Visite présidentielle au Gabon : Nicolas Sarkozy en VRP de l’exploitation des forêts tropicales
Paris, le 24 février 2010 – Le président Nicolas Sarkozy se rend aujourd’hui au Gabon où il doit notamment visiter une usine du groupe forestier français Rougier. Cela fait suite à la décision du pouvoir gabonais d’interdire l’exportation de grumes (bois brut non transformé) du pays. Les groupes forestiers espèrent sans doute que le Président français obtiendra l’assouplissement de cette mesure. Mais on peut aussi y voir un geste politique et symbolique.
« Cette visite trahit la vision qu’a Nicolas Sarkozy des forêts tropicales et la manière dont il entend les protéger, affichant le soutien unilatéral de la France aux industriels du bois. Le Président français semble encore considérer les forêts comme une simple matière première » explique Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts.
Les forêts tropicales : une matière première ou un patrimoine inestimable ?
En juillet 2007, au Gabon déjà , le Président français, avait qualifié les forêts tropicales du bassin du Congo de « matière première exceptionnelle ».
Dans les mois précédant le Sommet de Copenhague, le Président français s’est affiché en ardent protecteur des forêts tropicales. Pourtant, la France continue de promouvoir la destruction des forêts en soutenant financièrement les industriels du bois dans le bassin du Congo ou en contribuant à l’extension des plantations d’huiles de palmes en Indonésie, en subventionnant le développement des agrocarburants.
Quelques jours avant la clôture du sommet de Copenhague, Nicolas Sarkozy recevait à Paris plusieurs chefs d’Etat africains pour évoquer cette question. Il déclarait alors : « La façon la plus efficace et la plus économe de limiter les émissions de carbone, c’est de lutter contre la déforestation… Mais ces pays ne peuvent pas seuls entretenir une forêt qui est patrimoine de l’humanité. »
Exploiter ou protéger les forêts ? Le Président français semble vouloir faire le grand écart entre ces deux objectifs souvent inconciliables en promouvant le concept peu convaincant d’« exploitation industrielle et gestion durable des forêts » lié au modèle des concessions à grande échelle, qui est la norme dans le bassin du Congo.
A qui profite l’exploitation des concessions forestières du bassin du Congo ?
« Le modèle des concessions forestières que soutient la France ne profite ni à la biodiversité exceptionnelle de cette région, ni aux populations locales, ni au climat » explique Grégoire Lejonc.
Le bassin du Congo est le deuxième massif de forêts tropicales après l’Amazonie. Sur 150 millions d’hectares de forêts denses, 39 millions sont sous concessions forestières. Pourtant, les rentrées fiscales des cinq pays concernés ne s’élevaient qu’à … 119 millions d’euros, soit environ 3 euros par hectares en 2007.
« Pour chaque mètre cube de bois, qui vaut plusieurs centaines d’euros, quelle somme revient au développement rural local ? » s’interroge Grégoire Lejonc. « Le Président se pose t-il cette question avant de subventionner les industriels au nom du développement ? ».
http://www.romandie.com/ats/news/100223203910.6at6b4af.asp
Gabon: le président Sarkozy n’est pas “le bienvenu”
LIBREVILLE – Deux des plus célèbres membres de la société civile gabonaise, Marc Ona, lauréat du Prix Goldman 2009, ainsi que Grégory Mintsa, estiment dans une lettre ouverte mardi à la veille de l’arrivée au Gabon du président français que Nicolas Sarkozy n’est pas “le bienvenu”.
“M. le Président (…) votre ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, votre secrétaire aux colonies Alain Joyandet et votre ami Robert Bourgi sont désormais indésirables au Gabon et vous n’êtes pas le bienvenu” écrivent les deux membres de la société civile dans une lettre remise à l’AFP par Marc Ona.
Marc Ona Essangui, principal porte-parole de la société civile, est le coordinateur de Publiez ce que vous payez (PCQVP), Brainforest et Environnement Gabon alors que Gregory Ngbwa Mintsa est partie civile dans la plainte “Bien mal acquis” contre les chefs d’Etats africains accusés d’avoir détourné de l’argent public.
“Il nous est difficile de comprendre que vous perpétuiez les mêmes relations France-Gabon depuis que Bouët-Willaumez (fondateur du comptoir de Libreville) s’est emparé de nos terres et de nos richesses contre des bibelots”, écrivent les auteurs.
“Comme vos prédécesseurs vous continuez à maintenir à la tête de notre pays des traîtres à la Nation dont aucun Gabonais sincère ne veut plus depuis des décennies. Nous comprenons, que pour vous, les intérêts de vos amis de la bourgeoisie d’affaires française sont autrement supérieurs à la vie et au destin du peuple gabonais”, estiment MM Ona et Mintsa.
“C’est pourquoi dans le sillage de tous vos déplacements vous emportez toujours la vermine, VRP d’Areva, de Bolloré, de Total et autres esclavagistes infâmes appuyés par la gouaille de Bernard Kouchner”, poursuivent-ils.
“Vous fermez les yeux sur ces crimes économiques (…) En privilégiant l’intérêt des milieux affairistes par rapport à la vie des Gabonais, la Françafrique est coupable de crime contre l’humanité (…) La célébration du cinquantenaire que vos factotums s’apprètent à célébrer est pour nous un moment de deuil”.
