Congo : 25 millions d’hectares de forêts menacés à long terme
Greenpeace est extrêmement inquiète suite à l’annonce faite par le Ministre congolais de l’Environnement, José Endundo. Le gouvernement congolais vient en effet de légaliser 15 nouveaux titres forestiers dans les forêts tropicales du Congo et envisage de lever prochainement le moratoire existant dans le pays sur l’expansion de l’industrie forestière.
A terme, au vu des précédentes communications du ministre sur le sujet, ce sont au total 25 millions d’hectares de forêts denses qui seraient livrés à l’appétit de quelques groupes forestiers. Ceci sur un total de 60 millions d’hectares exploitables.

Gestion congolaise des forêts : un processus long, couteux et … inutile
En 2002, face au véritable chaos qui régnait dans le secteur de l’exploitation forestière industrielle en République démocratique du Congo (RdC), le gouvernement décidait d’un moratoire sur l’attribution de nouveaux titres forestiers, c’est-à -dire d’exploitations pouvant couvrir plusieurs centaines de milliers d’hectares.
Ce moratoire, faute d’un État capable de contrôler la situation sur le terrain, fut immédiatement et régulièrement violé. Par la suite, en 2005, sous la pression de la Banque Mondiale, le gouvernement entama une grande “revue légale de 156 titres forestiers” destinée à assainir cette industrie forestière. Début 2009, après un processus controversé, le Gouvernement rendait public les conclusions de cette revue légale : 65 titres étaient officiellement légalisés donc convertibles en concessions forestières de long terme.
10 millions d’hectares de forêts supplémentaires en danger
Deux ans plus tard, en janvier 2011, le Ministre de l’Environnement annonce la clôture officielle du processus, le repêchage de 15 nouveaux titres forestiers, préalablement jugés illégaux, mais aussi et surtout, évoque une levée prochaine du moratoire en vigueur depuis 2002.
Cette décision entérine l’attribution à une poignée d’entreprises industrielles d’une superficie totale de 15 millions d’hectares de forêts – cinq fois la taille de la Belgique – en dépit des nombreuses irrégularités identifiées par la revue légale. Au final, le long et coûteux processus de revue légale des titres forestiers aura donc totalement échoué à assainir le secteur forestier en RdC. Cette industrie est encore très régulièrement pointée du doigt pour ses pratiques scandaleuses, les nombreux conflits sociaux qu’elle engendre, mais aussi la fragmentation des massifs de forêts intactes, aux conséquences dramatiques pour la diversité biologique et le climat.
La levée du moratoire annoncée par le ministre viserait à autoriser l’exploitation de 10 millions d’hectares supplémentaires, si l’on en croit des documents officiels émanant du Ministère de l’Environnement lui-même. Au total, jusqu’à 25 millions d’hectares de forêts seraient vouées à l’usage exclusif de l’industrie forestière, au lieu de considérer sérieusement d’autres options plus avantageuses pour les communautés forestières, la biodiversité et le climat.
Une décision contraire aux intérêts des forêts, de leurs habitants et du climat !
La déforestation est responsable de 15 à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le bassin du Congo abrite le deuxième plus important couvert de forêts tropicales au monde (après la forêt amazonienne), dont 80% des forêts dites intactes se trouvent en RDC. Elles abritent une biodiversité exceptionnelle, des espèces végétales encore inconnues, une faune extraordinaire avec des primates endémiques et menacés comme les bonobos. Mais ce sont aussi environ 40 millions de congolais qui sont dépendants matériellement et culturellement de ces forêts.
Le gouvernement de RD Congo est très impliqué dans le “volet forêt” des négociations internationales sur le Climat (REDD) et le processus national qui en découle..
La mise au point d’un plan national REDD est en cours actuellement à Kinshasa, impliquant la société civile, le tout supporté activement par la Banque Mondiale et différents bailleurs de fonds (coopération française, allemande, etc.).
Mais l’annonce de la légalisation des 15 titres forestiers et de l’intention de lever le moratoire vient saper la crédibilité du Gouvernement Congolais dans les négociations en cours.
Préserver les forêts tout en permettant un vrai développement pour le pays
Un mécanisme REDD viable doit absolument inclure des mesures pour protéger les forêts les plus importantes pour la biodiversité et le climat, et cela doit aller de pair avec un développement socio-économique durable pour les communautés locales.
Avant de décider d’une allocation de ces immenses espaces forestiers à telle ou telle activité, le gouvernement congolais et les bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale se doivent de mettre en place un vrai plan d’aménagement du territoire. Une vrai politique de protection des dernières forêts intactes d’Afrique est compatible avec un vrai développement pour la République démocratique du Congo.
Il serait scandaleux de lever le moratoire dans les conditions actuelles. L’exploitation industrielle n’est en aucun cas une solution pour protéger les forêts. Le maintien du moratoire devrait au contraire constituer la pierre angulaire d’une stratégie nationale de préservation du patrimoine forestier, et permettre l’émergence d’alternatives de développement plus équitables et moins destructrices.
Greenpeace a cosignée avec plusieurs ONG internationales (Rainforest , Global Witness et Bank Information Center) une lettre adressée au Gouvernement Congolais et à la Banque Mondiale, leur demandant expressément de s’engager à un maintien et à un renforcement du moratoire.
Il est bon de rappeler, un peu en vrac (surement l’effet de l’émotion) quelques évidences suite à cet article à sens unique et d’une mauvaise foi stupéfiante.
Qui gouverne la RDC : Greenpeace ou le gouvernement de ce pays ? Qui décide des conditions de mise en œuvre de la politique forestière de la RDC ? Greenpeace se raccroche au moratoire de 2002 et à a la revue légale décidés par le gouvernement puis critique abondamment ce même gouvernement sur sa politique. Pour rappel, en RDC comme chez nous, un document officiel n’est applicable que quand il est publié au journal officiel, le moratoire ne l’a été qu’en juillet 2004. On parle de légalité, mais des Aires Protégées ont été créées ces dernières années en violation totale des dispositions du Code Forestier, et Greenpeace ne s’en émeut pas.
La revue légale n’a pas servi à rien, elle a certes été bien trop longue, mais elle a annulé environ la moitié des titres forestiers, ce n’est pas rien. Pour certains des 15 derniers qui ont été repêchés, les populations locales sont venues réclamer à Kinshasa auprès du gouvernement leur légalisation, car l’entreprise gérant la forêt leur a construit des infrastructures communautaires et assure le transport de personnes et de biens, dans ce pays où il n’y a que très peu de routes et de moyens efficaces de transport.
Le Gouvernement de RDC doit lutter contre une exploitation illégale massive, souvent artisanale, mais pas toujours. Comment faire pour cela ? Etendre les possibilités de production légale et parallèlement essayer de renforcer (dans un pays sans moyen où l’Etat n’a que peu de moyens d’agir dans l’intérieur) le contrôle et la répression de l’illégalité.
La production formelle de RDC : moins de 400 000 m3 de bois ronds/an pour environ 100 millions d’ha de forêts denses humides. Pour comparaison, la France : 30 millions de m3 de bois ronds/an pour 16 millions d’ha, la France ne mobilise que partiellement ses ressources en bois, et le forêts françaises s’étendent. Je pense que cela se passe de commentaires.
La déforestation en RDC est de 0,25%/an, très majoritairement causé par les défrichements pour le développement de l’agriculture vivrière. L’exploitation forestière ne déforeste que quelques centaines hectares de routes chaque année, son impact est négligeable par rapport à celui de l’agriculture vivrière (plus de 200 000 ha défrichés par an), dont je ne critique pas le développement, les congolais doivent bien survivre. Où sont le « danger » et la « menace » annoncés dans l’article par Greenpeace sur les forêts de production de bois ?
En effet, « La déforestation est responsable de 15 à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.», c’est un peu la tarte à la crème actuellement, et l’article manœuvre habilement pour sous-entendre que la déforestation prétendument causée par le prélèvement de bois d’œuvre est responsable dans une proportion comparable des émissions de GES en RDC. Greenpeace est champion de la communication, mais pas de la bonne foi…
« Considérer sérieusement d’autres options plus avantageuses pour les communautés forestières » dites vous. Je veux bien, j’y suis même très favorable pour pouvoir gérer effectivement ces 100 millions d’hectares de forêts qui pour la plupart ne le sont pas, mais lesquelles ? Ont-elles été testées en situation réelle sur des millions d’hectares, ont-elles fait leur preuve, comme la gestion durable des forêts de production sur des millions d’hectares dans le Bassin du Congo ? Pourquoi Greenpeace ne s’implique pas dans la mise en œuvre de ces solutions présentées comme si évidentes, alors qu’en réalité personne n’a encore pu démontrer leur faisabilité ? Qu’a fait Greenpeace en faveur des populations locales de RDC qu’elle prétend défendre ?
Il n’y a pas d’ « usage exclusif de l’industrie forestière », les populations continuent à vivre dans les forêts concédées, à y exercer leurs droits d’usage librement, comme le prévoit le Code Forestier.
Le plus grave dans tout ça est qu’en agissant comme le fait Greenpeace (je veux dire certains dirigeant mal intentionnés, pas l’essentiel des militants qui sont eux de bonne fois) sert uniquement ses propres intérêts, en aucun cas ceux des congolais. J’espère qu’il y aura un jour dans la justice internationale une qualification pour ce genre de crime.
Je rectifie ma dernière phrase, incorrecte:
“Le plus grave dans tout ça est qu’en agissant comme elle le fait, Greenpeace (je veux dire certains dirigeants mal intentionnés, pas l’essentiel des militants qui sont eux de bonne foi) sert uniquement ses propres intérêts, en aucun cas ceux des congolais. J’espère qu’il y aura un jour dans la justice internationale une qualification pour ce genre de crime.”
…pour du gros bois, j’utilise une stihl, c’est de la bonne came.
Et vous…?!
commentaires affligeants de bêtise, reposant sur une interpretation erronée de la politique en RDC.
Kevin, rend l’ordinateur à ton papa maintenant !
Bob, tu peux développer ton idée de “crime” de “justice internationale”, stp… merci. je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.
Une réponse à une des nombreuses inepties que tu profères : la fameuse moitié des titres qui ont été annulés étaient des titres dormants ou en tous cas non exploités… c’est pas parce que tu défends ton business que tu es obligé de mentir…
Greenpeace sert ses propres intérets ! N’ IMPORTE QUOI ! Dénoncer la déforestation illégale c’est le boulot de GP , les companies forestières qui déboisent légalement sont minoritaires au Congo je te signale !
vos rèves d’argent en pillant l’afrique est affligeant et ne profite pas aux habitants.vous devriez en dépenser un peu pour vous acheter une conscience.plus toujours plus ,vous n’en aurez jamais assez.c’est pourtant simple de recycler, combien de bois est jeté tout les jours palettes meubles etc etc.le vampirisme dont font preuve les industriels est criminel
Independance chacha, je veux bien développer en effet, bien volontiers même. Greenpeace s’oppose de fait au développement des régions rurales forestières de RDC, au sein desquelles les populations vivent dans des conditions déplorables, en particulier en matière sanitaire, en matière d’éducation et d’information. La mise en valeur de leurs ressources renouvelables en bois d’œuvre industriel est une des rares opportunités offertes de création d’emplois, de contribution au développement des territoires concernés, d’augmentation de la capacité des marchandises vers les villes (dans les deux sens), d’ouverture sur le monde. Alors, pour moi, oui, s’y opposer est un crime, un crime contre le développement.
En effet, je vous l’accorde, les titres forestiers annulés étaient dormants, je n’ai jamais dit le contraire. D’autres titres convertibles l’étaient aussi. Un titre dormant peut se « réveiller », et au moins une bonne partie, sinon tous, de ceux qui n’ont pas été déclarés convertibles se seraient réveillés s’ils l’avaient été (convertibles). Je ne vois pas très bien donc l’intérêt de votre contribution, sinon de démontrer une fois de plus que les ressources forestières (renouvelables) de RDC sont sous-valorisées.
Je suis à mon tour preneur de plus larges développements sur les « inepties » que contiendrais mon texte. Remettez-vous en question mes démonstrations sur les véritables causes et la véritable ampleur de la déforestation en RDC, sur la sous-mobilisation des ressources renouvelables en bois d’œuvre industriel ?
Encore quelques vérités bonnes à dire : à entendre Greenpeace, on s’imagine que le bois rapporte des milliards d’euros aux producteurs congolais. Quelques chiffres : les quelques sociétés les plus importantes doivent générer chacune moins de 30 millions d’euros par an en RDC par la valorisation de grumes, elles emploient chacune plus de 2 000 congolais et en font vivre largement plus (familles et emplois indirects de la filière), les sociétés moyennes génèrent moins de 10 millions d’euros. Il s’agit des revenus, il y a des charges importantes (matériel, carburant, salaires, impôts et taxes, etc…), le bénéfice est bien évidemment largement plus faible. Et encore une fois, cela fait vivre des dizaines de milliers de congolais et pourraient en faire vivre bien plus si la ressource était mieux (mais durablement quand même) valorisée. A titre de comparaison, Marion Cotillard, égérie de Greenpeace, a gagné 2,35 millions d’euros à elle seule (pas pour 2 000 personnes…) en 2010, et avec probablement peu de charges là -dessus. Tant mieux pour elle, c’est une excellente actrice, je mentionne ce chiffre juste à titre de comparaison, mon propos n’est pas de critiquer Marion Cotillard. Autre comparaison : en 2008, le chiffre d’affaires de Greenpeace France a été de 9 millions d’euros, cela fait vivre combien de personnes, combien d’africains, cela finance quels projets de développement ? Après ça, qui doit-pn accuser de vivre aux dépens des populations africaines rurales?
Et bien sûr Greenpeace doit se faire entendre et doit être performant dans ses actions de communication pour maintenir ce chiffre d’affaire et continuer à exister. Greenpeace « monde » est un groupe bien plus puissant que tous les industriels du bois de RDC. Et son métier n’est que la communication. Greenpeace doit être bon dans ce domaine d’activité pour exister, quite à ne pas se préoccuper particulièrement de la vérité et de l’intérêt de lointains ruraux congolais qui ne font pas de dons.
L’approche de Greenpeace est exacte. Effectivement, REDD doit tout prendre en compte, y compris le développement socio-économqiues durables pour les communautés Locales.
Malheureusement, la corruption des fonctionnaires est telle en RDC qu’on peut tjs s’attendre à tout: la preuve.
Le poids des ONG dans ce bassin est considérable, GP¨a désormais un bureau
là bas. . .. il faut aussi peut-être s’entourer de quelques enceintes internationales, et tenter de jouer peut-être la carte industries .. Même si on en devine .. savons nous quelles entreprises seraient concernées ? …..il faut, en tout cas, informer à grande échelle.. .. Allez courage ! ne baissons pas les bras. C’est loin d’être terminé !
Bob…
Si tu veux être crédible, arrêtes de comparer des choses qui n’ont rien à voir. Ton discours semble cultivé et renseigné, mais tu ne peux t’empêcher de dériver dans le dénigrement avec de grosses ficelles.
Une ONG n’a pas un chiffre d’affaire, mais un budget. Si tu veux t’amuser à perdre de ton temps, compare le budget d’un parti politique avec le chiffre d’affaire d’une PME, ou celui de l’Eglise avec le chiffre d’affaire des trafiquants de drogue…
Je sais, ça n’a rien à voir… Effectivement, ça n’a rien à voir… tout comme ta comparaison entre le budget de Greenpeace et le chiffre d’affaire présumé des industriels forestiers…
Mais bon, tu défends ton business, il faut le reconnaître…
“La production formelle de RDC : moins de 400 000 m3 de bois ronds/an pour environ 100 millions d’ha de forêts denses humides. Pour comparaison, la France : 30 millions de m3 de bois ronds/an pour 16 millions d’ha, la France ne mobilise que partiellement ses ressources en bois, et le forêts françaises s’étendent. Je pense que cela se passe de commentaires.”
Il ya un moment j’ai vu un reportage de greenpeace(qui est passé sur canal +) sur les exploitation forestière en Tasmanie, Ils rasent la forêt, et défrichent en aspergeant de produit chimique et en mettant le feu. Une des causes, de des émanation de CO2.
