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Forêts

Zéro-déforestation : Michelin s’engage, la Socfin marginalisée

Le groupe Michelin vient de rendre publique une politique sur le caoutchouc naturel [EN] durable dans lequel le leader mondial du pneumatique s’engage dans une politique d’approvisionnement « zéro déforestation » basée sur l’approche High Carbon Stock [EN].

 

Des engagements à respecter dans les faits

Bien entendu, nous serons extrêmement vigilants à l’application effective de cette politique, car après les engagements vient nécessairement le temps de leur mise en œuvre, et le fléau de la déforestation doit être combattu urgemment. C’est néanmoins un excellent signal envoyé à tout le secteur du caoutchouc naturel et par suite à celui de l’industrie automobile, qui à elle seule avale 80% de la production mondiale.

Et cela transforme naturellement la donne pour les planteurs d’hévéas (dont le caoutchouc naturel est extrait) qui refuseraient de s’engager dans une politique zéro déforestation. En effet, le géant du pneumatique, qui achète chaque année pas moins de 900 000 tonnes de caoutchouc naturel, doit maintenant sans plus tarder cesser de s’approvisionner auprès des entreprises de plantations d’hévéas refusant de s’engager à produire du caoutchouc garanti sans déforestation, sans quoi les engagements pris n’auraient plus aucune valeur.

La Socfin marginalisée

Ce mouvement positif de Michelin implique de fait une marginalisation de tous les autres acteurs du caoutchouc qui refuseraient de s’engager contre la déforestation, et révèle par contraste leur manque de vision. Comme par exemple, l’un des fournisseurs actuels de Michelin, une entreprise de plantations désormais bien connue : la Socfin.

Les études cartographiques approfondies et les missions de terrain de Greenpeace ont clairement démontré la présence dans les concessions de la Socfin de forêts primaires, mais aussi des forêts secondaires ou en régénération qui stockent d’importantes quantités de carbone. Malheureusement à l’heure actuelle, la Socfin s’entête à refuser tout engagement crédible pour garantir la non-conversion de ces zones de forêts en plantations d’hévéas. Ce qui signifie qu’à l’heure actuelle, l’ensemble de sa production de caoutchouc est incompatible avec la politique sur le caoutchouc naturel durable adoptée par Michelin.

Le groupe Bolloré doit prendre ses responsabilités

L’engagement de Michelin montre que de grands groupes peuvent s’engager pour l’environnement. Ce qui n’est pas le cas du groupe Bolloré, qui détient toujours 38,75 % de la Socfin et qui ne peut se dédouaner de sa responsabilité à l’égard des pratiques de la Socfin et des menaces que celle-ci continue de faire peser sur les forêt africaines et les populations locales.