vend-il de l'alcool? C'est meilleur pour la santé?

http://forets.greenpeace.fr/cameroun-herakles-farms-detruit-la-foret-et-les-habitants?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_term=foret&utm_campaign=GPFnewsletter23112012%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B%2B

Autant l'HOMME est capable de faire des choses extraordianires de beauté, autant j'ai honte d'être ce que je suis quand je lis tous ces témoignages que les différentes associations mettent en lumière.
Et c'est encore l'Afrique qui en prend plein la tête...

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