Dans un mémorandum, le collectif des organisations libres de la Société civile, qui rassemble les principales ONG gabonaises, demande la “la révision intégrale des accords et traités régissant les relations franço-gabonaises (…) la réparation totale par les groupes Areva, Total, Rougier (bois), Comilog (Eramet) et autres de tous les types de dommages causés aux populations et à l’environnement dans les zones d’extraction (…) et l’arrêt de l’ingérence française dans le choix des dirigeants gabonais”.
De son côté, l’ONG Croissance saine environnement juge “souhaitable de renégocier les contrats pétroliers, miniers et forestiers signés à une époque révolue”.
(©AFP / 23 février 2010 21h39)
Merci Jérémie pour cette article… ça démontre bien que derrière les poignées de main “officielles” diffusées avec complaisance par nos jolis médias occidentaux se cache une réalité bien moins clinquante…
Je m’occupe des certifications des forêts du gabon pour un grand groupe, et bien que je ne sois pas un supporter de Sarkozi, je pense que beaucoup font fausse route en parlant des exploitations forestières Francaise, presque toutes sont certifiées au moins pour la légalité des bois, et il suffit de visiter ces forêts et de discuter avec les salariés et les familles vivant dans ces concessions pour voir que le niveau de vie de ces personnes est nettement supérieur a la moyenne de la population Gabonaise.
Pourquoi ne parlez vous pas plutot des sociétés asiatiques qui elles détruisent la forêt et ne respectent pas la législation.
aujourdh’ui la majorité des exploitants forestiers Francais soutiennent la décision du président Bongo, la demande des exploitants est simplement sur des mesures d’accompagnement, pour la transition.
Aujourdh’ui ces exploitants forestiers font vivre un nombre important de personnes au gabon et participent financièrement a la vie des villageaois qui sont dans ces concessions.
La fermeture de ces exploitations en situation régulière serait un désastre pour beaucoup de Gabonais.
Si des personnes veulent avoir des précisions ou des éléments qui appuie mes propos je peux leur donner mon adresse Email
A qui profite l’exploitation des concessions forestières du bassin du Congo ?
« Le modèle des concessions forestières que soutient la France ne profite ni à la biodiversité exceptionnelle de cette région, ni aux populations locales, ni au climat » explique Grégoire Lejonc.
Le bassin du Congo est le deuxième massif de forêts tropicales après l’Amazonie. Sur 150 millions d’hectares de forêts denses, 39 millions sont sous concessions forestières. Pourtant, les rentrées fiscales des cinq pays concernés ne s’élevaient qu’à … 119 millions d’euros, soit environ 3 euros par hectares en 2007.
« Pour chaque mètre cube de bois, qui vaut plusieurs centaines d’euros, quelle somme revient au développement rural local ? » s’interroge Grégoire Lejonc. « Le Président se pose t-il cette question avant de subventionner les industriels au nom du développement ? ».
Réponse a Mr Lejonc
Je ne connais pas Mr Lejonc mais s’il veut visiter une exploitation forestière en activité pour avoir des éléments c’est très faciles cela lui évitera de dire des énormités de la sorte.
de plus sur les concessions ce sont presque uniquement des sociétés européennes qui sont sous CFAD.
il faudra aussi qu’il se renseigne sur les taxes payées par les exploitants et sur le paiement des aides au développement des villages conformément a l’article 251 du code forestier.
bonjour à tous ,
à germain:
hélas la réponse de beaucoup de sociétés françaises est ” si nous n’étions pas là ce serait pire, les autres ( souvent asiatiques ou américains) sont plus méchants, …”
n’empêche que la déforestation continue.
je ne dis pas que c’est simple mais il faut bien chercher des solutions pour arrèter la déforestation.
à plus
il faut également se souvenir que les certifications type PEFC, c’est du bidon! On ne peut pas se baser la dessus pour assurer une bonne gestion des forêts africaines, il faut trouver d’autre solutions, qui je pense passe par la formation de forestier locaux par des forestier français (ou autre suivant le pays pris en considération)
Bonjour Pierre
Au gabon les sociétés sous CFAD sont soumises au controle des services des eaux et forêts et ce n’est pas du tout de la déforestion, surtout pour les entreprises certifiées FSC il faut savoir que les arbres coupés sont inventoriés et une tracabilité complète de la souche au produit fini est assurée, je ne veux pas particulièrement défendre les sociétés Francaises, mais je ne veux pas laisser croire que l’exploitation forestière bien gérée est synonyme de déforestation, beaucoups d’ONG maintenant sont de cet avis (je parle bien sur des exploitations actuelles je ne parle pas des pratiques vingt ans en arrière)
Bonjour Bernard
Le PEFC est peut être bidon, mais le PEFC n’est pas présent au Gabon.
C’est le FSC au Gabon et la je peux vous assurer pour passer régulièrement des audits que ce n’est pas du bidon, un audit dure en moyenne une semaine sur le terrain, dans les villages, dans les ministères pour contrôler le paiement des taxes etc.
Je suis par contre d’accord qu’il faut probablement changer certaines choses et nottament développer des partenariats avec les ONG et ca beaucoup d’exploitants sont favorable a cela, mais les structures en place d’ONG ne sont pas réellement structurées et efficaces pour apporter un vrai partenariat.
Ayant vécu au Gabon quelques années, je confirme le post de Jérémie.
Ce que disent Marc Ona et Grégory Mintsa est la triste vérité.
La françafrique ne sert que les intérêts des puissants groupes français.
Nicolas Sarkozy continue comme ses prédécesseurs à promouvoir le pillage et la destruction de l’environnement au détriment de la société gabonaise.