J’ai aussi appris que pour 70% du bois coupé reste pourrir sur place. Si on fait le parallèlement avec tes chiffre, tes 400 000m3 de bois produit, ne représente que 30% de ce pourcentage.
Je n’ai plus toutes les informations en tête, mais greenpeace en sait plus que moi.
Un lien vers un article que je trouve intéressant :
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/KARSENTY/13658
Objectif, il ne fait ni dans l’angélisme, ni dans la diabolisation…
Faust, un budget, pour une entreprise ou une ONG, donne toutes les recettes et toutes les dépenses dont on prévoit la perception ou l’engagement, ce n’est pas une somme d’argent disponible qui tombe du ciel tout seul pour permettre à une ONG de financer ses actions. Ce que vous appelez budget de Greenpeace n’est donc pas un budget mais un « revenu » ou des « ressources ». Le terme « chiffre d’affaires » n’est en effet pas forcément approprié, c’est possible.
Je ne prétends pas qu’une ONG militante et une entreprise c’est la même chose, mon propos était de comparer des montants pour établir quelques ordres de grandeur, par exemple pour montrer que les bénéfices de la plupart des sociétés de l’industrie du bois en RDC, salariant des centaines d’employés, ne sont pas significativement supérieurs (voire peut-être inférieurs, voire parfois négatifs…) à ceux de Marion Cotillard seule.
Quoi qu’il en soit, les deux, ONG et entreprises, tout comme vous et moi (ou un parti politique ou une PME, et même l’Eglise), ont besoin d’équilibrer leurs comptes et ne peuvent pas à terme dépenser plus qu’elles ne gagnent. La différence essentielle finalement entre Greenpeace et un industriel congolais est lié au risque : si les revenus de Greenpeace baissent, l’ONG peut assez facilement réduire ses charges et continuer son activité en la ralentissant. Pour un industriel au Congo, le risque est plus fort et la société peut fermer ses portes en raison de charges fixes incompressibles qu’il faut couvrir.
Je ne défends pas mon business par intérêt personnel comme vous semblez le sous-entendre, je ne gagne pas plus que beaucoup d’employés de Greenpeace, et je défends en réalité mes idées. On pourrait donc dire de la même façon des responsables de campagne de Greenpeace qu’ils « défendent leur business ». C’est peut-être d’ailleurs le cas pour certains d’entre eux.
Je suis preneur de vos observations sur les autres points de mon argumentaire : l’ampleur et les causes de la déforestation en RDC, la « renouvelabilité » des ressources en bois et la possibilité d’en gérer durablement les prélèvements, etc… Je constate que pour l’heure vous n’avez réagi que sur un seul point de mon argumentaire, point qui n’est pas vraiment au cœur de la problématique forestière congolaise.
Hanks, que diable nous parlez-vous de la Tasmanie (c’était juste pour le bon mot). Le débat actuel et les chiffres que j’ai mentionné concerne la RDC. Les images que vous avez vu correspondent à un autre pays, et surement à des pratiques très différentes, il s’agit probablement d’un changement d’affectation des terres, alors que les forêts dont il est question ici pour la RDC sont des forêts naturelles qui sont destinées à conserver leur état et leur vocation de forêt naturelle (c’est le principe même de la gestion durable). L’industrie forestière ne déforeste pas en RDC, ce que dit aussi Alain Karsenty dans l’article dont Faust nous a donné le lien.
En RDC donc, les concessionnaires forestiers ne rasent pas la forêt et ne l’aspergent pas de produit chimique (quel intérêt auraient-il à cela ?).
Quand on extrait du bois de la forêt, on laisse aussi en effet de la biomasse non extraite au sol, qui en pourrissant lentement apporte des nutriments au sol, l’émission de CO2 provoquée s’étale sur plusieurs années et est progressivement compensée par l’accroissement du peuplement forestier, selon une dynamique qui n’est pas encore totalement connue dans son « timing ». C’est vrai aussi en France même dans une moindre mesure. Donc même si cela change un peu le ratio prélèvement annuel / surface de forêt, il n’en reste pas moins évident que le niveau de prélèvement en RDC est bien moindre qu’en France et que sa soutenabilité n’est pas contestable.
Faust, merci pour le lien, Alain Karsenty a écrit de nombreux articles sur la thématique forestière.
Economiste, il est moins brillant sur les sujets qui touchent à l’écologie forestière (il doit nécessairement faire des raccourcis car ce n’est pas le thème principal de ses « papiers »), domaine dans lequel d’autres experts du CIRAD sont bien plus compétents. Parmi ses autres publications, voire http://blog.fondationchirac.eu/wp-content/uploads/Persp01_Karsenty_Fr1.pdf; qui montre la complexité de la mise en place d’un mécanisme international de lutte contre la déforestation, ou l’article sur les effets de la crise sur le secteur forestier : http://www.cfa-international.org/IFR%20June%202010%20final_web.pdf, p 172, qui met en évidence entre autre la fragilité des opérateurs de la filière.
Ou encore un autre article très récent qui nous ramène à la dure réalité économique en matière de paiement pour services environnementaux : http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CBgQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.cirad.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F5086%2F48306%2Fversion%2F7%2Ffile%2FPersp07_Karsenty_FR.pdf&rct=j&q=Coupler%20incitation%20karsenty&ei=sN5oTZaeHMPPhAfPrsXuDg&usg=AFQjCNEoZq8GX_-ey77IvTQkR6_xi0CpGw
Certains propos de cet article rejoignent les miens formulés sur ce blog :
“Or accroître la production de denrées alimentaires sans empiéter sur les forêts et les espaces protégés constitue un enjeu de taille, notamment en Afrique subsaharienne, où près d’un habitant sur trois est sous-alimenté. Augmenter les rendements et limiter ainsi l’extension des terres agricoles est une des clés pour accroître la production agricole tout en maîtrisant la déforestation.”
S’attaquer au problème de la déforestation nécessite d’avoir une vision globale sur l’évolution de l’ensemble des besoins locaux et mondiaux (alimentaires, environnementaux, …) et les moyens de les satisfaire.
Et non pas seulement une vision partielle sur la seule thématique de la gestion des forêts et le prélèvement de bois d’oeuvre, qui n’est pas le coeur du problème.
Bob, ta vision de l’exploitation forestière en RDC est idyllique : c’est magnifique cette harmonie entre les exploitants et les populations forestières… depuis des décennies, on voit comment les industriels ont apporté paix et développement au coeur des forêts…
Une question, bob, pourquoi ces industriels ont-ils besoin de concessions qui s’étalent sur des centaines de milliers voire des millions d’hectares de forêts ?
Si le modèle de coupe sélective, de gestion durable étaient valides, les industriels n’auraient pas besoin de s’enfoncer (ou de chercher à le faire) dans les forêts primaires ou forêts intactes… la coupe sélective (on revient tous les 25 ans, on coupe qu’un certain nombre d’arbres à l’hectare, etc.) devrait pouvoir se contenter de forêts secondaires,déjà dégradés et ne devrait pas avoir besoin de toujours plus s’enfoncer plus dans les forêts primaires…
Autre question : tu mets en avant le code forestier, qui le fait respecter aujourd’hui ? Pourquoi les conflits ont régulièrement lieu entre populations et compagnies ?
A bientôt
Indépendance chacha, vous lancez là un débat intéressant.
Non, je n’ai pas une vision idyllique, je l’ai déjà écrit, tout est loin d’être parfait dans les pratiques actuelles des industriels du bois. Pour balancer les excès de Greenpeace, je doit pencher parfois un peu fortement dans l’autre sens, ce qui peut laisser penser que je défends sans retenue ces industriels. Certaines pratiques de certains opérateurs sont critiquables, mais cela ne fait pas de tous les industriels des criminels, loin de là ! Et les opérateurs « imparfaits » peuvent s’améliorer, c’est ce que l’on a pu observé pour tous ceux qui sont maintenant certifiés FSC. Ce que je défends, ce ne sont pas les opérateurs, mais la conviction profonde que les gestion durable des forêts peut permettre de produire durablement du bois d’œuvre, de préserver les services environnementaux des forêts et de participer au développement de territoires ruraux.
Petite rétrospective : l’aménagement durable des forêts tropicales africaines reste relativement récent, alors qu’en Europe nous « aménageons » nos forêts depuis le XVIIIème siècle (avec bien des progrès depuis). La dynamique en Afrique Centrale a commencé vers 1995 au Gabon et au Cameroun, puis s’est étendue au Nord Congo et en RCA vers 2000, puis vers 2005 en RDC, 2010 au sud Congo et … jamais en Guinée Equatoriale. Dans les deux principaux pays producteurs, la Gabon et le Cameroun, une grande partie des productions vient maintenant de forêts gérées durablement, ainsi qu’au nord Congo et en RCA. Une bonne partie est issue désormais de la « deuxième rotation », selon le principe que vous évoquez d’une exploitation tous les 20 à 30 ans. Le modèle de la coupe sélective et de la « production soutenue » est donc bien valable.
En RDC, la production est restée faible pour diverses raisons, et largement cantonnée dans la région du Bas Congo, et cette région, de faible étendue, a été sur-exploitée, le principe de gestion durable n’y étant pas appliquée à l’époque, il en de même dans certaines forêts du sud congo (Brazzaville). Cette sur-exploitation n’a pas causé directement de déforestation, mais elle a été suivie de défrichements agricoles qui grignotent la forêt dans ces régions dynamiques et peuplées. Dans le reste de la RDC, l’exploitation (formelle) ne s’est jamais étendue, elle y reste encore extrêmement limitée, et on est donc encore largement en première rotation. Il n’en reste pas moins que le principe de gestion durable y reste valable et que le potentiel de développement de l’activité de la filière bois y est énorme.
Il y a très peu de forêts primaires dans le Bassin du Congo. Partout où ils font des recherches, les archéologues mettent en évidence des preuves d’implantations humaines anciennes et de défrichements, et les palynologues démontrent que beaucoup de superficies actuellement forestières ne l’étaient pas il y a au plus quelques siècles. L’essentiel des forêts d’Afrique Centrale sont donc des forêts secondaires.
Il y a en effet des conflits, entre communautés, il y a par exemple eu une rebellion très violente l’année dernière le long de l’Oubangui au nord de Mbandacka, où il n’y a pas d’opérateurs forestiers, et régulièrement des conflits moins importants ailleurs. Il y a aussi des conflits entre ONG et populations locales, par exemple quand les premières veulent restreindre les activités de chasse des secondes. Et donc aussi entre populations et opérateurs forestiers, car l’Etat étant absent et inaccessible, les populations reportent toutes leurs attentes sur les opérateurs présents sur le terrain. Mais, je l’ai déjà dit, quand les sociétés souhaitent se retirer d’un territoire, les populations s’y opposent souvent. Ce qui démontre bien qu’elles comptent sur ces opérateurs pour contribuer à leur développement.
Bob, une rapide réaction à ta dernière idée… les populations ne veulent pas que les exploitants se retirent, bien entendu, elles préfèrent avoir les miettes laissées par les exploitants que rien du tout. Les exploitants n’apportent pas le “développement” comme tu le dis, elles apportent (et à peine) de quoi survivre… D’ailleurs je trouve normal que ces entreprises n’aient pas pour but de contribuer au développement… leur objet n’est pas celui-là … Maintenant, quand des bailleurs de fonds, des institutions internationales et le gouvernement congolais semblent envisager comme seul moyen de développer les communautés forestières et de protéger les forêts l’industrie forestière à très grande échelle, je ne comprend pas… surtout quand on sait le niveau de gouvernance des régions intérieures de RDC…
Cette vision me fait penser aux fameuses républiques bananières du début du 20ème siècle en Amérique Centrale : une entreprise qui exploite une matière première (alimentaire ou autre), obtient une ou des concessions en accord (souvent avec des malversations) avec le gouvernement local, construit ses infrastructures comme des routes dont le but unique est de sortir et d’exporter sa production, des écoles ou centres de santé (essentiellement pour les employés de l’entreprise),etc. Ce modèle est un modèle paternaliste, colonialiste qui ne peut en aucun cas être assimilé à du développement…
Enfin dernier point : tu n’as pas répondu à ma question : pourquoi si ce modèle d’amménagement, de gestion durable, fonctionne si bien, les entreprises forestières ont elles besoin de concessions d’une telle ampleur (plusieurs centaines de milliers d’hectares voire plus d’un million d’hectares pour une seule compagnie parfois)… Il faut aussi rappeler que les millions d’hectares concédés sont partagés par un peu plus d’une dizaine de groupes internationaux qui ne sont pas de petites et modestes PME..
Sur le dernier point. Les industriels ont besoin de grandes superficies car les forêts de RDC sont pauvres dans les essences actuellement valorissables, c’est à dire dont le prix de vente justifie le prélèvement, le prélèvement est ainsi de l’ordre de 2-3 m3/ha. Pour produire durablement 50 000 m3 chaque année, il faut ainsi 400 à 600 000 ha.
De fait, c’est malheureusement sinon le seul, du moins un des principaux moyens de développement: les employés sont à plus de 95% des congolais, donc aussi de la population locale, l’activité fait vivre une économie locale, cela permet de réhabiliter des routes et d’apporter des solutions de transport (même si c’est pour les besoins de l’exploitation, cela profite aux autres populations. Il y a des revenus fiscaux, même mal utilisés et mal répartis, ils existent. Et à la fois les populations et maintenant l’Etat, sous l’oeil attentif de la communauté internationale, exigent un financement d’actions de développement local par les entreprises, même si je suis d’accord que ce n’est pasleur vocation.
C’est une goutte d’eau par rapport aux besoins de ces régions, je vous l’accorde, mais c’est l’une des seules gouttes d’eau. Et si vous chassez les industriels, vous allez remplacer par quoi pour avoir un apport équivalent? Critiquer est toujours facile, proposer l’est moins.
Ce ne sont pas seulement des multinationales, mais aussi des entreprises familiales détenues par des européens, et quelques entreprises congolaises, malheureusement pas assez nombreuses, il faut favoriser leur émergence.
J’essaie de passer du temps à répondre à toutes vos questions, la réciprocité serait bienvenue. Je vous laisse remonter à mes messages précédents et discuter les différents points qui y sont évoqués.
Les concessions ne sont pas la seule affectation des terres, il y a dans tous les pays du Bassin du Congo 10 à 15% des superficies forestières classées en aires protégées. 10-15% dont la gestion et la conservation sont bien problématiques et ne sont pas assurées efficacement malgré les appuis internationaux et ceux des ONG (enfin, celles qui ne se contentent pas de critiquer à distance sans rien faire sur le terrain).
Essayons déjà de gérer ces 10-15%, et à côté, gérons aussi durablement les concessions forestières. Le défi de la protection des forêts africaines sera alors en bonne voie de résolution.
Un article de Libération, de 02/2007… je n’ai pas pu mettre la belle image du bulldozer qui allait avec (vous savez, l’exploitation durable au bulldozer, tout ça…).
Coupes sombres dans la forêt congolaise
Forêt au Congo REUTERS – Par Laure NOUALHAT
Ambiance salaire de la peur sur les rives du lac Ntumba, en république démocratique du Congo (RDC). Ayoub Saleh profite de son dimanche pour plonger les mains dans les entrailles de son bulldozer. En sueur, taché d’huile de vidange, il peste contre ses ouvriers qu’il traite «d’incapables». Cet ex-militaire libanais est le chef du chantier d’exploitation forestière de la société ITB, contrôlée par une famille libanaise. Il vient d’expédier à Kinshasa les grumes de sa concession, par le fleuve Congo. L’exploitation forestière tourne à plein régime en RDC, et plus précisément dans la province de l’Equateur au nord-ouest du pays. Vue du ciel, cette zone ressemble à un brocoli géant d’environ 368 000 km2 (près des deux tiers de la superficie de la France). L’exploitation du bois, comme celle de toutes les ressources naturelles de l’Afrique, sera au coeur des débats, aujourd’hui, lors du sommet France-Afrique qui se tient à Cannes jusqu’à demain (lire aussi pages 6 et 7).
Sociétés étrangères.
La république démocratique du Congo possède 47 % des forêts primaires tropicales du bassin du Congo et un huitième de celles qui existent encore au monde. Elles regorgent d’espèces (éléphants, singes, oiseaux…) et d’essences (plus de 250 sont exploitables), parmi lesquelles le wengé dont on fait des parquets hors de prix en France (entre 60 et 150 euros le m2).