Germain,
Merci pour ces commentaires.
Nous ne parlons pas ici que de l’exemple spécifique du Gabon, mais bien de l’ensemble des forêts du bassin du Congo.
Nous interpellons effectivement la France de Nicolas Sarkozy sur le bien fondé des subventions au profit de l’industrie forestière et de son soutien politique inconditionnel au modèle des concessions forestières à très grande échelle dans les forêts naturelles du bassin du Congo. Nous interpellons Nicolas Sarkozy alors qu’il se présente au niveau international comme « le sauveur des forêts » dans le contexte des négociations sur le climat et de la lutte contre la déforestation.
Nous ne pensons effectivement pas que la promotion de l’exploitation industrielle des forêts naturelles va permettre de protéger les forêts (c’est un vecteur majeur de la dégradation forestière).
Nous souhaitons vivement que le Président s’engage fortement pour la protection des forêts (ce qui est contradictoire avec leur exploitation massive).
Je réitère la question à laquelle vous ne répondez pas : « en moyenne, pour un mètre cube de bois exporté depuis les différents pays du bassin du Congo, quelle est la part des charges, des différentes taxes, des salaires, des différents bénéfices, etc. ? ». Pour votre information, je suis allé personnellement et à différentes reprises sur le terrain au Cameroun, en RDC et au Congo Brazza. Je suis forestier et je connais bien les systèmes de certifications. C’est pourquoi cette question est très pertinente de mon point de vue. Nous pouvons en discuter ensemble plus en détail (mais je ne sais pas pour quelle grande entreprise vous travaillez !).
Si c’est très facile de réunir ces éléments, merci de nous les faire parvenir. Je vous remercie par avance de détailler vos résultats par pays. Ensuite, s’il est possible d’étendre cette étude à la chaîne de production jusqu’au consommateur final, ce serait parfait. En clair, si vous pouvez nous dire en toute transparence combien d’euros reviennent au niveau local quand nous achetons dans nos magasins un parquet en Wengé, une plinthe en Ayous ou bien un contreplaqué en Okoumé, nous serions ravis.
En RDC, ou nous avons notre bureau et le plus d’expertise, il est clair que pour des grumes qui valent au minimum de 200 à 600 euros par mètre cube non transformées, moins de quelques euros par mètre cube reviennent au niveau local. A ma connaissance, la somme des charges (production, transport, taxes) qui pèse sur la production légale de ces grumes n’excède jamais 80 euros par mètre cube (en étant très très large).
119 millions d’euros de recettes fiscales pour les Etats alors que 39 millions d’hectares de forêts sont sous concessions, voici les sources très officielles : http://www.observatoire-comifac.net/docs/edf2008/FR/Etat-des-forets_2008-01.pdf
Et effectivement, cela représente très peu au regard de la valeur du bois exporté !
Par ailleurs, si les différentes taxes payées par les forestiers ne reviennent pas au niveau local, il est clair que c’est de la responsabilité des Etats, pas nécessairement des entreprises. Si le modèle des concessions est défaillant et ne permet justement pas un développement rural et équitable, c’est très largement de la responsabilité des Etats.
Pour mémoire, même des sociétés certifiées FSC européennes font de l’évasion fiscale.
Pour mémoire, le modèle des concessions n’est pas un facteur de développement.
Le pillage des forêts du Congo est la norme en RDC.
Le bois illégal arrive toujours en France et en Europe.
Cf. les différents rapports dans la rubrique document de notre site.
La France souhaite dupliquer le modèle des concessions forestières à grande échelle tel qu’il existe au Gabon, Cameroun ou Congo Brazza en RDC. Et ceci, indépendamment des réalités écologiques (site de méga-biodiversité) ou sociales (des gens, qui ne souhaitent pas nécessairement que les exploitants arrivent, habitent dans les forêts). Des concessions, parfois de plus d’1 million d’hectares, sont attribuées sans qu’un plan d’utilisation des sols impliquant les populations et prenant en compte la richesse biologique des écosystèmes ne soit défini au préalable. Nous arrivons à un zonage « de facto » des forêts ou les exploitants forestiers maitrisent le foncier et possèdent le bois (cf. carte page 11 du rapport Le pillage des forêts du Congo).
Pour cela, la France, via l’AFD notamment, subventionne les principaux industriels du bois depuis des années et envisage de le faire en RDC (Groupe Danzer et NST) pour les aider à aller vers la « gestion durable ». Un problème est : qui définit le « durable » ? Avec quels critères ? Dans quelles forêts l’exploitation industrielle est elle pertinente ?
C’est bien entendu être durable d’un point de vue social, environnemental et économique. De fait, un modèle d’exploitation durable basé notamment sur des subventions publiques peut il être économiquement durable ? Un modèle basé sur l’exploitation des forêts primaires peut-il être écologiquement durable sur plusieurs années, décennies, siècles ? Durable ne signifie malheureusement pas équitable. Par ailleurs, quelle est la crédibilité du système FSC si la société civile ne peut pas s’exprimer librement et en toute indépendance ? Vous êtes sans doute au courant que Greenpeace s’est impliqué fortement dans l’élaboration des standards régionaux FSC du bassin du Congo. Ces standards n’existent toujours pas aujourd’hui. Nous avons (et continuons) très largement de critiquer le processus en cours d’élaboration des standards qui ne respecte pas les règles de fonctionnement du FSC.
L’exploitation industrielle des forêts naturelles est présentée par la France (AFD, etc…) comme le meilleur moyen de protéger la biodiversité et développer les pays. Greenpeace conteste fortement ce dogme. En effet, nous pensons que la France devrait promouvoir des alternatives aux usages destructifs des forêts et mettre la force de son réseau diplomatique et de son pouvoir financier au service des populations locales.
Depuis 50 ans, voir un siècle, des millions de mètres cube de bois sont exportés et il suffit effectivement de se rendre sur le terrain pour se rendre compte que des décennies d’exploitations forestières industrielles n’ont pas permis de réduire la pauvreté des populations et encore moins de protéger la biodiversité. A l’inverse, il est clair que les exploitants forestiers ne sont pas responsables de tous les problèmes rencontrés sur le terrain.
Les chinois ? La majorité des exploitants forestiers du bassin du Congo sont européens. Ce sont majoritairement des entreprises françaises et européennes qui orchestrent depuis des décennies le pillage des forêts du Congo avec l’aval de nombreux Etats, dont la France. Il est clair que l’arrivée d’entreprises chinoises peu scrupuleuses ne va pas arranger les choses. Le fait qu’ils soient « pires » que certaines sociétés européennes ne justifie pas de les subventionner pour autant.
Fermer les entreprises ? Nous ne demandons pas à la France de soutenir la fermeture des exploitations forestières, nous demandons à la France d’arrêter de subventionner les forestiers sous prétexte de protéger la biodiversité, ce qui est très différent.
Si la France doit « aider » la filière bois, c’est plutôt en permettant à la société civile de s’exprimer, de dénoncer les abus sociaux et environnementaux des entreprises (chinoises comme européennes), de dénoncer les abus des Etats et de faire valoir leurs droits que la France peut aider à la mise en place d’une saine gouvernance.
Je vous renvoie donc au commentaire de Jérémie.
Mr Lejonc
j’ai mis un commentaire parce que le titre de l’article est “visite présidentielle au Gabon”, et non pas bassin du congo.
Je suis interessé par cette discussion, car j’ai un avis différent du votre sur beaucoup de points, mais je pense avec le même but, je vais réunir les différents éléments chiffrés et je répondrai sur ce forum, afin de défendre mes propos.
bonjour,
débat intéressant en perspective.
Je pense si j’ai bien compris, par contre que la communication de Greenpeace prenait le prétexte de la visite très forte de symbole du Président Sarkozy dans une usine Rougier.
Il aurait pu aussi aller visiter un parc naturel, une zone protégée ? ? ?
Le titre en général, est une manière de situer le contexte d’un article…donc la visite présidentielle au Gabon. Après le contenu de l’article ne parle du Gabon à proprement dit -que 3 lignes- mais bien de la logique, la dynamique soutenue par le président.
Peut-être qu’au Gabon, comme vous le dites Germain, pays où la démocratie et les droits de l’homme sont rois, tout se passe à merveille dans les zones sous concessions forestières que vous semblez bien connaitre.
Mais dans l’ensemble du bassin du Congo, il semble que ce ne soit pas le cas partout, dans des pays où la gouvernance est défaillante par exemple…
Bonjour a tous. Pour commencer,je vais vous remercier pour ce que vous avez écrit, car je ne suis pas vraiment renseigné, et mes connaissances sur le sujet sont extrêmement réduites. J’ai beaucoup appris grâce a ces quelques ligne précédentes.
N’étant pas très renseigné, je me permet de vous poser une question simple : si l’exploitation (destruction) forestière est autant développée, que cela soit dans le bassin du congo, en amazonie, ou dans toutes les régions très riches en “matières premières”, c’est parceque la demande en matériaux est proportionnelle. Les exploitants n’auraient aucun avantage a bioptier la planète de son poumon dans un but non-économique! N’y a-t-il pas un moyen de freiner cette demande? Bien sur il est impensable que la bourgeoisie mondiale se contente d’acheter des meubles et des matériaux de construction en contreplaqué, alors que penser de tout cela?
Pour vous indiquer un peu qui je suis, je travaille dans l’aide a domicile (donc rien a voir avec le marché du bois), et j’ai pour grande passion les reptiles, quels qu’ils soient, et originaires de toutes les régions du monde. Comme tout le monde le sait, les riches forêts équatoriales sont peuplées d’un écosystème extraordinaire, du microscopique, au géant. Insectes, volatiles, reptiles, mammifères (…) sont vraiment en danger.
Alors si l’Homme finit par se décider à protéger la nature, est-ce vraiment sur les gouvernements qu’il faut se tourner? Tout le monde sait que toute réglementation internationnale peut se transgresser par certains pays sans être inquiétés! Je ne citerais pas la Chine, pays qui me répugne clairement! Ce pays dont la politique de croissance dépasse de loin le respect de l’être humain et des droits de l’homme, comment voulez-vous qui aient une base de respect pour la nature?
Je sais que je me suis éloigné du sujet, mais j’ai trouvé sur cette page des interlocuteurs cultivés et possédant, je pense, les connaissances suffisantes pour apporter des éléments au débat.
A très bientôt
Vincent
Bonjour,
Pour répondre succinctement à votre question, je pense que l’argument de la “demande” qui crée l’industrie, l’exploitation des forêts ou de tout autre ressource… est une arnaque intellectuelle inventée par les industriels de tous poils pour culpabiliser le consommateur…
La demande en bois tropical a été créée, organisée, tout comme la société de consommation crée beaucoup d’autres besoins.