La production annuelle peut potentiellement atteindre plus de 6 millions de m3, pourtant la forêt de la RDC joue encore un rôle insignifiant dans l’économie nationale, à peine 1 % du PNB. Mais cela pourrait changer. En dépit du moratoire mis en place par le gouvernement en 2002 pour limiter l’exploitation, plus de 8 millions d’hectares ont été attribués depuis par le même gouvernement à différents exploitants. «Pour nous, ces concessions sont illégales», précise Grégoire Lejonc, chargé des forêts africaines chez Greenpeace. Aussi l’ONG a-t-elle décidé de lancer une campagne pour sauver les forêts du Congo, «potentiel unique au monde», afin de ne pas réitérer la triste expérience camerounaise «où l’exploitation n’a pas profité au développement du pays».
Malgré son engagement à améliorer la gestion des forêts (réforme du code forestier, révision des titres d’exploitation), le gouvernement congolais peine en effet à s’imposer. La majorité des sociétés (Parcafrique, ITB, Safbois, Siforco, Sodefor, etc.) sont étrangères. Contrairement à la réglementation camerounaise selon laquelle un concessionnaire ne peut exploiter plus de 200 000 hectares de forêt, certains en RDC en ont plus de 1 million , comme la Siforco de l’allemand Danzer, qui contrôle plus de 25 % des concessions du pays.
Du côté de NKoete, à 80 km de Bikoro, se trouvent les concessions d’ITB. Des milliers d’hectares livrés aux machines. Pour les atteindre, les exploitants fendent la forêt avec des routes de plusieurs dizaines de mètres de large. Puis d’énormes machines acheminent les grumes jusqu’au fleuve. Ils s’intéressent à quelques essences, les plus prisées du marché: wengé, sapelli, tiamaqui, en Europe, se négocient parfois autour de 3 000 euros le m3. Les exploitants retirent une poignée d’arbres par hectare. «Mais ils dévastent tout avec leurs bulldozers», prévient Grégoire Lejonc. Par ailleurs, ceux qui travaillent sur le chantier chassent «tous les mammifères de plus de vingt centimètres» et déciment la faune. Les Pygmées, qui dépendent de cet écosystème, perdent de précieux produits forestiers comme les chenilles dont ils sont friands.
Pygmées.
Car, au-delà de leur rôle économique et écologique, les forêts africaines abritent surtout plusieurs peuples, tels les Pygmées qui seraient près de 350 000. Or, les exploitants, pour la plupart, ne respectent pas les protocoles d’accord conclus avec les communautés. Contre le droit d’exploiter leurs forêts, les entreprises s’engagent officiellement à construire des écoles ou à offrir des études pour les plus âgés.
Quant aux conditions de travail des employés, elles sont précaires. Henry N’Koy-Elaka, Pygmée, a été embauché par ITB pour surveiller le chantier de NKoete. Il était payé 496 francs congolais par jour, à peine 50 centimes d’euros, avant d’être subitement viré. Même sort pour Boyeli Blianga et Nsele Bilali. Ils incarnent à eux trois la main-d’oeuvre quasi gratuite et corvéable d’une industrie forestière florissante. En RDC, les Pygmées sont considérés comme des sous-hommes par les autres ethnies, ce qui arrange bien les affaires des exploitants.
Bonjour,
Plusieurs points de ce débat sont très intéressants. Je ne rentrerai pas dans les arguments qui n’en sont pas, dans le style de servir les intérêts de Greenpeace (ah bon? Greenpeace a des intérêts autres qu’idéologiques à défendre la forêt de RDC?).
Ce qui m’intéresse dans le discours de quelqu’un comme Bob, qui a l’air très renseigné, c’est la vision de fond. En effet, nous pourrions rentrer dans une guerre d’expert sur les chiffres. Cela restera une guerre d’expert, et j’ai plutôt envie de sensibiliser les gens sur autre chose que des raisonnements de forestiers (et ne voyez rien d’insultant à ça, c’est juste pour élargir un peu le débat).
L’ampleur et les causes de la déforestation dans le bassin du congo : La forêt du bassin du congo représente la superficie totale de l’Europe de l’Ouest environ.Pour la RDC, c’est 100 millions d’hectares, soit 60% du bassin. Il faut savoir que 45% du pays est recouvert de forêts intactes. Nous sommes au Congo dans la même situation qu’en Amazonie il y a 20 ans. C’est cela qui fait peur. C’est que si l’on laisse les mêmes genres d’intérêts se glisser dans la forêt, elle subira le même sort que l’amazonie. En amazonie, on fait du soja et de l’élevage, au Congo, on fait du bois (pour nos magnifiques terrasses de jardin en Iroko, wengué, ou autre ayous, teck, samba ou okoumé. Mais dans l’une comme dans l’autre, les intérêts financiers (et non ceux de Greenpeace, à laquelle vous avez l’air d’apportez beaucoup plus de poids politiques qu’elle n’en a) prennent le dessus sur les intérêts humains. A titre d’exemple pour illustrer la biodiversité magnifique de cette forêt, elle contient environ : 11000 espèces de plantes, 450 de mammifères, 1150 d’oiseaux, 300 de reptiles, 200 d’amphibiens… Quand on déforeste ou qu’on rentre dans la forêt par de simples routes, on met en marche un processus de fragmentation des habitats écologiques. Ce qui veut dire qu’on coupe et isole des fragments de forêts et donc les animaux qui vivent à l’intérieur. Le territoire de chasse de certains prédateurs pouvant atteindre 200ha, ils se retrouvent obligés de fuir leur territoire, ou meurent, sans nourriture (puisque les proies elles aussi, fuient ces territoires). De plus, cette fragmentation provoque ce qu’on appelle l’effet de lisière, à savoir que des arbres et toute une végétation “habituée” à être à l’abri du soleil et du vent se retrouve tout d’un coup (à cause d’une route ou d’un permis forestier accordé un peu vite par le gouvernement de RDC, et sous la pression des grands groupes forestiers) en contact avec ce vent et ce soleil, ce qui assèche la végétation, ce qui provoque des incendies, ce qui favorisent la dégradation forestière, ce qui fragmente les habitats écologiques, ce qui fait fuir les animaux, etc…
Donc au final, peu me chaut de savoir si la déforestation en RDC est au rythme de 2, 4, ou 8 terrains de foot par seconde (car ce sont les estimations de certains scientifiques), l’important est qu’elle a lieu, et que biologiquement, et écologiquement (au sens premier du terme, pas au sens politique du terme), ce n’est pas tenable pour les populations animales, végétales, et humaines, j’y reviendrais après.
La « renouvelabilité » des ressources en bois et la possibilité d’en gérer durablement les prélèvements : Ici se trouve, je pense, notre clivage profond. En effet, le but de Greenpeace est d’arriver à ZERO déforestation. Gérer durablement, cela veut donc dire laisser les populations forestières (qui sont 40 millions à dépendre de la forêt) la gérer comme bon leur semble, et non selon les préceptes de grands groupes extérieurs (Danzer) qui viendrait leur expliquer comment leur forêt marche. Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec la colonisation! Si les populations locales géraient leur forêt selon leur savoir (à savoir l’utilisation des produits non ligneux, donc non issus du bois comme les produits issus de la canopée, ou l’exemple phare du Moabi), les revenus qu’ils pourraient en tirer seraient de 2 milliards par an selon certains économistes. A la place de l’évasion ou de l’évitement fiscal qu’opère des compagnies comme Danzer et qui leur permettent de ne pas payer les taxes dûes au gouvernement et normalement reversées au communautés autochtones (45% des taxes non payées selon le gouvernement congolais), cela me semble être une bonne option, qui de plus, éviterait de rendre les autochtones esclaves des multinationales qui les paie à détruire le patrimoine de leurs ancêtres, et de leurs enfants… J’aimerais donner un exemple de la façon dont les sociétés forestières gèrent leurs contrats avec les locaux :
- SODEFOR, compagnie portugaise : 2 sacs de sel, 18 savons, 4 paquets de café, 2 sacs de sucre, 24 bouteilles de bière contre : Accès à la forêt pour l’exploitation et l’impossibilité de porter plainte contre la compagnie. Vous pouvez me dire : il leur aurait suffi de ne pas signer. Certes, si encore le contrat avait été établi en leur langue…Et sans pression.
Alors en effet, il existe un moyen de gérer durablement et efficacement les forêts, c’est de les laisser aux mains des populations autochtones et d’éviter que des grandes multinationales profitent du climat de corruption pour s’assurer des profits (qui n’ont rien aucune mesure avec les 9 millions d’euros de budget de Greenpeace…).
Pour finir, j’aimerais insister sur les indigènes de ces forêts. De quel droit, nous occidentaux, parlons nous de leur forêt? Comment pouvons nous imaginer gérer leur habitat à leur place? Ce que j’ai dit tout à l’heure sur la fragmentation des habitats écologiques, c’est aussi vrai pour les humains, et quand ils ne meurent pas des conséquences de la déforestation (on voie encore des peuples désorientés se suicider collectivement parce que leur habitat est entouré de bulldozers et que leur “monde” se fait détruire), ils finissent dans les villes poubelles installées pour quelques temps en bordure des zones de déforestation. S’ensuit prostitution, maladies ( tiens à ce propos, savez vous que du fait de l’entrée de l’homme dans la forêt et de son contact avec certains animaux, la fièvre hémorragique Ebola était réapparu en 2007 (186 morts), 2008 (15 morts), et en Janvier 2009 au Kasaï occidental : Sud RDC) et destruction sociale. Il est bon de s’intéresser à ce que disent les anthropologues sur ça.
Claude Lévi-Strauss disait à propos des populations autochtones et des peuples qui n’étaient pas encore soumis à la civilisation occidentale, qu’ils en restaient tellement peu, et qu’ils étaient tellement menacés, qu’on pouvait les considérer comme des “déchets d’humanité”, tellement l’humanité avait disparu partout autour au profit de notre civilisation.
Et l’ethnologue Serge Bahuchet dans “Les pygmées Aka et la forêt centrafricaine (1985)”, nous dit : « Les Aka se trouvent en face de plusieurs épreuves en même temps […]. Ils n’ont plus de place, ni dans ce milieu, ni dans ce monde. Ils disparaîtront, à leur tour. Irréversiblement. ».
Ce ne sont pas de méchants écologistes manipulés qui disent ça. Ni une ONG qui ne servirait que ses propres intérêts. Ce sont des scientifiques, depuis le début. Des scientifiques de terrain qui nous disent que ça ne va pas.
Après, libre à chacun d’aller voir par lui-même…
Titouan, vous commencez par m’allécher en le laissant entrevoir une « vision de fond ». Et puis finalement, en lisant la suite, je reste sur ma faim, vous ne faites qu’énumérer ce que vous percevez comme des problèmes, mais sans nous faire part de vos propositions de solution. L’intérêt de mon argumentaire est qu’il n’est pas justement un raisonnement de forestier, mais qu’il inclut une vision des aspects sociaux et environnementaux, de la politique d’affectation et d’usage des terres, de l’aménagement du territoire, des agricultures vivrières…
Vous juxtaposez une série de faits et de chiffres avérés et incontestables, judicieusement choisis, c’est-à -dire qui peuvent vous servir d’éléments à charge, d’autres faits qui sont erronés, vous les sortez largement de leur contexte, vous les liez entre eux implicitement ou explicitement, et vous les interprétez à votre façon. En insérant dans tout cela des pseudo-démonstrations écologiques (au sens scientifique). Par exemple, votre soit-disant effet de lisière ne s’observe jamais dans les forêts denses humides du bassin du Congo, il n’y a jamais d’incendies sur les bords de route et les arbres qui s’y trouvent ne sont pas ou très peu (ils sont un peu sensibles aux chablis causés par le vent, mais ceux-ci n’ont qu’une ampleur très très limitée) fragilisés. Les seuls incendies en forêts denses humides africaines sont causés par les agriculteurs après les défrichements agricoles.
Est-ce qu’une forêt est la même après prélèvement de bois d’œuvre : non. Est-ce qu’elle redeviendra identique à ce qu’elle était avant : non. Est-ce que le changement induit par le prélèvement durable de bois d’œuvre est acceptable : pour moi oui car il préserve les services environnementaux apportés par la forêt en terme de biodiversité, de régulation climatique, de régulation du régime et de la qualité des eaux, et surtout en terme de production de biens et services aux populations locales. Pourquoi est-ce acceptable et même souhaitable : pas parce que c’est une bonne option dans l’absolu, mais parce que c’est la moins pire. Elle augmente la valeur économique de la forêt et incite donc les Etats, les populations et les sociétés à la maintenir à l’état de forêt.
Vous voulez habilement nous faire croire que les forêts de RDC sont dans une sorte de no-man’s land où ne vivent que des pygmées coupés du monde. Mais la RDC n’est pas l’amazonie, les pygmés ne sont pas coupés du monde, ils ne sont pas les seuls habitants (et même pas les principaux d’ailleurs, loin de là ) des massifs forestiers. Votre image de suicides collectifs est destinée à frapper les esprits, mais cela ne correspond à aucune réalité en RDC, il n’y a jamais eu de suicide collectif causé par l’exploitation ou même par autre chose. Les hommes, pygmés ou bantous, continuent à vivre dans la concessions forestières, à y prélever des chenilles et d’autres produits. Des mesures sont à mettre en place pour s’assurer que cette fonction sociale de la forêt est préservée, voilà un combat intéressant et constructif, et réaliste. Concessionnaire et populations peuvent ensemble jouir de droits d’usage sur les ressources forestières, il n’y prélèvent pas les mêmes produits pour l’essentiel et les quelques conflits d’usage sur des ressources conflictuelles sont gérables, en préservant les sites et les arbres utiles aux populations (je ne dis pas que c’est systématiquement fait pour le moment, je dis que c’est faisable sans contrainte forte).
Vous semblez presque l’admettre, puis vous sous-entendez l’inverse : le prélèvement durable de bois d’œuvre n’est pas la cause de la déforestation, celle-ci étant causée ultra majoritairement en RDC, comme le l’ai déjà dit, par l’agriculture vivrière. Regardez les images satellites, les différents travaux de cartographie de la déforestation, et comparez avec la cartographie des concessions et de la production (ça tomber bien, l’atlas WRI vient de sortir…). Cela m’amène à une autre observation : les populations locales ne gèrent pas durablement les ressources naturelles, elles organisent le plus rationnellement possible les prélèvements en fonction de leurs besoins. Quand les besoins augmentent, les prélèvements augmentent, en gibier notamment. Quand les besoins en terre agricole augmentent, le défrichement augmente. C’est logique et ce n’est pas critiquable, mais ça pose un grave problème environnemental. Allez expliquer votre objectif zéro déforestation à ces gens qui n’ont rien que l’agriculture pour manger et vivre, vous serez bien reçu. Voir ma citation de Karsenty hier à ce sujet.
L’exploitation n’ pas les effets catastrophiques que vous évoquez sur la faune. Vous semblez parler de la faune mammalienne (territoires de 200 ha). La fragmentation causée par les routes ne fractionne pas les populations de grands mammifères, qui traversent les routes en question, sauf une espèce de petit primate qui ne franchit celles-ci que dans la canopée, il faut lui ménager des « ponts » de canopée, là encore, voilà un combat intéressant. Exemple : Gabon, 3 millions de m3/an produits depuis des années, sur une très grande partie du territoire l’exploitation est passée : il reste des éléphants partout, et des gorilles et des chimpanzés et des mandrills, etc… RDC : moins d’un demi-million de m3/an produits depuis des années (moins encore pendant la guerre) sur une étendue 5 fois plus grande : il ne reste presque plus d’éléphant, de gorilles, quelques chimpanzés, des bonobos. Pourquoi ? pas à cause de l’exploitation, à cause de la chasse coutumière ou à l’arme lourde, qui n’a pas eu besoin de routes pour se développer (la viande se transporte à vélo, en pirogue…). L’exploitation perturbe peu la grande faune, les éléphants s’éloignent éventuellement un peu des parcelles en cours d’exploitation (et encore, pas forcément), mais y reviennent ensuite, idem pour les gorilles, les panthères, les antilopes… Seuls les chimpanzés semblent sensibles : l’exploitation peut amener un groupe à se réfugier sur le territoire du groupe voisin, provoquant une guerre parfois meurtrière entre groupes. Cette incidence est gérable elle-aussi, et elle ne concerne que très peu la RDC, où il y a très peu de chimpanzés sur les concessions.
L’exemple que vous donnez pour SODEFOR : c’est juste, ce paiement correspond au droit coutumier d’entrée dans une forêt, offrande symbolique au chef de terre, que paye tout étranger pénétrant dans la forêt et appelée Mokako dans la région du Maï-Ndombé. SODEFOR a été maladroite par le passé en liant le paiement de ce Mokako, qui est légitime, à un contrat. Ce n’est pas le seul droit que paye SODEFOR, qui négocie et exécute en ce moment les clauses sociales de ces cahiers des charges : construction de routes (non destinées à l’exploitation), d’écoles et centres de santé (hors bases vie), de marchés, etc… Et encore une fois, il ne s’agit pas de no man’s land, les forêts sont dans un Etat, et les concessionnaires payent des impôts et taxes à l’Etat aussi, qui leur a en échange accorder le droit de prélever des ressources en bois sur des forêts délimitées. Que cet Etat souffre de problèmes colossaux de gouvernance et de démocratie, j’en suis bien d’accord, que les populations ne bénéficient pas de ces taxes aussi. Mais est-ce à vous ou moi depuis l’Europe de prendre des décisions pour les congolais à la place de leur Etat ? Est-ce aux industriels d’imposer la démocratie dans ses pays ?
Si, je persiste, les profits sont relativement comparables avec les 9 millions d’euros de budget de Greenpeace, comme déjà expliqué. Un m3 de bois en grumes n’est pas vendu à 3 000 euros/m3 comme le prétend Libération, bien loin de là , consultez les statistiques de l’OIBT, les prix sont de l’ordre de 200 euros/m3. Et les coûts de production à peine inférieurs.
Je reviens au problème des pygmées, qui est un vrai problème, mais pas à cause de la gestion forestière. Les pygmées sont une minorité maltraitée par la majorité bantou, méprisée, ils sont parfois en quasi situation d’esclavage, les bantous se les « appropriant » et les faisant travailler pour rien. Là encore, voilà un vrai combat à mener. Les pygmées ne vivent déjà plus, pour la plupart, selon leur mode de vie traditionnelle, le monde a changé. Et eux-mêmes ne se satisfont pas des conditions de vie déplorables qui sont les leurs, il n’y a que certains ethnologues pour vouloir les y enfermer. Ce n’est pas l’enjeu, l’enjeu est d’accompagner leur insertion dans la société. Sinon, je le redis, si vous pensez que leur vie est idyllique, allez donc la partager.
Votre proposition est : « laissons les africains se débrouiller et gérer leur forêt, ils le font très bien ». Ce n’est pas vrai, je l’ai déjà dit, car les conditions dans lesquelles ils pourraient gérer durablement (de fait, pas de façon consciente) les ressources naturelles ne sont plus réunies, le monde ayant changer ces derniers siècles comme vous avez dû vous en rendre compte (démographie, économies, etc…). Vous propos sont blessants aussi pour les ONG internationales et locales qui travaillent sur des aires protégées, car à eux aussi vous leur dites que leur travail est inutile. Idem pour les ONG humanitaires, de la santé, du développement rural, etc… qui selon vous font du néo-colonialisme auprès de populations qui vivent traditionnellement très bien avec leurs savoirs ancestraux. Je l’ai déjà écrit, cette idéologie que vous défendez pourrait être qualifiée de crime contre le développement.
Vous nous dites que l’europe n’a pas besoin du bois africain : c’est vrai. Mais la RDC, elle, a besoin de bois, ce besoin n’est pas couvert. Le développement de la filière doit se faire vers le marché local, alimenté pour le moment par des exploitants illégaux, et pour la plupart congolais. Illégaux car le cadre légal n’est pas adapté à leur situation. Il faut formaliser ces productions, rendre les productions industrielles légales concurrentielles sur ce marché, continuer à exporter certains des meilleurs produits pour apporter des revenus au Congo, car la RDC a aussi besoin de ces revenus. Et lutter contre la mauvaise gouvernance qui empêche la bonne gestion de ces revenus.
Décidément, cela fait beaucoup de vrais combats à mener. Alors évitons de perdre notre énergie sur des luttes qui ne sont pas les bonnes et qui sont mêmes potentiellement néfastes.
Je vous recommande aussi à tous de voir ou revoir l’émission éC’est pas sorcier” de l’année dernière sur les forêts du Bassin du Congo, très bien faite dans l’ensemble.
Dernière chose: vos sous-entendus sur Ebola sont gravissimes, je tiens à rectifier: l’apparition du virus Ebola n’a rien à voir avec l’exploitation forestière. Ce que vosu écrivez à ce sujet Titouan est l’exemple type de l’argument qui reste vrai, c’est bien “l’entrée de l’homme dans la forêt et de son contact avec certains animaux” qui est l’origine d’Ebola, mais tendancieux car placé dans l’argumentaire de telle façon que l’on puisse attribuer la responsabilité de son apparition à l’exploitation forestière et à ceux que vous appelez les “néo-coloons”. En réalité, il s’agit de l’”entrée en forêt” de populations locales et “contact avec certains animaux” est en fait la chasse vivrière ou commerciale par ces populations locales.
Cela n’a rien à voir avec l’exploitation, et je trouve particulièrement malhonnête de le laisser penser.
C’est que de la propagande tout cela.
Les routes sont un des facteurs qui contribuent à la mortalité de bon nombres d’espèce.
De plus quant à la déforestation en général, c’est l’équivalent de plusieurs stades de foot qui disparaissent.
Tu prétends que l’industrie du bois fait vivre la population locale. Mais pourrais tu à ce moment nous dire pourquoi ton pdg nage dans l’argent, alors que le peuple creve la dalle?
Ce que paie Sodefor aux chefs locaux, ça s’appelle de la corruption. Mais d’ailleurs ces chefs locaux ont t-il réellement le choix? Que se passe t-il s’ils refusent?
L’Europe à toujours pris les décision pour les Congolais.” Bonjours, on vient chez vous, nous servir” En réalité c’est du pillage.
Je pense que oui, les Congolais gèrent mieux leur forêt que nous. Mais je te retourne la question, les exploitations Forestières Européennes sont elles vraiment des sauveurs? Pourrais tu nous dire à quoi va servir le bois produit?
La vente de « produits forestiers non ligneux » seraient la solution miracle, selon vous Titouan. Très bien, développez les filières, expliquez nous quels produits (sur la RDC), quelles quantités, quels moyens de transport, quelles filières, etc….
Des choses sont possibles, mais restons humbles, cela ne génèrera pas à court terme 2 milliards d’euros par an, peut-être à très très (voire encore très très très très…) long terme sur tout le Bassin du Congo. Si c’était le cas, ce serait bien plus que la filière bois d’œuvre et vous pensez bien que des gens auraient sauté sur l’opportunité de développer ces prélèvements, comme c’est le cas en amzonie pour la noix du Brésil et certaines « huiles », de Copaiba, d’Andiroba et autres.
Pour développer les filières, il faut pouvoir transporter, conditionner, il faut donc mettre en place toute une organisation. On peut demander que les industriels du bois appuient ce développement, ils ont eu cette capacité et cette organisation logistique sur le terrain. Ils le font déjà un peu d’ailleurs, de façon formelle ou non. Sinon, si c’est si simple, pourquoi est-ce que cela ne fonctionne pas actuellement. Ces filières ne sont pas pour la plupart (pour le « Fumbwa » et beaucoup de fruits et graines par exemple) concurrentielles des prélèvement de bois d’œuvre. Dans certains cas, elles le sont partiellement, par exemple pour les chenilles, et il faut trouver des solutions pour que l’exploitation n’ait pas d’incidence sur la ressource, qui est énorme. N’oublions pas non plus que le principal produit forestier à usage local est le gibier, dont le prélèvement est règlementé et la commercialisation interdite.
Hanks, à quoi sert le bois de RDC. A faire des contreplaqués en RDC (à Kinshasa), vendus en totalité localement aux congolais pour leur besoin de construction. A produire des sciages, destinés en partie au marché local et en partie à l’exportation. A vendre des grumes. Tout cela, ce sont des salaires payés à des employés, à des sous-traitants, ce sont des emplois dans les commerces proches des sites, dans la fonction publique, etc… Le bois sert donc avant tout aux congolais, mais si on peut en utiliser un peu en Europe, en connaissant les retombées évoquées, en s’assurant de l’origine légale des produits achetés (ce qui sera facilité par la nouvelle politique européenne), en sachant que les forêts dont sont issus ses produits sont gérées durablement, quel problème y voyez-vous ? Je préfèrerais toujours une fenêtre en Sipo à une fenêtre en PVC.
Jamais aucune étude n’a démontré qu’une route forestière avait causé la disparition d’une seule espèce, et d’ailleurs aucune route forestière n’a jamais causé la disparition d’une seule espèce.
Vous mettez en exergue la coutumes locales, puis vous venez nous dire qu’on ne doit pas traiter avec les chefs locaux coutumiers, désignés selon des coutumes séculaires. J’avoue que ça manque de cohérence et démontre surtout votre méconnaissance du dossier. Ben oui, la déforestation, ce sont des superficies importantes qui disparaissent, environ 200 000 ha en RDC chaque année, mais comme déjà expliqué, essentiellement pour l’installation de champs pour les productions agricoles vivrières. Regardez les images satellites sur Google Earth, regardez les travaux sur la déforestation de CARPE ou Duveiller et al. (http://www.observatoire-comifac.net/docs/edf2008/FR/Etat-des-forets_2008-12.pdf) par exemple et comparez avec une carte des concessions et des productions actuelles (WRI : http://pdf.wri.org/interactive_forest_atlas_drc_fr.pdf pour la RDC, existent aussi pour les autres pays).
J’ai déjà donné ma position sur la soi-disant gestion durable des forêts par les populations locales.
A vous aussi, je dis: allez-donc partager les conditions de vie idéales des populations congolaises dans l’un des nombreux territoires où ne se déroule aucune exploitation forestière.
bonsoir à tous ,
le progrès et l’exploitation de la nature sauveront la planète ou la vision du monde selon BOB.
faisons disparaitre toutes les forêts primaires, remplaçons les par des forêts exploitées et ce sera le paradis ( pour les exploitants forestiers).
ce n’est pas parce les exploitations font travailler une partie de la population que c’est LA solution. Il ya aussi de nombreuses ONG qui aident les populations sans faire d’exploitation .
il faut arrêter de ne voir les rapports avec la nature qu’exclusivement en terme d’exploitation.
( et puis parler en pourcentage sur des surfaces gigantesques est trompeur; 0,25% de la forêt du congo c’est énorme en absolu)
Par ailleurs des études ont montré que les forêts primaires captent plus de CO2 que les forêts exploitées à surface identique.
à plus
Ce que Hanks a essayé de te faire comprendre, Bob, c’est que les populations locales ne récupèrent que des miettes de l’exploitation de la forêt.
La grande majorité des industriels exploitants la forêt en RDC sont étrangers. Les capitaux sont étrangers, les patrons et cadres sont étrangers, même les contremaitres sont pour pas mal étrangers (l’exemple du chef d’équipe libanais dans l’article de Libé que j’ai posté n’en est qu’un parmi tant d’autres…
L’exploitation des essences les plus rares et les plus recherchées a des conséquences écologiques indéniables, et il est inutile d’avancer la quantité somme toute relative de bois réellement prélevé pour défendre l’inverse : c’est, mauvais jeu de mot, l’arbre qui cache la forêt. Pour atteindre les essences recherchées, d’autres arbres sont abattus. Qu’ils ne soient pas comptabilisés dans le bois exploité ne change rien.
Après, vouloir défendre l’idée que l’exploitation industrielle de la forêt par les grosses sociétés étrangères fait vivre les populations locales est un faux argument. Avec ce type de raisonnement, on peut tout cautionner… Le travail des enfants dans les usines dans les pays les plus pauvres ?! C’est mieux que de les voir trainer dans la rue, mendier, se prostituer… Je prends un exemple volontairement extrême, ok…
Ce n’est pas parceque la situation pourrait être pire qu’elle est défendable… Dans une économie globalisée et hyper-concurrentielle, il ne faut pas se leurrer… Je ne connais aucune entreprise à capitaux pour qui le développement durable soient la priorité. C’est devenu un “must have” dans toute campagne de communication, mais ça s’arrête là . Le but d’une entreprise c’est de faire du profit, plus de profit, dégager de bonnes dividendes et plus-values pour satisfaire l’appétit insatiable de ses actionnaires (vous savez, tous ces fonds d’investissements et ces banques qui ont foutu le feu à l’économie mondiale avant de renouer quelques années plus tard avec des bénéfices records…)
Face à eux, la RDC n’est pas assez armée pour faire face au pression et lobbying de ces industriels. La RDC reste un pays où la majorité de la population est très pauvres, où des zones de non-droit existent et où les pires atrocités continuent d’être commises, en particulier contre les femmes (dans les régions proches du Rwanda et du Burundi). Le pouvoir politique essaye tant bien que mal de s’en sortir, mais la RDC reste une démocratie relativement récente, souffrant d’une corruption endémique… C’est la raison pour laquelle une régulation extérieure est nécessaire…
Ca n’est pas de l’ingérence, c’est plus de l’aide. Histoire de rééquilibrer la balance qui sinon penchera toujours et sans limites du coté des mêmes intérêts…
Bon, et alors que prévoyez-vous pour lutter contre la principale cause de déforestation en RDC: l’extension des cultures vivrières.
Faust, votre dernier message est très confus.
Vous dites ainsi: “Après, vouloir défendre l’idée que l’exploitation industrielle de la forêt par les grosses sociétés étrangères fait vivre les populations locales est un faux argument. Avec ce type de raisonnement, on peut tout cautionner… Le travail des enfants dans les usines dans les pays les plus pauvres ?! C’est mieux que de les voir trainer dans la rue, mendier, se prostituer… Je prends un exemple volontairement extrême, ok…”
C’est un exemple criant de votre mauvaise foi, je ne vois pas le fil conducteur du raisonnement, juste une association incohérente d’idées. Il s’agit de payer décemment des employés, en respect des règlementations nationales et internationales. Quel rapport avec le travail des enfants, totalement illégal? Il n’y aucun lien dans ce paragraphe entre les deux premières phrases, qui sont simplement juxtaposées dans le but de frapper les esprits. C’est tout sauf un raisonnement logique.
Faust, en RDC, l’essentiel des employés (plus de 95%) et donc des bénéficiaires des retombées de l’activité, y compris des cadres, des industries forestières sont des congolais. Des congolais qui n’apprécient pas du tout (je le sais, j’en ai parlé avec certains) la façon dont vous les traitez, en considérant qu’ils n’exercent pas librement leur activité.
Vous dites: “Ce n’est pas parceque la situation pourrait être pire qu’elle est défendable.” Ah bon? je ne comprends pas, vous préfereriez une situation pire??? Et je vous ai justement expliqué qu’elle devrait être meilleure et que nous avions un certain nombre de combats à mener pour l’améliorer.
Enfin, je ne comprends pas non plus votre vision de la démocratie. Je n’aurais même pas dit comme vous que la RDC est une démocratie récente, la RDC n’est pas encore une démocratie. Mais vous décidez que Greenpeace (pas l’Etat français ou l’Europe dont vous ne sollicitez pas l’intervention et qui eux seraient légitimes pour le faire), dont les représentants ne sont désignés démocratiquement par personne, va imposer sa “politique” au gouvernement de la RDC, sans que la population congoalise ne se soit jamais exprimé majoritairement (bien loin de là ) en faveur des idées de Greenpeace. Ca me semble assez autoritaire, comme démocratie. En fait, peu vous importe que la RDC devienne démocratique, vous souhaitez juste qu’elle se plie à vos exigences. Sinon, vous militeriez avant tout pour une démocratisation et ensuite pour une évolution de la gestion des forêts décidée démocratiquement.