Cette industrie est devenue ensuite florissante, avec des marges énormes réalisée sur le dos des pays forestiers (pour les raisons évoquées plus haut), le tout basé sur des prix les plus bas possibles et basées sur un dumping environnemental et social…
Se tourner vers les consommateurs est une chose, pourquoi pas, mais il faut surtout s’adresser à ceux qui subventionnent, cautionnent ce type d’activités, ceux qui règlementent ou peuvent règlementer… sinon, si on compte sur un mouvement spontané de l’opinion publique, des consommateurs, du jour au lendemain, on peut rêver…
Merci pour votre réponse Syl. Effectivement, il est inutile de rêver, l’ensemble des populations qui font la demande de ces produits ne va pas changer d’avis du jour au lendemain. Cela dit, il existe peut-être une solution, en soutient des réglementations existantes, qui serait purement et simplement de limiter en tonnage l’importation de ces matières premières. Si les consommateur se voient limités en fournitures étrangères, ils se tourneront vers notre bois local… dans l’idéal… Le grand problème qui va se rencontrer dans les années a venir, c’est que les constructions de maisons en bois vont se développer de plus en plus, et que la demande ne cessera de croître.
Pour ceux qui ont regardé l’émission Envoyé Spécial hier soir, j’aimerais avoir vos avis sur ce que nous avons vu. Je suis peut-être naïf, mais j’ai quand même du mal a croire que l’état Français laisse ses plus grandes enseignes commerciales vendre des marchandises dont l’origine n’est pas déterminable. Quand je vois ce genre d’émissions, je ne peux pas m’empêcher de penser que toutes les mesures que la plupart des grands pays puisse prendre, ne servira à rien. La corruption des pays exportateurs de bois (et de toutes les ressources que l’homme soustrait a la nature), ne cessera pas demain hélas.
Alors pour conclure, si les règlementations ne font pas avancer les choses et si les gouvernements puissants prennent bien leur temps pour parlementer, négocier, faire faire des promesses qui ne seront pas tenues, au risque de choquer tout le monde, je pense qu’il faut que ces exploitants frauduleux soient traités avec autant de respect qu’ils en ont pour la nature, à savoir par les armes! Cela suffit le “politiquement correcte”! Si nous laissons la diplomatie internationale faire son “travail”, aucune mesure sérieuse et réellement efficace ne pourra être prise a temps, et une fois de plus nous pourrons pleurer sur nos erreurs du passé.
Les politiques parlent , promettent alors que les ONG agissent . Déja que l’élection d’Ali Bongo plus que douteuse qui n’est rien d’autre que le fils à papa veut tout dire sur sur l’égalité dans ce pays .
Le problème est a deux niveaux:
1)l’amalgame qui est fait entre les exploitants respectueux et les autres, pendant de nombreuses années les ONG ont condamné en bloc les exploitations de bois exotique, sous toute les formes, alors que depuis vingt ans les exploitants réguliers font de gros efforts, concernant les pratiques d’abattages et les populations locales, par contre d’autres continuent a saccager en toute impunité, souvent avec le soutien de certains états corrompus.
Il faudrai comme sont en train de faire le WWF et le WCS être présents sur le terrain et passer des partenariats avec les exploitants qui ont des bonnes pratiques, et qui sont pour la plupart, prêt a collaborer avec les ONG.
Bien sur pour les autres il faut absolument trouver des solutions répressives autrement rien ne les arrêtera( je parle principalement des sociétés asiatiques qui pour la plupart ont des pratiques honteuses)
Je ne veux pas défendre a tout prix les entreprises Francaises, mais je travaille actuellement dans une entreprise Francaise reprise depuis un certain temps et je peux vous assurer que ca n’a absolument rien a voir.
2) la désinformation typiquement Francaise de ce qui se passe dans les autres pays du monde, a part sur des chaines comme France 24, que peu de personnes écoutent, les informations tournent souvent autour des potains électoraux qui n’ont aucune importance en regard des problèmes qui touchent le monde actuellement.
Si de bons reportages étaient faits par des journalistes spécialisés, les acheteurs de produits auraient les éléments leur permettant de choisir et de boycotter les produits des coupeurs de bois (il suffit de prendre l’exemple des pays bas qui oblige les entreprises a avoir 70% de bois certifiés dans leurs productions).
Pour que les choses changent, il faut automatiquement qu’il y ait des partenariats, si les différents intervenants se bloquent sur leur positions, rien n’avancera, et on aura beau crier au loup, ce sera les mauvaises pratiques qui auront le dessus, surtout avec les entreprises chinoises qui sont de plus en plus présentent en Afrique
Les ONG agissent : oui, mais ils ne peuvent pas non plus tout faire, sinon je crois que beaucoup de problèmes seraient déjà réglés. Il existe l’ONU (casques bleus), pourquoi ne pas créer une armée de casques verts (vert clair
)?
Pourquoi parler de ce genre de “personne”, cela fait longtemps que les “anciens” partis français saignent l’Afrique de ses richesses aux dépends des populations et de l’environnement et pour le profit d’une poignée de dictateurs et d’entreprises françaises.
Tant que les mêmes “politiques” seront aux pouvoirs en France rien ne changera !