Faust, je vous suggère d’aller dans certains villages à proximité des sites forestiers et sur les sites forestiers même, pour expliquer aux gens que vous leur retirez de la bouche ce que vous considérez comme des “miettes”. Attendez-vous à être bien reçu…
Mais bon, puisque votre vision de la démocratie, c’est qu’il faut imposer votre point de vue en contradiction avec l’avis de la majorité, que vous considérez comme incapable de faire les bons choix la concernant…
Tu comprends tout de travers Bob, et j’ai la très forte impression que c’est fait sciemment de ta part…
Tu te contentes de répéter les mêmes arguments en boucle et t’attaches à des points de détails dans le discours de tes interlocuteurs, occultant tout le reste…
Bob :”Ah bon? je ne comprends pas, vous préfereriez une situation pire???”
Fais un effort…
Bob :”la RDC n’est pas encore une démocratie.”
Je n’osais pas le dire, merci de l’avoir fait. D’où la nécessité d’une régulation extérieure pour éviter que le pouvoir, débordé ou corrompu, ne cède aux sirènes des groupes industriels étrangers…
Bob :”Mais vous décidez que Greenpeace (pas l’Etat français ou l’Europe dont vous ne sollicitez pas l’intervention et qui eux seraient légitimes pour le faire), dont les représentants ne sont désignés démocratiquement par personne, va imposer sa « politique » au gouvernement de la RDC”
Tu fais exprès de comprendre de travers, et c’est tellement évident que tu devrais arrêter… Greenpeace fait pression pour que l’élaboration du processus REDD borde clairement les choses en RDC… Je crois que c’est clair…
Tu es en train de devenir de plus en plus un troll brillant, mais un troll quand même…
En effet, Faust, nous finissions par tourner un peu en rond, je pense qu’on peut en partager la responsabilité, le débat est passionnant et passionné, évitons de l’envenimer. J’aimerais surtout avant tout vous convaincre de la sincérité des positions que je défends, comme vous êtes aussi probablement sincère de votre côté Mes critiques à l’égard de Greenpeace ne s’adressait pas à vous personnellement, si jamais vous étiez impliqué dans Greenpeace.
Cette conviction, je ne l’avais pas, et loin de là (bien au contraire même), avant de commencer ma carrière professionnelle, elle s’est construire peu à peu sur le terrain, au contact de ses réalités, cette expérience m’a fait aimer l’Afrique, de ses forêts, de ses habitants. Et tout particulièrement la RDC, tellement attachante et où on sent qu’on peut apporter énormément aux congolais de l’intérieur, ne serait-ce qu’une ouverture sur le monde extérieur qu’ils ne connaissent pas.
Je suis bien d’accord qu’il faut une régulation, je ne suis pas un libéral. Une régulation par les ONG, par les marchés (avec la certification), par les Etats (parfois via la régulation du marché, avec le FLEGT, parfois via des appuis techniques et des Projets). Là ou nos avis divergent, c’est sur les solutions à adopter pour créer les meilleures conditions d’une gestion durable des forêts, d’une préservation des bénéfices environnementaux, d’une amélioration de la satisfaction des besoins humains.
Les échanges que je viens de lire sur la page actualités des océans confirment bien que Greenpeace a bien aussi ses propres intérêts à défendre: voir http://oceans.greenpeace.fr/le-japon-a-decide-dinterrompre-prematurement-sa-campagne-de-chasse-a-la-baleine-dans-lantarctique.
Comme je l’ai écrit là -bas: “Greenpeace, bien qu’ONG et donc sans but lucratif, obéit, en partie, aux mêmes règles qu’une entreprise privée. Greenpeace est en concurrence avec d’autres « capteurs de dons », la capacité à donner n’étant pas infinie, et doit donc montrer qu’elle est plus efficace dans ses missions que ses concurrents directs sur ces mêmes missions, mais aussi qu’elle est plus utile et plus importante que les concurrents Å“uvrant sur d’autres missions (humanitaire, sanitaire, droits de l’homme, etc…).”
Ce sur quoi un autre blogueur, soutien de Sea Shepherd, surenchérit: “si les adhérents de GP sont plus honnêtes que les cadres de l’ONG, ce que je pense, alors qu’ils révisent la destination de leurs dons.”
Dans l’absolu oui, mais cela est valable pour toutes les ONGs, et pas que pour Greenpeace.
La différence fondamentale entre une ONG et une entreprise privée, par exemple un gros groupe industriel forestier, c’est qu’il n’y a pas d’actionnaires qui attendent des dividendes importants sous peine de virer le CA. Il n’y a pas de patron qui touche des stocks options et autres bonifications honteuses. Une ONG ne répond pas à une logique de profit, juste d’équilibre entre dons et dépenses.
Croire qu’une ONG comme Greenpeace et une entreprise privée c’est pareil, est une grosse erreur. Une ONG, ce sont d’abord des adhérents qui ne gagnent rien à donner des dons, au contraire. Ensuite, il y a des salariés mais qui sont en très petit nombre. Ils touchent un salaire correspondant à leurs qualifications, ce qui est normal, et basta.
Après, oui je suis d’accord, des fois il y a des loupés, comme cette histoire de baleines en papiers envoyées à Obama, c’est bien gentil mais un peu grotesque pour le coup. Mais ça ne change pas le fond du problème : la déforestation, pour revenir au sujet évoqué, est un problème. Et l’exploitation des forêts primaires ou anciennes de pays en développement par des sociétés étrangères est une réalité également…
Faust, ce que montrer avant tout l’actualité récente sur les baleines, c’est que Greenpeace peut mentir pour atteindre ses objectifs de communication. Dans ce cas, en “oubliant” de mentionner que son concurrent “Sea Sheperd” jouait une place majeure dans la lutte contre la pêche à la baleine.
Greenpeace est tout aussi malhonnête en laissant penser que le prélèvement de bois d’oeuvre par les entreprises industrielles est la cause essentielle, voire unique de la déforestation en RDC.
En réalité, cette exploitation forestière formelle est responsable de moins de 1% de la déforestation en RDC, elle-même relativement faible à 0,2%/an de la superficie forestière chaque année. L’exploitation forestière déforeste 0,002%, au maximum, chaque année de la superficie forestière actuelle en RDC. Les chiffres réels sont peut-être très légèrement différents mais nous avons là de bons ordres de grandeur.
A l’opposé, l’agriculture vivrière est à l’origine de l’essentiel de la déforestation, parceque la population augmente chaque année et que les pratiques agricoles restent les mêmes, il faut bien que les Congolais mangent. Chaque année les agriculteurs défrichent la forêt et la font brûler en fin de saison sèche. Que compte faire Greenpeace dans ces conditions pour atteindre le “Zéro déforestation”? Rien manifestement, je ne lis jamais rien sur le sujet de la part de Greenpeace.
Il y a donc une incohérence fondamentale entre l’objectif annoncé et les solutions proposées.
Si on analyse mal la problématique au départ, comment proposer des solutions efficaces et adaptées, et comment être crédible?
Bob :”Faust, ce que montrer avant tout l’actualité récente sur les baleines, c’est que Greenpeace peut mentir pour atteindre ses objectifs de communication.”
Le retour du trollage… c’est un point de vue à la fois erroné, partiel et partial, mais tu nous as habitué à cela.
Comme j’ai tenté de l’expliquer à des sympathisants de Sea Shepherd qui sont très vite enclins à ne croire qu’un seul son de cloche, il y a deux raisons selon moi à l’arrêt de la pêche à la baleine cette année :
- le harcellement de de Sea Shepherd
- la quantité de viandes de baleines qui trainent dans les frigos.
Sur le premier point, Greenpeace n’en a pas parlé, et c’est dommage. Sur le deuxième, Sea Shepherd n’en a pas parlé (ni de l’affaire des Tokyo two) et c’est dommage aussi. De part et d’autres, la communication des deux ONGs a du mal à enterrer la hache de guerre et je le déplore.
Bob :”Greenpeace est tout aussi malhonnête en laissant penser que le prélèvement de bois d’oeuvre par les entreprises industrielles est la cause essentielle, voire unique de la déforestation en RDC.”
Tu ne comprends vraiment que ce que tu veux comprendre pour défendre ton (ancien ?) business… Que les populations exploitent durablement leurs forêts, oui. Qu’elles recoivent des compensations pour ne pas l’exploiter de façon intensive, oui (ça fait partie des revendications de Greenpeace).
Mais que les industriels ETRANGERS, société à capitaux ETRANGERS, employant beaucoup de cadres expatriés et donc ETRANGERS à la RDC, creusent la forêt pour y trouver les essences rares et lucratives, non. Les principaux bénéficiaires ne sont pas les populations locales, pas plus que pendant la colonisation…
Vouloir faire croire que, parceque Greenpeace s’attaque aux industriels ETRANGERS qui exploitent la forêt, ils s’attaquent aussi au développement des populations locales est une malhonnêteté intellectuelle de ta part. Les écologistes et altermondialistes revendiquent depuis des années la mise en place de mécanismes de compensation efficaces pour permettre aux populations des pays les plus pauvres de se développer sans saccager leurs forêts. Seulement voilà , d’un coté les états riches ne veulent pas mettre la main au portefeuille (ou si peu) et de l’autre les industriels que tu connais bien font du lobbying pour empêcher cela… La faute ne revient pas aux ONGs, arrêtes d’inverser les rôles tout le temps…
Faust, je reviendrais plus tard sur les différents points que vous évoquez, notamment votre haine de l’étranger, mais avant tout, j’aimerais bien que vous me donniez votre avis sur une question posée dans mon précédent message:
Le développement de l’agriculture vivrière étant, et de très loin, la principale cause de déforestation en RDC, quelles solutions préconisez-vous pour atteindre l’objectif affiché « Zéro déforestation »?
Bob :”…notamment votre haine de l’étranger,…”
Bon sang, mais arrêtes ce Trollage systématique !!!
Ma haine de l’étranger ?! Qu’est-ce que tu essayes de faire croire ?! Que je suis raciste !
Essayes de lire et de comprendre plutôt que de chercher à dénigrer systématiquement ceux qui s’opposent à ton “ancien” business ou celui de tes amis (tu l’as avoué à demi-mot).
Si j’ai souligné l’aspect ETRANGER chez les sociétés industrielles exploitant la forêts en RDC, ce n’est pas par racisme, réfléchis ! Ces sociétés sont des sociétés étrangères à la RDC. Les capitaux, les sièges, les patrons, les actionnaires, les cadres et une partie de leurs salariés sont étrangers à la RDC.
Ce que j’ai voulu te faire comprendre, c’est l’aspect NEO-COLONIALISTE de l’exploitation de la forêt de RDC par des sociétés étrangères (européennes pour beaucoup mais il y a aussi une monté une puissance des chinois).
Ca n’a rien à voir avec du racisme… cela, tout le monde l’a compris et cela ne fait que discréditer encore un peu plus ton discours et son manque d’objectivité…
Bob :”Le développement de l’agriculture vivrière étant, et de très loin, la principale cause de déforestation en RDC, quelles solutions préconisez-vous pour atteindre l’objectif affiché « Zéro déforestation »?”
LÃ encore, si tu avais lu…
“Les écologistes et altermondialistes revendiquent depuis des années la mise en place de mécanismes de compensation efficaces pour permettre aux populations des pays les plus pauvres de se développer sans saccager leurs forêts.”
Si tu veux plus de détails, fais une rapide recherche sur le site de Greenpeace, d’une ONG altermondialiste ou une recherche sur le Net. Tu trouveras vite ton bonheur, mais je doute de toute façon que tu en aies quelque chose à faire, aussi je ne perdrai pas mon temps à détailler…
Désolé, ça m’avait en effet un peu échappé, mais il faut dire que votre phrase sur les mécanismes de compensation ne brille pas par sa clarté et qu’on en comprend pas nécessairement qu’il s’agit de trouver un palliatif à la déforestation causée par les défrichements agricoles. Il semble que vous vouliez soigneusement éviter d’écrire certains mots de façon explicite, seriez-vous expert dans la langue de bois ? J’aimerais bien en savoir un peu plus sur le fonctionnement de ce fonds, les actions concrètes prévues sur le terrain et les modalités de leur mise en Å“uvre.
Contrairement à ce que vous m’annoncez, je ne trouve pas de détail à même de me satisfaire sur le site de Greenpeace France. Car c’est là un vaste et un vrai défi qu’il nous relever, pour aider les congolais à mettre en Å“uvre des pratiques agricoles qui préservent leurs forêts. Tout ce que j’ai trouvé comme proposition dans un document du site c’est « Une politique de soutien à une agriculture vivrière plus performante, à faible impact environnemental (sans généralisation du recours à des intrants polluants), valorisant les pratiques traditionnelles lorsqu’elles sont adaptées, et capable d’alimenter des marchés urbains en pleine croissance. » Je suis bien d’accord là -dessus, et beaucoup d’autres aussi, mais j’aimerais bien plus de développement (sans jeu de mot). Sinon, cela reste purement théorique. Et proposer à un Etat de mettre en Å“uvre une solution théorique pour le développement de dizaines de millions d’hectares me semble pour le moins risqué.
Mais non, Faust, je n’ai jamais prétendu que vous étiez raciste, mais le fait est que vous ne semblez pas porter dans votre cÅ“ur l’industriel étranger à la RDC. Et, de façon générale, stigmatiser un groupe sur la base de sa nationalité comme vous le faîtes, et bien franchement, je n’aime pas ça. Dans le cas qui nous intéresse, le fait que les sociétés soient étrangères ou nationales n’a qu’une importance très limitée, ce qui compte est ce qu’elles font. Que vous critiquiez le secteur industriel privé, je veux bien et je veux bien débattre là -dessus, mais que vous critiquiez quelqu’un parce qu’il est étranger à un pays, je ne peux pas l’accepter. Jamais.
Dans les sociétés européennes et libanaises en RDC, la main d’œuvre expatriée représente moins de 1% des effectifs, c’est bien plus chez les malaisiens et les chinois, les seuls qui opèrent en RDC le font en toute illégalité dans l’Equateur, mais étrangement je ne lis rien à ce sujet sur le site de Greenpeace. Les congolais sont aussi présents dans le secteur en RDc, mais essentiellement dans l’informel et l’illégal, le formel légal n’étant pas adapté à leurs contraintes et les contraintes pesant sur eux pour respecter les lois n’étant pas très fortes (c’est un euphémisme !). Ces opérateurs congolais produisent bien plus que les sociétés étrangères que vous voulez chasser. Bien sûr, il faut promouvoir une place plus importante pour ces opérateurs nationaux. Pour cela, il faut les aider à acquérir les compétences et la structure requise, il faut adapter les législations, puis renforcer le contrôle et la répression.
Pourquoi les cadres des chantiers forestiers sont-ils expatriés ? Tout d’abord, il y a aussi, et beaucoup, de cadres congolais. Partout en afrique centrale, depuis des décennies, l’encadrement des chantiers est progressivement transféré aux nationaux. Mais pour cela, il faut des nationaux formés disponibles. Pour le moment, en RDC, les crises et conflits de ces dernières décennies font qu’il n’y a pas suffisamment de diplomés disposant des qualifications et compétences requises, la formation se fait en interne sur le tas, mais là encore, les années de guerre ont stoppé les efforts de formation.
D’ailleurs, il faut bien reconnaître que depuis des décennies, la RDC (au moins la partie forestière), est « en voie de sous-développement », les infrastructures et services d’éducation se sont dégradées, l’analphabétisme augmente. Tout cela explique que l’encadrement est effectivement largement expatrié, mais bon, encore une fois, on parle de moins de 1% de l’effectif.
L’Histoire a démontré que le renvoi des expatriés et le transfert brutal de toute l’activité aux nationaux est une très mauvaise solution. On l’a vu quand le maréchal Mobutu a zaïrianisé les entreprises et confisqué les biens des étrangers en 1974, accélérant le déclin économique de son pays. Ce que vous nous proposez là est une nouvelle zairianisation, pourquoi vouloir reproduire les causes d’un échec cuisant ? Au Zimbabwe, en 2000, Robert Mugabe exproprie la plupart des fermiers blancs, provoquant le chaos dans son pays. Pourquoi ne pas vouloir retenir les leçons de l’Histoire ?
En réalité, vos propos pouvaient être interprétés comme xénophobes, plus que racistes. Quoi qu’il en soit, soyez rassuré, je suis bien persuadé que vous n’êtes ni l’un ni l’autre, mais faites attention à ce que vous dîtes ou écrivez.
Bob :”Que vous critiquiez le secteur industriel privé, je veux bien et je veux bien débattre là -dessus, mais que vous critiquiez quelqu’un parce qu’il est étranger à un pays, je ne peux pas l’accepter. Jamais.”
Je le répète, tu es un Troll brillant mais un Troll malgré tout.
“la haine de l’étranger” comme tu l’as dit tantôt pour qualifier mes propos était on ne peut plus clair : la haine de l’étranger s’apparente à de la xénophobie ou du racisme. Bon moyen pour discréditer un adversaire que de secouer une accusation de racisme à demi-mot…
N’importe qui a compris que ce que je critiquais était le néo-colonialisme, une attitude totalement opposée au racisme. Vouloir que les appétits des grands groupes privées des pays les plus riches soient bridés pour protéger les pays les plus vulnérables, c’est tout sauf du racisme.
Ton hypocrisie commence à apparaître de plus en plus évidente et je doute que je sois le seul à m’en apercevoir…
Tu as un réel talent pour embrouiller les choses, es bien informé et renseigné mais ce genre de désinformation ne passera pas…
Faust, je vous présente mes excuses si ma boutade maladroite sur la “haine des étrangers” a pu vous choquer. Ce n’était vraiment pas le but et comme je l’ai déjà expliqué ensuite, je n’ai jamais cru ni voulu faire croire une seconde que vous pouviez être raciste ou xénophobe, cela me parait d’ailleurs tellement évident que vous en l’êtes pas.
Je maintiens quand même que vos propos étaient, eux aussi, maladroits et que l’on ne doit pas stigmatiser une personne privée ou morale sur la base de la nationalité, même s’il s’agit de critiquer le néo-colonialisme. Comme je l’ai expliqué, dans l’Histoire de l’Afrique, l’expulsion brutale d’étrangers ou de personnes d’origine étrangère a souvent eu des conséquences désastreuses, et je pense qu’il peut être dangereux de proner des solutions radicales et brutales de ce type.
Tout ceci étant dit, je vous propose de passer à autre chose, j’aimerais notamment beaucoup que vous me donniez des précisions sur le smodalités pratiques de mise en Å“uvre de pratiques d’agriculture vivrière qui préservent les forêts. Car c’est bien là le vrai défi à relever pour lutter contre la déforestation en Afrique Centrale.
Ce que je veux dire plus précisément, c’est que, quoi que vous pensiez du bien-fondé de cette action, le fait de chasser les sociétés industrielles étrangères du pays na va pas avoir de véritable incidence sur la déforestation en RDC. Alors qu’une action efficace sur les pratiques agricoles en aura une énorme. Pour cela, il ne faut pas seulement de l’argent, il faut diffuser de nouvelles semences, il faut enseigner de nouvelles pratiques, il faut organiser les filières, bref il faut des hommes et des moyens logistiques, en très grande quantité.
Et il faut aussi des mécanismes (cf. article de Karsenty cité précédemment sur les PSE) pour éviter les effets pervers de ce type d’appui: par exemple s’ils en ont les moyens, les agriculteurs préfèreront défricher quand même autant pour augmenter leurs productions et la part qui en est conmmercialisée. Si on se contente de leur apporter des finances, sans appui ni contrôle, ils ne les utiliseront pas nécessairement en respect de l’objectif attendu par la communauté internationale, par exemple ils achèteront des tronçonneuses pour pouvoir défricher plus, la capacité de défrichement étant aujourd’hui considérée par les agriculteurs de RDC comme l’un des principaux freins (avec la capacité de transport des produits) au développement de leur activité.
Bonjour,
vraiment pour moi je suis très content de lire les interventions des uns comme celles des autres.
on doit toujours avoir une idée profonde vers le développement durable et rationnel de nos forêts qui aujourd’hui devient l’objet de discussion avec les occidentaux, moi je proposerai plutôt aux tierses personnes de donener leurs propositions par rapport à cette gestion durable et raationnelle au lieu d’avoir des idées divergentes.
Voilà ma façon de voir les choses
La RDC où 60% des forêts du BAssin du congo sont situées, est le deuxième massif forestier après l’Amazonie. Dès lors, le mise en oeuvre de la REDD+ en RDC représente un enjeu crucial pour la cohérence et l’atténuation effective des émissions dues au déboisement.
Toutefois les interrogations subistent et font débat:
- quel sera le lien entre le mécanisme de REDD+ et les stratégies nationales de développement en cours? Et quelle sera la pertinence des stratégies REDD+ par rapport aux besoins des populations?
- Comment les communautés dependantes de la forêt et les peuples autochtones qui sont les premiers citoyens pourront-ils être associés à la conception, à la surveillance et à l’évaluation des programmes REDD+ nationaux?
- Comment le mécanisme REDD+ sera-t-il financé et comment les pays s’assureront-ils que les bénefices seront équitable répartis entre tous ceux qui gèrent les forêts?
- Comment la quantité de carbone stockée et s”questrée grâce au mécanisme de la REDD+ sera t-elle contrôlée?
- Quels sont les risques de faire prévaloir une vision centrée sur le carbone alors que les forêts sont avant tout exploitées par 25% de la population pour leur vie et leur survie?
Voilà mes quelques questions de réflexions que nous devons réflechir ensemble en émettant des contributions.
A celà il faut dire qu’on connait que 80% de l’aide en RDC est de l’aide humanitaire et de l’aide projet, que les rapports d’évaluation pointent l’impact insignifiant de ce type d’aide.
Aujourd’hui comme dit le magazine d’un congo rurak en marche, le lancement de la phsa start de la REDD+ censée préparer le pays, est essentiellement basée sur de l’aide “projet”, alors qu’en sera-t-il de son efficacité et de son impact?
Pour n’est pas oublier la faible capacité d’absorption de la RDC en matière de financements. Que serra le sort de la RDC par rapport au financement REDD+?
@ george
moi, je préfère l’huskvarna 3200, avec un guide d’1,20m, ça va tout seul!
quand ça tombe où il faut, quelle montée d’adrénaline…c’est le panard!!
@ bob
tu devrais écrire un livre….
Bonjour à tous
Je fais partie d’une association qui milite pour la conservation des forêts primaires tropicales (pour les raisons citées précédemment), les scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps.
Bob, vous rendez-vous compte des effets de cette déforestation?
Les tsunamis ou catastrophes volcaniques (je ne parle pas des catastrophes climatiques) sont dus à quoi?
Vous allez me dire : à l’évolution de notre planète.
Nos scientifiques l’expliquent autrement:
La terre tourne sur elle même avec un angle par rapport à la verticale: premier point.
Ensuite on sait que l’augmentation des gazs à effet de serre (C02 par exemple) engendre un réchauffement climatique et une fonte des glaces des pôles. A titre de comparaison, essayez d’enlever un petit plot en plomb sur une roue avant de votre voiture et de rouler : vous verrez!
Pour la terre il en va de même, l’équilibre est brisé; et que se passe-t’il quand la voiture vibre? On créé de la fragilité. La même chose pour la terre seulement là , ce sont les plaques tectoniques qui bougent!!
Et nous arrivons aux phénomènes que nous connaissons de nos jours.
Alors maintenant ma question:
Bob êtes vous un de ces gros exploitants forestiers qui s’enrichit sans regarder ailleurs ce que sa profession engendre?
Cordialement
Dominique
Je suis un chroniqueur d’environnement dans la province à Bukavu. Nous avons énormément des massifs forestiers tels que le massif d’Itombwe, la réserve de Maniema, le parc national de Kahuzi Biega, le massif de Mississi,…Je crois que le problème de nos forêts est qu’elle souffre énormément de manque de réels suivis des réglementations comme d’ailleurs d’autres secteurs qui peinent sérieusement à contribuer au bien être du Congolais. Il faudra fournir beaucoup d’efforts dans la proximité et des programmes de sensibilisation et d’information sur la valeur inégalable de nos forêts. Je suis en train de réflechir sur programme des séries d’émissions et de reportages audiovisuels avec un collègue chroniqueur pour intensifier l’information sur le processus REDD. Notre grand souci est que ce processus ait de réelle répercussion ou résonance dans les communautés locales. Que des impacts positifs soient visibles dans la manière générale du Congolais à donner une réelle importance à ces ressources naturelles(forêts) comme les pays tels que la Bolivie ou le Venezuela sont en train d’insister sur le concept Terre nourricière.
domjudas03, je me rends d’autant mieux compte de l’ampleur et des effets de la déforestation dans les régions tropicales que je les ai visité à divers endroits du monde, qu’elles sont pour moi une passion et que mon plaisir à les décrouvrir ne faiblit pas.
Mais je ne suis pas d’accord avec le lien qui est fait entre prélèvement de bois d’oeuvre et déforestation. Ce prélèvement n’est qu’une cause très anecdotique de la déforestation en RDC tout particulièrement, et est par ailleurs une opportunité majeure de gestion et de préservation de forêts à vocation multi-usages.
Les critiques formulées par Faust le Dimanche 6 mars 2011 à 10:54 sur les sociétés formelles du secteur n’est pas une critique liée à des impacts environnementaux, mais une critique d’un modèle économique mondial, qui ne concerne pas spécifiquement le secteur forestier.
Comme je l’ai déjà expliqué, la véritable cause de la déforestation en RDC, c’est l’agriculture vivrière. Afficher un objectif “Zéro déforestation”, c’est très bien pour la communication, mais ce n’est pas réaliste, en tout cas pas sur le court terme, et je considère donc que c’est malhonnête. Ce qu’il faut, c’est une déforestation maitrisée et contrôlée, avec un aménagement du territoire qui dégage des espaces pour une conversion de certaines forêts, tout en s’assurant que les espaces voués à rester forestier sont préservés. Car il n’est pas envisageable de stopper du jour au lendemain les défrichements agricoles, le faire prendra du temps et nécessite beaucoup de moyens, moyens que le REDD peut apporter.
Mais les moyens ne suffisent pas, il faut mettre en place un système de contrôle et de surveillance, des appuis techniques en agronomie et développement rural, mais aussi améliorer le système d’éducation.
Je réponds enfin à votre question: je ne suis pas un exploitant forestier, mais je n’aurais aucune honte à en être un qui fait des efforts pour mettre en place une gestion durable des forêts qu’un Etat lui a confié et qui cherche à être un véritable acteur de développement local. Et je ne m’enrichit pas, j’ai déjà indiqué que j’ai un salaire comparable à celui d’un responsable de campagne de Greenpeace.
Samuêl2 BEGAA YENDJOGI, je pense que toutes vos questions sont très pertinentes. Malheureusement, je n’ai pas non plus de réponse toute prête. Inévitablement, les populations locales doivent être impliquées dans le processus, elles doivent en être l’un des acteurs majeurs même, et on doit veiller à ce que le REDD+ ait des impacts positifs pour elles, largement supérieurs à d’éventuels impacts négatifs.
En effet, l’aide passée à largement montrer ces limites. Il faut trouver des solutions innovantes, impliquant très largement tous les acteurs locaux et des appuis internationaux. Je pense que l’article de Karsenty que j’ai déjà mentionné donne quelques pistes intéressantes, je redonne le lien : http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&cd=1&ved=0CBgQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.cirad.fr%2Fcontent%2Fdownload%2F5086%2F48306%2Fversion%2F7%2Ffile%2FPersp07_Karsenty_FR.pdf&rct=j&q=Coupler%20incitation%20karsenty&ei=sN5oTZaeHMPPhAfPrsXuDg&usg=AFQjCNEoZq8GX_-ey77IvTQkR6_xi0CpGw.
Salut à tous et bonjours la planête!
peu être que justement il y aura de gros “big one” dù à un dérèglement du monde…
En tous les cas penser à l’EAU: car plus de foret= désert!
Les romains et surement les pays du Nil, namibie, etc dans un temps très ancien ont transformé une grosse partie de l’afrique du nord en desert…
Mais bon, ne vous tracacer plus: ont est dans un non retour! merçi au riche, au politique!!!! ont va vous faire la fête.
Bonsoir,
Ce débat est très intéressant et met en évidence les multiples facettes de cette problématique. On se rend compte qu’il n’y a pas de solution simple au problème de la déforestation. Et au fond, comme partout ailleurs sur la planète, le problème revient à rechercher le moyen de concilier développement économique et minimisation de ses impacts sur les écosystèmes.
En tant qu’écolos idéalistes, on se dit que ce développement économique ne devrait pas être inéluctable puisqu’il est synonyme de destruction de l’environnement. Les plus extrêmistes d’entre nous pronent même la décroissance économique. Et pour autant, je suis bien certain qu’aucun d’entre nous n’échangerait son style de vie contre celui d’un villageois de la RDC. On ne peut donc légitimement pas s’opposer à ce qu’ils accèdent, eux-aussi, à un certain développement économique.
De la même manière, nous voudrions conserver la forêt tropicale intacte, mais on ne peut pas dire que notre propre pays soit un champion de la préservation de ses écosystèmes. Evidemment, les enjeux écologiques ne sont pas du même ordre, mais nous devrions tout de même commencer par balayer devant notre porte.
Bob, je voudrais vous poser quelques questions :
- existe t-il dans le bassin forestier du Congo des zones (parc nationaux ?) totalement préservées de toute exploitation. Si oui, quelle fraction de la superficie totale de la forêt représentent-elles ?
- vous avez cité à plusieurs reprises le taux de déforestation/dégradation de 0,25% par an. Un tel taux a beau représenter quelques centaines de milliers d’hectares par an, on se dit qu’il existe malheureusement d’autres menaces écologiques sur terre qui nous précipiteront dans l’abyme plus rapidement que celle-la (ce qui ne justifie pas que nous ne tentions rien, j’en conviens).
Toutefois, j’ai lu dans un de vos lien que ce taux correspondait à la période 1990-2010, et on peut penser que la déforestation a du s’accelerer considérablement depuis 15 ans, du fait de la croissance économique mondiale. Connaissez-vous un taux plus récent ?
Par ailleurs, vous indiquez que l’exploitation forestière ne serait responsable que de 1% de la déforestation, soit 0,0025% de la superficie totale par an seulement. Pourriez-vous nous indiquer d’où vous tenez ce chiffre, qui est difficile à concevoir quand on voit (sur un autre de vos liens), le quadrillage des territoires de ces pays par les concessions.
Bonne soirée à tous et merci pour ce débat.
Correctif : je voulais écrire 1990-2000 et non 1990-2010
Alix24fr,
Oui, il existe des aires protégées, de différentes catégories (celles-ci étant définies par l’UICN). Je vous recommande vivement la lecture de l’Etat des Forêts 2008 : http://www.observatoire-comifac.net/edf2008.php. Voir notamment le chapitre 1, page 40, un tableau récapitule les superficies, les aires protégées couvrent 14% de la superficie des pays d’Afrique Centrale, la RDC, qui était alors à 11%, a annoncé depuis sa volonté d’atteindre 17% (http://www.digitalcongo.net/article/73119).
Dans la partie 3 de l’Etat des Forêts 2008, vous trouverez des informations sur les « paysages », définis par le programme CARPE, et qui ont pour vocation d’organiser la gestion durable de grands ensembles renfermant à la fois des aires protégées, des concessions et d’autres types d’affectation des terres.
Si les aires protégées sont dans l’ensemble mieux préservées que le reste, c’est avant tout car elles ont été placées dans les endroits peu peuplés, et soumis à une faible pression de défrichement agricole. Car les mesures effectives de conservation et de gestion sont encore réduites, voire inexistante sur beaucoup d’aires protégées.
Dans le chapitre RDC page 123, vous constaterez sur la carte que la grande majorité du massif forestier de RDC (le principal en Afrique Central) n’est pas « affecté » à une vocation définie (même si depuis d’autres concessions forestières ont été déclarées convertibles). Il reste un gros travail d’affectation des terres à réaliser, il reste de la place pour créer des aires protégées, des réserves foncières pour le développement des cultures vivrières (puisqu’on ne peut pas les stopper, cf. mon message précédent), des forêts communautaires, et aussi d’autres concessions.