Bonjour a toi Bazeli. Je suis tout a fait d’accord avec toi pour dire et dénoncer que la France saigne l’Afrique de ses richesses, mais il faut rester honnête, la France est très loin d’être le seul pays coupable, et l’Afrique n’est malheureusement pas le seul continent a être touché, bien au contraire! Donc à elle seule, la politique Française ne fera hélas pas beaucoup avancer les choses. Et comme cela a été précisé plus haut, le problème de la surexploitation forestière ne date pas d’hier, et plus la marge est élevée, plus l’exploitant y gagne, et plus l’état taxe cette marge, sans enrichir les populations locales… Ahhhhhh… si seulement les exploitants avaient un coeur et un minimum de moralité…
Si le problème est traité par les politiques mondiales avec autant de rapidité que pour le thon rouge, il y a fort a parier que la vie sur terre s’éteindra bien trop précocément…. mais ils s’en foutent royalement, il faut s’enrichir, s’enrichir, s’enrichir… sans penser aux conséquences…
Bonjour,
J ai beaucoup aimé certaines discussions ci-dessus, tres enrichissantes il est vrai. Je pense que certains points de vue de Germain, de Syl, et de Gregoire Lejonc peuvent se retrouver, mais il serait interessant de developper plus en avant les opinions tout a fait contradictoires sur les memes sujets.
Restons un peu sur le Gabon, car généraliser sur l ensemble du Bassin du Congo est chose tres difficile et qui nécessiterait plusieurs pages nationales avant une synthèse géographique.
La question que j aimerais voir chiffrée est la répartition des richesses tirées de l’exploitation forestière : si une grume de sapelli ou d ayous est vendue entre 300 et 400Euros a son acheteur (scierie) au port de La Rochelle ou de Sète, je voudrais connaitre les différents couts de ce m3 tout au long de la chaine de production. Je voudrais aussi savoir les valeurs (des taxes diverses) redistribuées aux populations locales (vivant dans et près de la concession forestière), aux autorités régionales (entretien des ponts, routes, écoles,…), et aux autorités nationales. Je voudrais savoir combien d’argent pour chaque metre-cube est percu par les différents operateurs (camions-grumiers, parc de stockage au port, manutentionnaires aux ports, navire transporteur). Bref, je voudrais savoir si la repartition des richesses est socialement juste (équitable et durable !), car il s agit quand meme de ressources naturelles appartenant a l ensemble de la communauté gabonaise, et surtout aux hommes et aux femmes vivant pres des et dans les concessions forestières.
Enfin, je voudrais savoir cela pour les différentes compagnies forestières, pas seulement les francaises comme Rougier ou la CBG (Chanzy-Bois) mais aussi les asiatiques comme Bordamur et Rimbunan Hijau, et plus précisément toutes les compagnies qui ont obtenu au moins 100’000 hectares en concession forestière CFAD.
Le Groupe Rougier, dans son bilan de Résultats annuels 2006, déclare avoir produit 630’000 m3 de grumes africaines en 2006, à partir de 2,0 millions d’hectares de concessions forestières en Afrique. Le chiffre d’affaires de Rougier était alors de 161 millions d’Euros, pour 2800 salariés, et le cours de l’action « Rougier » avait alors fait un bond de 210% entre 2004 (5,65Euros) et 2006 (17,53Euros). Les dividendes versées aux actionnaires elles avaient progressé de 53%. Bien, tres bien, mais qu’en est-il des contributions de Rougier aux communautés gabonaises, camerounaises, et congolaises ou cette belle entreprise exploite des concessions forestières ? Voila les chiffres que je n arrive pas a trouver et que j’aimerais voir détailler ici ou ailleurs.
Pour pouvoir ensuite discuter justice sociale et économique, sans par ailleurs préjuger de la nature meme des exploitations forestières.
bonsoir Francois
beaucoup de ces questions sont très pertinentes, et je vais essayer de répondre a celles dont j’ai les réponses.
Je reste aussi sur le Gabon car c’est le pays que je connais le mieux.
tout d abord, dans les exploitations forestières du Gabon, il y a deux types de bois exploités: les bois de déroulage(okoume, igaganga) qui servent a la fabrication des panneaux de contreplaqué, et les bois divers qui servent en menuiserie, ameublement, nautique etc.
La répartition moyenne est 40% d’okoume pour 60% de bois divers.
L’okoume est vendu environ 180 euro du M3, et les bois divers de 200 Ã 400 euro du M3.
je n’ai pas encore la répartition des diverses taxes “officielles” payées par M3.
Le problème de la répartition des richesses au Gabon est effectivement un problème, car les différentes taxes ne sont pas automatiquement réparties équitablement dans les provinces.
Il faut par exemple savoir que ce sont souvent les exploitants forestiers qui entretiennent les routes, qui fournissent le gas oil pour les groupes électrogènes, etc
La plupart des villes n’ont pas l’électricité.
Ce sont ces problèmes qui ont été reprochés a l’ancien président Bongo, le fils a pris apparemment des mesures pour réduire ces irrégularités, et la corruption.
Pour Rougier, ils ont effectivement réalisé des bénéfices énormes a une époque mais sont maintenant en difficulté depuis plusieurs années(il suffit de voir les résultats sur leur site internet, ils ont obligation de les publier.
Il faut faire attention par contre aux déclarations officielles sur les surfaces car certains exploitants asiatiques exploitent des petits permis forestiers sous d’autres noms et ne font pas de plan d’aménagement alors qu’ils exploitent des surfaces importantes(souvent sans payer de taxes) je ne parle pas de bordamur, mais d’autres comme Honest Timber par exemple.
Pour les villageois vivant dans les concessions forestières, les salariés sont souvent issus de ces villages, et sont logés avec leur famille dans des camps forestiers ou ils ont accès aux soins, aux écoles, et ont un accès aux produits de premières nécessite a des prix négociés.