Le taux de déforestation a effectivement légèrement augmenté sur 2000-2010, plusieurs publications à sortir dans l’année vont permettre d’actualiser ces chiffres, mais l’ordre de grandeur reste le même. Cette augmentation n’est pas lié à la croissance économique mondiale, mais à la croissance démographique locale, 3% par an en RDC, soit un doublement en moins de 25 ans.
Je n’ai pas remis la main sur la publication qui évalue les superficies déforestées par l’exploitation, je recherche, il faut avant tout comprendre que l’exploitation forestière en Afrique Centrale est très sélective, et que seule l’ouverture des routes et des parcs à bois provoque de la déforestation. Sur les concessions exploitées, 1 à 2% de la surface est déforestée (par exemple sur terrain plat, avec une route de 20 à 30 mètres de large tous les deux kilomètres). D’autres superficies sont impactées aussi par les engins de débardage notamment (environ 5% de la surface), il s’agit là plutôt d’une dégradation (le deuxième D de REDD), le couvert forestier n’est pas détruit, une partie de la biomasse de la forêt est retirée ou mise au sol, elle se reconstitue ensuite entre deux rotations. Vous avez peut-être déjà visité en France des forêts gérées en « futaie jardinée », dans lesquelles sont prélevés à intervalle régulier principalement les gros arbres, elles restent en permanence des forêts, il n’y a jamais de coupe rase. Le principe de gestion adopté pour les forêts d’Afrique Centrale est très proche de celui des futaies jardinées. On peut aussi bien comprendre ce principe de gestion des forêts du Congo dans l’émission « C’est pas sorcier diffusée l’année dernière ».
Merci pour toutes ces informations.
Comme disait un commentateur plus haut, elles présentent un tableau plutôt idyllique de la situation, puissiez-vous dire vrai.
Vous maintenez donc qu’il n’existe pas dans le bassin du Congo d’exploitation forestière du type “coupe rase”, comme il peut y en avoir en Indonésie, au
Brésil (ou dans les Landes !).
On parle souvent de la faiblesse des autorités locales, mais si vous dites vrai, elles font un travail extraordinaire pour empêcher les exploitants sans scrupules, qu’on imagine nombreux sur un territoire aussi vaste, de raser des parcelles pour prélever les essences les plus recherchées.
A vous entendre, la quasi-totalité des exploitations aurait adopté une gestion durable compatible FSC, et pourtant, le taux de certification est à ce jour encore très faible ?
Je maintiens que l’exploitation forestière n’occasionne pas des coupes rases en Afrique Centrale. Au Brésil, les coupes rases sont liées essetiellement à l’implantation de périmètres agricoles, l’exploitation forestière, qui est largement illégale et incontrôlée n’y provoque pas non plus directement de coupe rase, ou de façon très marginale. Dans ces deux cas, il ne serait pas justifié pour des exploitants de faire des coupes rases, car il est impossible de toute façon de valoriser une bonne partie des bois, notamment ceux de petit diamètre, peut-être au Brésil pour du charbon dans certains endroits (proches des entreprises sidérurgiques qui en consomment).
Dans les Landes, c’est différent, la majorité des forêts ont été plantées au XIXème siècle sur des terrains non forestiers. Il s’agit d’une syslviculture intensive essentiellement tournée vers l’alimentation de papèterie. On a une succession de plantations, entretiens et prélèvement intermédiaire, puis coupe rase, et replantation. Ce sont malgré tout des terrains à vocation forestière (mais avec des forêts artificielles), et qui stockent une quantité importante de carbone.
La situation n’est pas idyllique, je sais bien que de nombreuses améliorations sont à apporter, mais je défends avant tout le modèle de gestion durable de forêts tropicales fournissant des produits et services multiples au service des populations locales et du monde entier. Ce modèle n’est pas encore généralisé, il doit l’être, et en même temps il doit être amélioré.
Voyez sur Google Earth : autour de 1°15’50.49″N / 21°15’13.64″E. Un des rares endroits en RDC où on peut détecter des traces visibles de l’exploitation: on voit les routes et on constate que par ailleurs la forêt reste bien présente, et semblable (vu du satellite) à la forêt plus à l’est qui n’a pas été exploitée. Encore une fois, c’est l’un des seuls endroits dans le pays on peut “voir” des traces de l’exploitation forestière par satellite. Ailleurs, il est parfois impossible de distinguer les forêts dans lesquelles du bois a été prélevé.
En opposition, voir autour de 0°55’55.92″S / 23°54’48.34″E, par exemple, mais c’est visible à pleins d’autres endroits, les effets de l’avancement des défrichements agricoles, dans une forêt où il n’y a aucune exploitation formelle de bois d’oeuvre, et probablement peu d’informel aussi (pas d’infrastructure d’évacuation des bois).
Informations complémentaires sur les causes de la déforestation, voir : http://osfac.net/workshop/documents/Day1/Defourny2_FAO_UN_REDD_RDC_UCL.pdf, intéressant même sir les conclusions auraient méritées d’être plus clairement énoncées.
Intéressant aussi : http://osfac.net/workshop/documents/Day1/Nasi_Carbon_stock_CIFOR.pdf.
Voir notamment diapo 12, une exploitation sélective bien conduite n’a qu’un impact très limité sur le stock de carbone. De plus, la forêt est découpée en parcellaire, chaque parcelle est exploitée tous les 25 ou 30 ans, ce qui laisse le temps au stock de carbone de se reconstituer. Ainsi, l’impact global sur l’ensemble du massif géré durablement est encore plus limité. Rien à voir avec l’impact d’une agriculture itinérante ou de l’implantation d’une palmeraie.
Alix24fr, la progression de la certification FSC a été très très rapide ces 5 dernières années, on doit approcher les 5 millions d’ha en Afrique Centrale (je n’ai plus le chiffre exact en tête), bien plus qu’en Amazonie. Les progrès énormes sont encourageants, il faut pousser pour poursuivre dans cette voie. La nouvelle politique européenne va contribuer à la généralisation de la dynamique engagée. A titre de comparaison, les aires protégées sont encore loin d’avoir atteint la même qualité de gestion que les concessions forestières, malheureusement.
C’est vraiment nul ce que font ses bucherons.
Et quel imbecile ce ministre de l’ecologie congolais.
Beaucoup de vives réactions sur ce sujet! Ponctuées malheureusement par des “blagues” de mauvais goût (dixit georges et superpuceron, bon après je suis peut etre passé a côté d’une petite pointe d’ironie…).
Pour ma part, je pense qu’on ne se rend pas bien compte de ce qu’est le réel point a surveillé dans cette histoire.
D’accord les populations congolaises ont besoin de vivre, ou plutôt de survivre. Et l’exploitation de ces forêts primaires est l’une des seules solutions qu’ils ont (quand c’est une exploitation, comme j’ai pu le lire au dessus, traditionnelle) pour pouvoir engranger de l’argent.
Maintenant, que savons nous de la destination réelle de ce profit?
Je suppose que, comme dans le cas de Bornéo et des autres territoires Indonésiens, ce sont les multinationales qui se permettent de mettre la main sur des territoires qui ne leur appartiennent pas et qui pourraient profiter aux populations locales (et ne me dites pas que ces meme multinationales qui emploi des congolais est l’un des moteurs de l’économie du pays)
Maintenant la réelle dynamique qui doit voit le jour avec cette problématique, c’est la conservation scrupuleuse de la biodiversité de la forêt primaire de la RDC. Je pense que vous savez tous que cet équilibre, que nous nous efforçons de dérégler(généralement pour faire du profit (qu’est ce que je hais ce mot)), est la clé de voûte du cycle du vivant, de l’eau, de l’atmosphère.
La division des parcs forestiers en zones d’exploitations éparses favorise la désertification des terres a long termes. Cette désertification va avoir un impact sur le climat dans la région du Congo, avec un manque d’évapotranspiration, indispensable à la circulation atmosphérique et la création des dépressions au dessus de l’Afrique Equatoriale qui apportent l’eau nécessaire au développement des écosystèmes végétaux.
L’absence de couvert forestier entraine une instabilité des sols et un ruissellement accru lors d’épisode pluvieux…Bonjour les coulées de boues et les morts a la pelles!
En gros, si l’exploitation de la Foret Congolaise continu de façon anarchique, c’est tout le climat de la région qui changera de visage.
Ensuite, et ça ce n’est que si vous y êtes sensibles, la biodiversité a l’intérieur de ces forets est un bijou de savoir et de beauté. On ne connait même pas la moitié des espèces animales et végétales de ces forêts, et il faudrait fermer les yeux et continuer a abattre toujours plus d’Hectares.
Les connaissances qui peuvent nous être apportées par ces espèces encore inconnu pourraient nous permettre de mieux comprendre les rouages des interactions entre espèces dans le cadre des forêts primaires pour mieux les protéger.
Pour finir, j’aimerai souligner que je ne blâme pas l’exploitation forestière traditionnelle au Congo, tant qu’elle est raisonnée et raisonnable. Mais arrêtons de croire que ces espaces forestiers ne sont là que pour que l’on “tape” dedans et pour justifier l’économie d’un pays ou de multinationales.
Il faut savoir remettre l’homme a la place qui lui ai due!
Petit point que j’ai oublié de noter!
Bob, tu comparais un peu plus haut le volume d’exploitation en France et celui en RDC, mais sais tu que la majeur partie des forets françaises sont sous le couvert de l’ONF et qu’elle sont ,pour la plupart, artificielles? Par artificielle j’entends organisées et entretenues par l’homme. Ce n’est pas le cas de la foret du Congo.
Cette différence souligne juste que tu ne trouvera jamais la même biodiversité dans une foret boréale que dans une foret équatoriale et que les volumes de bois prélevés sont contrôlés en France pour que des sessions de réhabilitation des territoires forestiers (replantation etc) soit fait. Cette politique est aux abonnées absentes en RDC.
Géo, je vous rejoins sur la distinction forêt naturelle / forêt artificielle. Mais on ne peut pas replanter des forêts qui ne sont pas déboisées et qui restent à l’état de forêt. La gestion se base sur la régénération naturelle, que l’on doit chercher à favoriser et à à dynamiser. C’est en fait un concept de “sylviculture proche de la nature”, en “peuplement irrégulier” ou “futaie jardinée” qui se développe beaucoup en France, un ouvrage a récemment été publié sur le sujet.
Toutes les catastrophes que vous mentionnez ne se produisent pas dans le massif forestier du bassin du Congo. La forêt gabonaise est exploitée depuis des décennies (voir même un siècle pour les zones côtières) avec des productions 4 ou 5 fois supérieures à celles de la RDC pour une superficie nettement inférieure. Aucun impact de cette exploitation sur la biodiversité ne peut être démontré, au contraire, le Gabon reste surement la zone de forêt tropicale la plus riche en biodiversité du bassin congolais.
Il n’y a aucun phénomène de désertification, au contraire également, on est toujours dans une dynamique de recolonisation naturelle d’espaces non forestiers, malheureusement inférieure à la destruction d’autres espaces par l’agriculture vivrière. Pas plus de coulée de boue ou de morts. Pas non plus de propagation du virus Ebola en raison de l’exploitation, comme j’ai aussi pu le lire (affirmation implicite, mais claire quand même) sur ce blog.
Merci de ne pas fantasmer inutilement, aucune de ces catastrophes que vous annoncez dans le but de faire peur au grand public ne se produit dans le Bassin du Congo. Ni ne menace de se produire suite à la valorisation des bois d’oeuvre de ces forêts. Ou alors donnez moi des exemples précis et montrez moi où cela se produit dans le Bassin du Congo.
Et vous continuez à défendre une idée totalement fausse, non, l’exploitation forestière industrielle et formelle en Afrique Centrale ne menace pas ses forêts de disparition, je l’ai déjà expliqué.
Bref, on peut combiner valorisation durable des ressources forestières et préservation des forêts, de leur biodiversité, des leurs fonctions sociales et environnementales.
Comme je l’ai déjà expliqué, je suis tout aussi sensible que vous, peut-être plus même, à la beauté de ces forêts.
Si, je vous le redis, l’activité forestière dans ces zones rurales reculées est un facteur de développement. Par l’emploi, l’apport d’argent dans ces zones, les infrastructures et services de transport, les diverses taxes (à mieux répartir, je le sais), des contributions directes, etc…
le message que je donne est simple. en detruisant ses hectares de forets, pour une simple boulimie pecuniere non pour un pseudo developpement,nos dirrigeants font notre harakiri et celui des generations futures. je demande plutot aux hommes politiques africains de developper le sens du beau et du bien aujourd,hui pour que nos villes soient propres:le developpememt ne passe pas par la destruction,surtout quand on a pas l’amour de la nature et du bien etre.N.B. sans forets ,pas d’echo systems ,pas de vie et mort subite. merci et tres bientot .
franck ecolo, je suis bien d’accord avec vous sur l’importance des risques liés à la déforestation, mais encore une fois, il ne faut pas se tromper de cible. Les 25 millions d’ha dont traitent ce sujet ne sont pas menacés de disparition par l’exploitation forestière.
c vraiment porte koi detruire la planete juste pour avoir des sous lol a koi bon sa na occue valeure l’argnet sinon un moyen d’echange sa tourne pas rond ds vos tete
yep sa crain d’en ariver la on a la chance d’etre sur une des rare planete ki peu acceuillir la vie et tte c merveille mais on en prend pas conscience dommage
je partage beaucoup d’idées de ce qui vient d’être dit sauf celle des 2 destructeurs à la grosse tronçonneuse qu’elle soit HVA ou Stihl. Je ne suis qu’un tout petit forestier européen essayant d’adhérer au mieux à la gestion forestière durable. J’utilise d’ailleurs dans mon organisme de formation au métier de bûcheron des stihl et des husqvarna. J’utilise donc ces machines de récolte des bois. Mais 99% du temps je travaille dans des forêts européennes durablement gérées. En ce qui concerne le Congo et les forêts primaires tropicales, je trouve que c’est le même scénario qui se reproduit à l’infini:
Comme disait un marchand de bois français, dont je tairais le nom bien entendu,
“il faut se payer sur la bête!!!!” Autrement dit cette pensée horrible prévaut pour toutes les exploitations forestières: le bûcheron les débardeurs et les transporteurs donc, les mobilisateurs de la récolte sont les laissés pour compte et effectivement ne ramasse que les petites miettes que les riches industriels veulent bien leur laisser! Congo comme France et c’est cela qui est injuste.
Mon commentaire sera bien mince face à cette interminable et oiseuse dissertation de ce monsieur Bob!
Les “forestiers” en question sont des sociétés occidentales qui n’ont que leur profit comme idéal et n’ont que faire des populations locales exploitées scandaleusement. Quant à la bio-diversité, ils n’en ont strictement rien à faire.
Alauda, il s’agit là d’affirmations gratuites qui mériteraient un plus ample argumentaire.
Pour ma part, je suis presque prêt à me laisser ensorceler par la description idillyque de Bob. Une vision où le territoire est partagé d’une part en concessions allouées aux exploitants, toutes gérées idéalement, et où développement économique et respect de l’environnement cohabitent harmonieusement, et des parcelles laissées en patûre aux autochtones, qui les défrichent sans vergogne pour y réaliser des cultures.
On en viendrait à souhaiter que tout le territoire soit concédé aux exploitants pour le préserver des autochtones !
Non, tout ça me semble un peu trop beau mais après tout pas forcément complètement inimaginable.
Quant au fait que des multinationales gèrent cette activité ne me rebute pas plus que ça, à partir du moment où les autochtones sont intégrés à tous les échelons de l’entreprise, et où la durabilité de l’activité est garantie.
L’idéal serait qu’un système garantisse également le reversement d’une partie significative des revenus aux pays concernés via un système de royalties par exemple, comme dans l’industrie pétrolière (il n’est pas dit que l’argent redescendrait jusqu’au peuple mais c’est un autre problème).
Bob, encore quelques questions :
- Vous défendez l’activité des sociétés d’exploitation forestière en justifiant entre autres qu’elle permet le développement économique de ces régions. Ne craignez vous pas que ce développement n’entraîne à son tour beaucoup de déforestation (développement du réseau routier, étalement urbain,…).