Pour exemple une exploitation forestière de 600 000 hectares emploie 250 salariés, loge 1000 personnes et participe financièrement a la vie des villages qui sont situés sur l’exploitation.(souvent sous forme d’aide a la construction de maisons).
Les enfants viennent dans les écoles des camps, et ce sont les exploitants qui transportent les familles dans les villes car les villageois n’ont pas de moyens de locomotion.
contrairement aux idées reçues les personnes vivant dans les concessions ont un niveau de vie bien supérieur au niveau de vie moyen des gabonais
bonjour Germain – merci pour tes reponses et explications. Fort interessant, c est exactement le genre d infos dont nous avons besoin pour mieux nous faire une idée de la réalité.
J aimerais bien en savoir plus sur les compagnies asiatiques (chinoises et malaises) qui en fait exploitent chez des “petits” concessionaires gabonais. Est-ce que tu as des sites internet a conseiller pour trouver ce genre de renseignement ?
bonjour Francois
Merci d’avoir apprécié mes commentaires.
Pour la répartition des permis, il n’y a pas a ma connaissance de sites internet qui représentent la répartition des permis, pour l’année 2009 ou 2010, il existe bien sur au Gabon des cartes de la répartition des permis mais elles sont en format papier.
Je met 3 liens
le premier c’est une société de conseil formation et études sur l’exploitation forestière au Gabon, ces personnes sont très compétentes et peuvent donner des info
Le deuxième c’est une étude sur les systèmes cartographiques et les petits permis forestiers par un ingénieur eaux et forêts
Le troisième c’est le code forestier gabonais qui date de 2001(les entreprises sous CFAD et certifiées sont obligées de respecter ce code forestier, et vous pourrez constater qu’il est contraignant.
http://www.terea.org/myhome.html#
http://www.memoireonline.com/12/08/1758/m_ANALYSE-COMPARATIVE-ENTRE-SUPERFICIES-OFFICIELLES-ET-SIG-DES-PERMIS-FORESTIERS-Cas-des-Petits-Permi3.html
http://www.riddac.org/document/pdf/gb-codeforestier.pdf
Germain: “Pour exemple une exploitation forestière de 600 000 hectares “. Je ne connais pas de concession forestiere de 600’000 hectares au Gabon. Les plus grandes que je connais font 200’000 hectares: la SFI, la SFZ et LAFICO (deux fois 200’000 ha) dans l’ Ogooué-Ivendo, POG dans le Moyen-Ogooué.
Quelle est cette compagnie qui a 600’000 ha ?
Francois
il y a Leroy Gabon, CEB, Cora wood dans ces superficies
lien vers site internet
http://www.wri.org/publication/interactive-forestry-atlas-gabon
merci, Germain, j ai trouve les bonnes reponses sur le Tableau 6 (page 29) de l Atlas Forestier Interactif du Gabon (2009), dont je conseille la lecture a tout un chacun interessé par l exploitation forestiere au Gabon.
Un tel ouvrage pour la RDC serait vraiment apprécie: qqun connait ?
Mardi 9 mars à 19h30 : Conférence-débat : «Déforestation, loi européenne, forêt pour climat» organisée par Greenpeace
Sur la Péniche Antipodes 55, Quai de Seine (19e); métro : Riquet, ou Stalingrad ou Jaurès
Infos : http://www.greenpeace.org/france
Bonjour à tous, déjà .
Excusez-moi de spammer les articles, mais ça me semble important.
C’est vrai que les dirigeants et les industriels de tout poil font leur beurre sur le dos du consommateur qui, en effet, n’a pas toujours le temps de penser, puisque dettes, chômage, éducation (difficile) des enfants, etc. Bon, on n’est pas là pour donner des excuses aux gens, mais il faut tout de même prendre toutes les données en compte, non?
C’est vrai aussi que de nombreux groupes activistes se démènent un peu partout sur la planète, ce qui est déjà ça, mais qui ont un impact, on le regrette, trop faible, comparés aux pouvoirs de multinationales comme, pour ne citer qu’elle, Monsanto.
A ce sujet, pour tout ceux qui ne les ont pas encore vus, je conseille on ne peut plus vivement les documentaires “Le monde selon Monsanto” et The Corporation” (en ligne sur YouTube ou Dailymotion).
On voit que des fermiers indiens et mexicains commencent à se soulever sérieusement contre les OGM, parce qu’ils sont quand même obligés d’utiliser des pesticides et que ça les ruine totalement, pour les indiens, et parce que le maïs mexicain est contaminé par les OGM (naissance de maïs “monstrueux”, à trois “têtes”, par exemple), alors que le Mexique a toujours préservé son maïs de toute hybridation OGM. On voit aussi qu’un peuple a fini par se révolter lorsqu’on a tenté de privatiser l’eau de pluie, en interdisant au peuple de la recueillir. A force de manifester sans relâche, ils ont fini par avoir gain de cause.
Je pense que tous les groupes activistes du monde doivent se donner le mot, qu’on se mettent tous sur le même diapason, pour organiser de géantes manifestations d’ampleur mondiale. Je suis en train d’essayer de voir avec le Venus Project et Zeitgeist, ce serait bien si tous les adhérents Greenpeace se donnait également le mot. Que l’idée commence à fermenter dans nos esprits; et que nous parlions tous à toutes nos connaissances susceptibles d’être interpelées par ce concept. Imaginez, sur toute la planète, des manifestations revendiquant la même chose, au même moment, jour et nuit. Il faut prôner le boycott total de tout ce qui n’est pas respectueux de la planète, des voitures, aussi, que plus personne n’accepte de prendre la voiture pour aller travailler, à petite échelle ça ne marchera pas, mais si des gens partout sur la planète font ça en même temps, on va parler de nous, soyez-en sûrs.