- L’essentiel de la déforestation provient donc de la conversion de terres pour développer des cultures. Que devient le bois issu de cette déforestation (y compris les essences rares) ? Est-il interdit aux exploitants de les récupérer ?
Merci et bonne soirée.
Alix24fr, votre première question est très pertinente, le développement lui-même peut avoir des effets colatéraux. Si les agriculteurs peuvent évacuer plus facilement leur production par des routes, ou en les chargeant sur les barges des forestiers, ils peuvent augmenter leur production et du coup aussi défricher plus. Mais d’un autre côté, le développement amène aussi en général une baisse de l’accroissement démographique car les gens, et notamment les femmes, sont mieux éduqués et mieux informés. Il faut être vigilant et prévoir des mesures d’accompagnement, notamment d’intensification de l’agriculture, dont on peut espérer que la mise en oeuvre sera facilitée elle aussi grâce au développement.
Les exploitants n’ont le droit de récupérer les bois abattus sur les défrichements que s’il est dans leur concession et dans la partie qu’ils doivent exploiter à un moment donné. Généralement, ils ne le font pas, car ces bois sont brulés, car ils ne sont pas spécialement localisés sur les zones de coupe, et pas faciles à mobiliser (au milieu d’un abbattis avec des bois dans tous les sens). Ces bois sont plutôt valorisés par le secteur informel. On voir ainsi sur certains ports de Kinshasa des arbres coupés à la hache, et brulés, qui proviennent clairement des défrichements agricoles.
Les forestiers reversent déjà des taxes, à la fois des taxes forestières, des impots sur les sociétés, divers autres impots, des droits de douane, des charges salariales. Qui sont en effet mal redistribués, même si la constitution prévoit que 40% doit revenir aux Provinces, ce n’est pas effectif pour le moment.
Toutes les sociétés doivent signer avant fin juillet avec les communautés locales un accord prévoyant qu’elles financent un fonds de développement local, à hauteur de 2 à 5 dollars par m3 produits. Les premiers accords ont été signés maintenant. Cela formalise et rend obligatoire une contribution directe (et qui ne sera pas détournée de sa cible) des entreprises au développement de leurs régions.
bonjour Bob,
il y avait longtemps que je n’avais eu le plaisir de vous lire et je suis,comme tous les autres,ébahie devant votre érudition ……..mais je ne comprends pas que vous soyez un amoureux des forets primaires…ou alors j’ai zappé un épisode!
Pourquoi cette hargne à défendre les forestiers et leurs manieres brutales?
Comment pouvez-vous accepter qu’on détruise tous les arbres autour d’une espèce “valorissable” (2-3m3/Ha) ?
Croyez-vous vraiment que ce bois sert à faire du contre plaqué pous les maisons des congolais?
Pensez-vous reellement que les populations autochtones ont les moyens de se payer ce bois?
Vous allez me dire que je suis une vieille rabacheuse mais si ,nous, les occidentaux arrétions de piller les matières premières et les reserves de ces pays pour notre petit confort quotidien,ne croyez-vous pas que les congolais sauraient parfaitement gérer,en fonction de leurs besoins,leurs richesses naturelles sans etre soumis à la corruption que nous entretenons partout où nous les OCCIDENTAUX nous posons un orteil?
Je crois vous l’avoir déjà écrit nous sommes incorrigibles et incapables de renoncer à notre bon vieil atavisme colonialiste que nous maquillons sous d’autres termes plus élégants.
Enfin ,pourquoi dénigrez-vous tant GP et ses actions puisque vous utilisez ses colonnes pour vous exprimer? c’est pas tres fair-play,non?
j’espère que tout ce que vous écrivez vous ne le mette pas sur des feuille parce que après faut pas s’étonner si il y a plus de foret
t’as raison mon petit!
Mamemichette, tout le plaisir est pour moi, vous me manquiez et j’ai l’impression que mon interlocuteur privilégié, Faust, a déserté cette page.
Oui, je suis amoureux des forêts tropicales humides, je vous le confirme. Je pense que leur donner de la valeur en donnant de la valeur à leurs ressources est une opportunité pour les préserver, on préservera d’autant plus facilement un territoire forestier qu’il a plus de valeur, pour éviter sa conversion vers un autre usage. Et gérer une forêt tropicale en y prélevant durablement du bois, c’est possible, on sait le faire. Le forestier aussi aura intérêt à défendre la préservation de la forêt, qui lui assure des ressources durables.
J’évite de parler de forêt primaire, car franchement je ne sais pas où sont les forêts primaires dans le bassin du Congo, les archéologues qui font des fouilles trouvent presque partout de charbons, des poteries, des scories (traces de métalurgie). Une très grande partie des forêts ont été perturbées par des activités humaines, notamment agricoles, dans le passé, d’autres sont issues de la recolonisation plus ou moins récente de savanes et sont encore en évolution vers un stade “climacique” (en équilibre avec les conditions actuelles de milieu et notamment de climat). Bref, il apparait de plus en plus que beaucoup de forêts du Bassin du Congo ne sont pas des forêts primaires.
Aucune hargne de ma part, je défends avant tout le modèle de gestion forestière durable, je ne dis pas que tout est parfait actuellement, bien loin de là . Mais ces imperfections ne justifient pas de mettre tous les opérateurs forestiers dehors, on n’a pas de solution meilleure à proposer en alternative.
Oui, le contreplaqué produit en RDC alimente majoritairement le marché local. Ce n’est pas que je le crois, c’est une réalité. Par contre, les sciages et autres productions du secteur industriel sont plus largement exportés. En revanche, les productions du secteur artisanal (le plus souvent illégal et sans garantie de gestion durable) sont largement destinées au marché local, qu’elles ne suffisent pas à satisfaire. Les maisons ne sont pas en bois en RDC, aussi bien dans les villes que dans les villages, mais il serait souhaitable qu’elles le soient plus, car pour le moment, le pays importe du ciment, ce qui me semble être un comble pour un pays qui dispose d’un matériau renouvelable en abondance. Mais tous les coffrages sont en bois, beaucoup de meubles aussi. Dans les villages, les maisons sont majoritairement en terre (argiles séchées sur une armature en piquets de bois) ou en briques cuites ou non, ce qui n’est pas très bon au niveau confort et sanitaire.
Le secteur industriel n’est pas concurrentiel sur le marché local pour les sciages car les opérateurs ont plus de charge que ceux du secteur artisanal: impots, salaires conformes à la règlementation. Ils ne peuvent donc y vendre que certains produits: sciages de seonde qualité et contreplaqués en particulier. Ma vision du secteur forestier de RDC est qu’il est bon de maintenir une exportation de produits de qualité pour apporter des devises et des emplois. Il s’agit là d’une richesse que la RDC a tout intérêt à valoriser sur le marché international. Malheureusement, les opérateurs locaux ne savent pas le faire pour le moment et ceux qui sont attributaires de concessions se tournent presque systématiquement vers des partenaires étrangers, il est important de les appuyer pour faire émerger des entreprises locales.
Je ne comprends pas vos arguments sur le pillage des réserves par les étrangers. Il n’y a donc pas de pillage, et il n’y a pas de raison d’interdire aux entreprises étrangères à un pays de venir y travailler, c’est vrai en France, c’est vrai en RDC, c’est vrai partout. Comme déjà expliqué, l’histoire nous a montré que l’explusion brutale des entrepreneurs étrangers avait des conséquences catastrophiques. Ce n’est plus de la colonisation, les entreprises travaillent dans un pays étrangers en en acceptant la règlementation.
On ne détruit pas tous les arbres, allez donc jeter un coup d’oeil sur google earth aux coordonnées que j’ai donné plus haut (Mardi 1 mars 2011 à 19:57), pour observer une forêt exploitée et toujours bien présente. Il serait souhaitable d’augmenter les prélèvements, on peut prélever bien plus encore tout en préservant la forêt et ses foncions. L’obstacle pour pouvoir le faire, ce sont les marchés, le coût de revient des autres essences, actuellement non valorisées, est supérieur au prix de vente.
Si Greenpeace n’acceptait pas la contrdiction, elle n’ouvrirait pas son site aux commentaires, je remercie Greenpeace pour cette ouverture.
Vous aurez compris en effet que je critique vivement Greenpeace, si vous suivez l’historique de mes interventions, nous verrez que je n’ai pas du tout apprécié les accusations graves directes ou indirectes de Greenpeace envers un ami qui fait un travail extraordinaire au sein d’une société forestière. Je n’étais jamais intervenu sur ce site avant cela.
Ensuite, je pense qu’un débat qui n’est pas spécifiquement lié à la forêt vient prendre beaucoup de place sur ce blog. Celui sur le capitalisme et les profits jugés excessifs des entreprises privés. Cette critique ne concerne pas sépcialement et pas prioritairement les entreprises forestières, surtout celles de RDC, qui ne font pas des profits colossaux (loin de là ), sans commune mesure avec ceux des banques, des entreprises de l’informatique et des médias, des pétroliers, des miniers, en entreprises de BTP, de transport, etc… Je ne vois pas de raison d’attaquer spécialement les forestiers sur ce thème, il faudrait alors en toute logique réclamer la supprisession de toute entreprise privée.
“Moi”, ou “vous”? (comment vous apeller), je vous rassure, je n’imprime rien. La consommation de papier ne provoque pas nécessairement la déforestation mais ce serait un autre débat… Et cela n’empêche pas, que pour d’autres raisons, il nous faut limiter notre consommation de papier.
Ah voilà un forum qui commence à toucher du doigt quelques vérités, avec un Bob, fin connaisseur du sujet et Jean-Robert qui étale les évidences…
Nous apprécions les esprits bienveillants, y compris ONG, donneurs de leçons, issue de sociétés occidentales, arrivées à un certain niveau de vie en ayant pollué la planète pendant plus d’un siècle venir expliquer quelle est la meilleure forme de développement pour le bassin du Congo….
1/Le néo-colonialisme n’est pas là où l’on croit….
-Venir expliquer que les lois forestières d’états souverains ne sont pas bonnes et qu’il faut les modifier selon les concepts occidentaux, n’est-ce pas du néo-colonialisme?
-Imposer dans des accords entre états et Union Européenne, des contrôles dans les pays exportateurs (accords Flegt), sous-entendant que le travail des administrations en place ne serait pas acceptable, n’est-ce pas du néo-colonialisme? De quel droit le travail des fonctionnaires intègres et consciencieux serait bafoué? (Eh oui cela existe comme la corruption en Europe et aux Us)
-Venir faire miroiter des milliards de dollars (REDD+), en imposant des modes de pensée et de vie, n’est-ce pas du néo-colonialisme?
2/ Le bassin du Congo doit se développer.
-qui apporte chaque jour travail, nourriture, les entreprises qui ont le courage d’être sur place. De moins en moins d’occidentaux, mais de plus en plus d’entreprises chinoises, indiennes, brésiliennes…(où sont les biens-pensants européens…)
-Les ONG doivent arreter de regarder le Bassin en ayant dans les yeux les dollars de leurs donateurs Us et Européens.
-Que souhaitent les populations du bassin et comment voient-elles leur avenir? Infrastructures, routes, écoles, hôpitaux? Comment les Ong peuvent-elles aider pour demain mardi 22 septembre et pas dans 10 ans?
-Comment peut-on mépriser le travail fait en forêt par les entreprises FSC, alors qu’il suffit de se promener dans les banlieues des grandes villes pour se rendre compte de l’écart qui existe déja…(prenons simplement le cas du tri sélectif… en place en forêt FSC)
-Que pour un fois GP, qui a été moteur sur le Fsc, vienne valoriser ces premières grandes idées sur le terrain et pas seulement Kinshasa…
Pour Makaya qui soutien GP
Makaya, je partage pleinement vos points de vue. Greenpeace défend les positions de certains occidentaux, mal informés, et tente de s’ingérer dans les affaires des Etats africains. Sans consulter leurs dirigeants, et sans quasiment aucun soutien fort de la population africaine. On en a un autre exemple avec les “Intact Forest Landscape” dont Greenpeace veut imposer la conservation sans même s’être concerté avec les africains.
Autre exemple: les Accords de Partenariat Volontaire signés notamment par des pays africains dans le cadre de la politique européenne de contrôle de la légalité des importations de bois. Selon moi, c’est une bonne chose, mais il faut bien noter que le Brésil n’a pas accepté et n’acceptera jamais de signer un tel accord qu’il considère comme une ingérence dans ses affaires intérieures. Et pourtant, l’illégalité, malgré des progrès notoires récents, est bien plus problématique au Brésil que dans le Bassin du Congo.
le pillage des forêts cela se passe aussi chez nous, avec le grenelle de l’environnement qui nous dit qu’il faut produite plus tout en protégeant plus, quelle aberration (merci à la fne signataire du grenelle!) je travaille à l’onf et je sais de quoi je parle, et la forêt privée qui représente 75 % de la surface forestière ! il y a 2000 ans l’Europe était totalement recouverte de forêts, que reste t il de nos forêts sauvages peuplées de bisons, d’aurochs, de lynx, de loupe et d’ours?
rejoignez le collectif “sos forêt” soutenu par le wwf, cgt etc
Je connais mal ce dossier France, mais dans certaines conditions, produire tout en préservant les fonctions de la forêt peut être envisageable, non? La disparition des espèces que vous mentionnez ne me semble pas liée avec la production forestière. Est-ce qu’actuellement beaucoup d’espèces forestières sont menacées en France par la “production”?
Nos forêts françaises n’ont plus grand chose de naturel, mais elles assurent malgré tout des fonctions environnementales essentielles. Leur donner une valeur économique forte, c’est aussi une solution pour financer leur préservation?
merci Bob pour vos connaissances industrielles précises,
certes le rythme de déforestation est sans doute sur-estimé par GP, certes certains habitants bénéficient à la marge de la déforestation, certes les entreprises chinoises exploitent la forêt de façon encore plus irresponsable certes vous n’êtes pas un gros méchant, vos arguments sont sensés,
mais mais mais prenons du recul,
et regardons ce qu’il s’est passé ailleurs, là où a déjà eu lieu la déforestation:
1) Haïti: forêts disparues, le sol est maintenant érodé, devenu incultivable, le désert s’installe, seule solution pour les agriculteurs devenus miséreux, c’est de venir grossir les bidonvilles
2) Amazonie: après avoir déforesté presque le tiers de sa surface initiale (pour soit-disant favoriser le sort des habitants), la population était toujours aussi pauvre, quel intérêt de persévérer dans un solution qui ne fonctionne pas?
3) Au Maroc et au Liban, il y avait des forêts il y a 50 ans encore, les habitants pouvaient couper du bois gratuitement pour se chauffer en hiver, le couvert forestier favorisait l’humidité, les plantes, la faune, les habitants pouvaient cueuillir, chasser… Maintenant qu’un désert aride a remplacé la forêt, les habitants qui auraient pourtant besoin de ressources naturelles et gratuites sont devenus encore plus misérables qu’avant.
Voilà quelques considérations sociales sur les conséquences de la déforestation,
inéluctable et grandement favorisée par les routes construites par les entreprises pour pénétrer la forêt et prélever les arbres commercialement valables.
Bon il se fait tard, donc pas le temps de développer sur les conséquences écologiques de la déforestation des forêts primaires…, ni sur les solutions locales qui marchent pour faire reculer la pauvreté sans forcément tout détruire… ce n’est que partie remise, à bientôt…
Je n’ai pas de connaissance industrielle, les connaissances que j’ai développées sur ce blog sont des connaissances purement forestières, sociales et environnementales. Je suis bien d’accord avec votre préoccupation quant à la déforestation. Mais vous vous appuyez implicitement sur une hypothèse de départ qui est fausse, à savoir que nécessairement, le prélèvement de bois d’œuvre en forêt dense humide provoque de la déforestation significative (c’est-à -dire non limitée à l’ouverture des routes, parcs et bases-vie). Ce qui est faux. Dans une réflexion, quelle qu’elle soit, un point fondamental est la véracité des hypothèses de base. Sinon, on aboutit inévitablement à un dialogue de sourds. Donc, Ok sur les conséquences de la déforestation, mais pas sur les causes.
Les solutions locales, je suis pour, mais pas des solutions théoriques, il faut des solutions concrètes qui ont fait leur preuve dans le contexte de la RDC.