Sachez aussi que les éoliennes sont très polluantes, ainsi que la matière dans laquelle sont fabriqués les panneaux solaires. Nicolas Tesla a découvert le siècle dernier l’énergie libre, renseignez-vous. Ça ne pollue pas, ça émet les mêmes ondes vibratoires que celles de la nature, ça s’auto-génère, et on pourrait l’utiliser pour tout, sans avoir à payer, et sans pomper les réserves naturelles jusqu’à la moelle. Quand les banques qui finançaient son projet s’en sont rendues compte, elles ont coupé ses subventions, et le projet a fini par être récupéré par la CIA pour le très louche projet “HAARP”, qui est censé contrôler la météo, et qui, lorsqu’on se renseigne, semble être en mesure d’avoir une influence sur le comportement des gens. Il faut se renseigner, je sais qu’en quelques lignes, comme ça, ça peut sembler extrémiste et paranoïaque, mais ce n’est malheureusement pas le cas.
Voilà , excusez-moi pour le gros pavé, mais je suis convaincue que le message DOIT passer, pour qu’on puisse sérieusement avancer. Moi je n’en peux plus de dire “ah le monde est pourri, ah les gens sont vénaux, mais pourquoi je fais des enfants (oui j’ai une fille), on ne contrôle rien”. Oui, j’essaie de manger bio, mais les vents restent pollués, les OGM sont transmissibles d’une plante à l’autre, et les pluies restent horriblement acides, et on à beau se donner bonne conscience en donnant vingt euros par mois et en signant toutes les pétitions qu’on peut, ça ne change pas le monde. Il faut montrer la puissance, la force de notre volonté en tant que citoyens de la planète. SI l’heure est si grave que ça, il faut montrer qu’on en a réellement conscience, il faut se bouger. Il faut qu’on se rassemble en comités de résistance et qu’on soit en communication les uns avec les autres en permanence, au lieu d’être des individus isolés victimes de ce système inhumain.
A la question ” en moyenne, pour un mètre cube de bois exporté depuis les différents pays du bassin du Congo, quelle est la part des charges, des différentes taxes, des salaires, des différents bénéfices, etc. ?”, je n’ai pas la réponse précise, mais la part est significative, et il suffit de faire un peu de bibliographie pour s’en convaincre. De la bibliographie non sélective, bien sûr, mais je me demande si Greenpeace sait faire ça…
Je répondrais aussi par une autre question: en moyenne, pour un euro versé à Greeanpeace, quelle est la part des charges, des différentes taxes, des salaires, des différents bénéfices reversés dans les pays du Bassin du Congo?”
Grégoire, vous dites : “A ma connaissance, la somme des charges (production, transport, taxes) qui pèse sur la production légale de ces grumes n’excède jamais 80 euros par mètre cube (en étant très très large).” Manifestement, cela démontre surtout que ta connaissance est très restreinte… Rien que le transport sur le fleuve Congo de Kisangani à Kinshasa coûte près de 80 dollars par mètre cube. “En étant très très large”, vous vous trompez dans les grandes largeurs…
Grégoire, concernant les “119 millions d’euros de recettes fiscales pour les Etats alors que 39 millions d’hectares de forêts “, il s’agit uniquement de la fiscalité forestière au sens strict: taxes de superficie, taxes sur la production, etc… Cela n’inclut ni les impots sur les sociétés, ni les charges sur le personnel, etc…
Quel montant de taxes et impots Greenpeace pait-elle sur l’ensemble du Bassin du Congo?
Grégoire, vous nous dites “Nous interpellons effectivement la France de Nicolas Sarkozy sur le bien fondé des subventions au profit de l’industrie forestière et de son soutien politique inconditionnel au modèle des concessions forestières à très grande échelle dans les forêts naturelles du bassin du Congo.” Mais que propose Greenpeace comme alternative? Jusquà previue du contraire, ce système de concessions est le seul qui garantisse un gestion durable des ressources forestières par des opérateurs qui ont les moyens de mettre en oeuvre cette politique. Aucune autre solution ne fonctionne à grande échelle. Et si, les concessionnaires forestiers responsables sont des opérateurs de développement, ne vous en déplaise. Un seul exemple: il y a 15 ans, le nors du Congo Brazzaville était inaccessible. Aujourd’hui, l’unité du pays est réatablie, on peut relier Brazzaville au Nord du pays en voiture, l’essentiel des routes a été construit par des forestier. Le transport de biens et de personnes est maintenant possible.
L’AFD n’envisager pas de “subventionner” les industriels de RDC, mais de les aider à obtenir des prêts pour investir dans le pays durablement. Car il est quasiment impossible d’obtenir un crédit actuellement dans ce pays marqué par une histoire récente très douloureuse. Ceci dit, Greenpeace et Grégoire Lejonc n’en sont pas à une approximation près. Une subvention ou un emprunt, pour eux, c’est la même chose…
Pour être totalement complet, les éventuelles subventions, marginales, ne concernenaient que des actions nons directement liées à la production de bois, notamment des actions sociales et environnementales.